Les derniers des branleurs : nouveau roman le 10 juin

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18 mai 2020 par Vincent Mondiot

   Après deux mois de « sortira ? Sortira pas ? Sortira modifié ? Que faire de ce monde post-COVID et des restes d’âme qui moisissent encore en nous ? », finalement, l’aiguille s’est arrêtée sur : j’ai un nouveau roman qui sort le 10 juin prochain. Ce sera chez Actes Sud Junior, comme d’habitude, et ça s’appellera Les derniers des branleurs.

   C’est marrant parce qu’au départ, quand il n’y avait encore ni pandémie ni crise économique, je m’étais préparé à « créer la polémique », comme on dit. Parce qu’il s’agit d’un roman pour ados, mais qu’il y a dedans plus de cent vingt fois le mot « putain ». Parce qu’il parle beaucoup de drogue, sans être spécialement contre. Parce qu’il y a beaucoup d’alcool, aussi. Et de masturbation. Et de discussions sur la couleur du sperme des Schtroumpfs. Et que des vrais noms de vraies pornstars sont donnés. Et qu’il s’ouvre sur une citation de Booba. Et qu’il dit que tricher au bac, c’est plutôt bon plan.
Ouais, sérieusement, je m’attendais, un peu excité, à faire le buzz, à ce qu’on m’accuse de vouloir tirer la jeunesse de ce pays vers le plus gras satanisme et à pouvoir publier un « droit de réponse » dans le Monde des Livres ou quoi.

   Mais finalement, bah, en fait, tout le monde va avoir d’autres chats à fouetter que s’occuper de mon roman.
A la base, l’un des pans principaux de mon « projet artistique », si je puis dire, c’était d’écrire un roman qui se passerait quasiment en temps réel pour ses lecteurs. Ca parle beaucoup de 2020 telle qu’elle aurait dû se passer, c’est blindé dans tous les sens de références super actuelles, et ça raconte l’histoire de Minh Tuan, Chloé, Gaspard et Tina, quatre adolescents complètement à l’ouest qui décident de tricher au bac.
Sauf que, bah, le bac, il a été annulé. Comme, en fait, un bon tiers de l’année scolaire des lycéens.
Donc, ce projet de faire un roman ultra inscrit dans le réel, il s’est effondré et a laissé place à un roman qui semble presque être une utopie, désormais. Une version alternative de ce qu’aurait dû être cette fin d’année scolaire.

   En tant qu’auteur, je ne sais pas trop ce que j’en pense. Je sais juste que le livre que je voulais sortir, il est mort, il ne pourra jamais plus sortir. J’aurais probablement pu me lancer dans un énorme chantier de réécriture, mais, d’une, ça aurait voulu dire, en réalité, écrire un roman totalement différent de celui que j’avais voulu écrire au départ et, de deux, ajouter mon nom à la liste de tous les mangeurs de merde qui vont vous servir des « romans de confinement » dans les prochains mois.
Donc non, le roman est resté tel qu’il était, tel qu’il aurait dû sortir (début mai, au départ). On a juste ajouté un micro-mention sur la page de garde, vous verrez. Mais pour le reste, effectivement, le projet artistique initial est mort et a laissé la place à un autre projet.
Je ne sais pas encore lequel, cela dit. Ca, ce sera à ses futurs lecteurs d’en décider.

   Et, de manière générale, je crois que c’est ça que j’ai envie de dire, de vous dire, et de me dire, à moi-même. Une fois qu’un roman est publié, il n’appartient plus à son auteur, mais à ses lecteurs. Peu importe quelles étaient mes intentions, mes sous-textes, que sais-je. Ce qui comptera, ce sera ce que les lecteurs des Derniers des branleurs en penseront.
D’ailleurs, c’est marrant : il y a eu quelques premiers retours sur le roman, de la part de libraires qui l’avaient eu avant le confinement. Ils sont tous très positifs, mais à ma grande surprise, ils parlent plutôt d’un roman sur les tourments de l’adolescence, sur la peur de l’avenir et sur la difficulté à trouver sa place dans le monde. Alors que, réellement, dans ma tête, ce roman, c’est une grosse comédie un peu sale qui a la morve au nez, la gueule de bois, et qui sent le lendemain de soirée.
Mais, encore une fois, ce n’est pas à moi de décider de comment mes romans seront reçus. Tout ce que je peux faire, donc tout ce que je dois faire, c’est les écrire du mieux possible.

   Et finalement, peu importe mon projet initial avec #LDDB, peu importent toutes les difficultés de coulisses qu’il a traversées depuis trois mois. Il s’agit, surtout, avant tout, uniquement, d’un roman que j’ai écrit avec passion et sincérité, que j’aime, et qu’il vous appartiendra d’aimer aussi ou non.

   Ce roman sortira le 10 juin. Il aura probablement du mal à se faire une place dans la cohue éditoriale qui s’annonce. Mais je ne m’en fais pas pour lui : c’est un survivant. Et puis, surtout… Le 10 juin, il ne sera plus à moi. Il sera à vous.
Prenez-en soin ou non, peu m’importera. Et peu lui importera, également. Vous verrez, il n’a pas peur d’être maltraité, celui-là. Il a résisté à une pandémie, il résistera au désintérêt ou à la haine.

   Voilà, je ne sais plus ce que je dis.

Les derniers des branleurs.
Actes Sud Junior.
Couverture : Charles Berberian.
Page Babelio.
Page Amazon.
10 juin 2020.

   Merci à tous, encore et toujours. J’espère qu’il vous plaira. Il a été écrit avec amour.

7 réflexions sur “Les derniers des branleurs : nouveau roman le 10 juin

  1. OmbreBones dit :

    Ça n’empêchera pas les profs de français de le mettre au programme de leurs cours pour l’année à venir 😏 j’ai hâte de le lire pour ma part, je lui souhaite une très belle vie même si ce n’est pas celle que tu avais imaginé pour lui.

    • Vincent dit :

      Merci beaucoup !
      Par contre, je déconseille aux profs de le mettre au programme de quoi que ce soit s’ils ne veulent pas de soucis avec les parents d’élèves ! Il est vraiment très vulgaire, celui-ci…

      • OmbreBones dit :

        Moi je trouverais plutôt intéressant d’étudier un roman crédible et qui ressemble aux étudiants, ce serait un bon moyen de les intéresser justement ! À juger après lecture 🙂

  2. kPt3r dit :

    Dommage, pas de version numérique prévue à la sortie 😦

    • Vincent dit :

      Elle n’est effectivement pas en précommande, mais je pense qu’elle devrait arriver très vite !
      Après, c’est vrai qu’en jeunesse, c’est loin d’être le big deal… Sur mon précédent, je crois qu’on en avait vendu huit, en numérique 😀

      • kPt3r dit :

        Ah ah, je fais donc partie des huit (si tu parles de Rattrapages et/ou Nightwork) !
        Mais tu as mille fois raison, liseuse + jeunesse, c’est pas la panacée.

    • Vincent dit :

      Ca y est, la version numérique est dispo 🙂

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