The Ataris : « Twelve new songs from « The Graveyard of the Atlantic » sessions »

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24 août 2022 par Vincent Mondiot

Je l’ai déjà dit plein de fois ici, mais The Ataris, c’est mon groupe favori.
Ceci est principalement dû à leurs derniers albums en date, so long, Astoria et Welcome The Night (celui-ci étant d’ailleurs plus ou moins à l’origine du nom de ce blog), que je tiens pour être, encore aujourd’hui, des chefs-d’oeuvre absolus de song-writing et de punk mélodique.
Sérieux, durant mes premières années post-lycée, ces disques ont été pour moi des amis précieux, importants et marquants. Pas la peine que je réexplique encore pourquoi, j’ai déjà beaucoup trop fait ça dans mes articles.

Le problème, c’est que Welcome The Night, le vrai dernier album des Ataris à l’heure actuelle, date de 2007.
Il est sorti il y a quinze ans.
QUINZE ANS.
Près de la moitié de ma vie.
C’est une dinguerie.
Et depuis tout ce temps, Kris Roe, chanteur, guitariste et compositeur de The Ataris (et, en réalité, seul véritable membre du groupe depuis déjà longtemps, puisqu’il ne s’entoure désormais plus que de mercenaires juste là pour assurer la scène durant les tournées), promet être en train de travailler sur le désormais légendaire The Graveyard of the Atlantic, supposé devenir un jour le sixième album officiel du groupe.

Sauf que, quinze ans pour un album, même Axl Rose ou Tool trouveraient ça long, et The Graveyard of the Atlantic, on ne sait plus trop si on doit encore vraiment l’attendre ; Kris n’arrête pas de sortir des bouts de l’album sous différentes formes, sans jamais oser réellement faire le grand saut. Ca annonce un 7 » par-ci, une compilation de démos par-là, des enregistrements live par-dessus tout ça… Sa page Bandcamp est devenue une accumulation incompréhensible de trucs et de machins faisant certes le bonheur d’archivistes obsessifs dans mon genre, mais paraissant absolument incompréhensible à la plupart des gens, j’imagine.
En attendant, The Graveyard of the Atlantic, le vrai, lui, il n’arrive pas, jamais.
Et le problème, c’est que contrairement aux suscités Tool ou Axl Rose, The Ataris n’a jamais réussi à devenir un groupe mythique attendu au tournant par des millions de gens, et qu’il a perdu depuis longtemps l’élan qu’avaient pu lui apporter ses quelques hits radios… Alors la vérité, c’est que mise à part une poignée de fans comme moi, The Graveyard of the Atlantic, aujourd’hui, absolument tout le monde s’en branle. Ce qui signifie que, probablement, Kris Roe ne trouvera jamais un label pour le sortir dans de bonnes conditions et lui donner l’impulsion finale nécessaire à ce qu’il s’y mette pour de vrai au lieu de vivoter de showcases comme il le fait depuis tout ce temps.
Ouais… A mon avis, il va falloir que j’accepte cette idée, à un moment : aujourd’hui et probablement à jamais, The Ataris, Kris Roe, ne seront plus que cette page Bandcamp foutraque sur laquelle, de temps en temps, apparaîtront des démos inédites réunies derrière une nouvelle photo random de paysage américain.

D’ailleurs, la dernière compilation en date, dont il est question ici, porte un titre incroyable, non ? Twelve new songs from « The Graveyard of the Atlantic » sessions… Douze nouvelles chansons… Pile assez pour faire un album, justement.
Alors pourquoi, pourquoi, Kris, ne pas simplement appeler ce disque « The Graveyard of the Atlantic » ? Pourquoi ne pas sortir cet album une bonne fois pour toutes au lieu de te réfugier derrière des subterfuges incompréhensibles qui n’intéressent plus personne ?
Bah ! Oublions. Kris Roe a ses raisons que la raison ignore.
Oublions, et contentons-nous de profiter de cette compilation qui refuse d’être un album.
Une compilation qui, cependant, est très cool. Voire très, très cool.

Offrant un beau panorama de ce qu’est le song-writing de Kris en 2022, Twelve new songs réunit tout ce que ce glorieux dingo a pu composer jusqu’ici en vue de The Graveyard of the Atlantic.
Il s’y trouve les déjà bien connus (pour les trois fans qu’il lui reste, j’entends) 12.15.10, All Souls’ Day et l’éponyme The Graveyard of the Atlantic, ainsi que l’auto-reprise de Fast Times at Dropout High. Pour compléter la playlist, on a également des démos enregistrées en analogique, dont les plus notables sont probablement I Fell In Love With an Opiate Sun, très Welcome The Night dans ses sonorités shoegaze, le titre d’ouverture This Is My Life Now, juste excellent, ou Abilene, qui aurait complètement pu être écrite par Lucero.

Les paroles de Kris sont désormais, et depuis déjà au moins so long, Astoria, empreinte d’une maturité qui les rend immanquablement touchantes et intemporelles. On est très loin des « j’aime trop cette fille mais elle sort avec un autre 😦 » des premiers disques, et on touche ici à des thèmes qui parviennent à être à la fois universels et individuels. Des couplets qui nous donnent l’impression d’avoir été écrits juste pour nous, d’être des souvenirs fictifs de moments qu’on n’aurait pas vécus mais qu’on se rappellerait tout de même. Ca parle de chambres d’hôtels, de paysages vus par les fenêtres de la voiture en hiver, de cigarettes fumées sur la terrasse d’une maison qui n’est pas la nôtre. De ce genre de choses qui composent « la vie », j’imagine.

Musicalement, Kris a atteint la fusion parfaite de ses différentes influences. Twelve new songs est au croisement exact de Jawbreaker, Lucero, Pearl Jam, The Descendents et Slowdive. Ce n’est plus tout à fait punk, ce n’est pas vraiment grunge non plus, ce n’est pas assez country pour en mériter le nom… C’est tout ça à la fois. C’est juste des chansons excellentes, capables de te réconforter quand t’es triste, de te faire sourire quand ça va, d’accompagner un voyage en train comme une méditation nocturne. C’est la bande-son de l’existence, comme l’a toujours été pour moi la musique de The Ataris.
C’est un foutu bon album, quoi. Même si ce n’en est pas un.

The Graveyard of the Atlantic ne sortira probablement jamais, soyons honnêtes… Mais ce Twelve new songs est ce qui s’en rapproche le plus. Et il défonce. Alors ne boudons pas notre plaisir, ne cherchons plus à motiver Kris à faire quelque chose qu’il ne semble pas vouloir faire, et contentons-nous d’écouter des bonnes chansons.

Tu peux choper ce disque (ainsi qu’un milliard de démos chelous) sur la page Bandcamp de The Ataris. Je te le conseille. L’été est certes presque fini, mais cette compilation s’accordera à n’importe quelle saison.

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Une réflexion sur “The Ataris : « Twelve new songs from « The Graveyard of the Atlantic » sessions »

  1. […] (faut dire que leur dernier album date quand même de 2009, c’est au coude-à-coude avec The Ataris, en termes de productivité), mais clairement, il fait partie de ma bande-son vitale depuis […]

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