« Spooksville », de Christopher Pike, partie 2 : mon avis sur la série, avec de vrais bouts de nostalgie, de regrets et d’amertume d’écrivain dedans (ça fait un long titre mais tant pis)

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2 décembre 2021 par Vincent Mondiot

Vous vous souvenez de mon article sur Spooksville, la série de romans jeunesse écrite par l’Américain Christopher Pike à la fin des années 90 ? Probablement pas, parce que je l’avais publié il y a plus d’un mois en promettant avec fermeté que la suite arriverait, je me cite, « très vite »… Bon, en même temps, un mois, c’est quoi ? Juste une déception de plus à mettre sur mon compte.
Toujours est-il que nous voici donc partis pour le deuxième volet de mon diptyque Spooksville.
Dans le premier, j’étais resté relativement objectif, mon but ayant surtout été d’offrir une base documentaire à ceux qui, à l’avenir, chercheraient des infos au sujet de ces romans sur l’internet francophone… Cette fois, je vais être beaucoup plus subjectif, et expliquer ce que la lecture de ces vingt-quatre tomes a réveillé chez le lecteur que je suis et, peut-être plus important, chez l’auteur que je suis.
Je préviens, c’est pas un article super corporate concernant le monde de l’édition.

Lecture de la première partie évidemment conseillée avant d’attaquer celle-ci.

Donc, oui, cet automne, j’ai lu les vingt-quatre volumes de Spooksville, en quelque chose comme un mois et demi. Ce qui, déjà, nous informe de quelque chose : ces romans se lisent très vite, en tout cas pour un lecteur adulte. Si le style n’a rien d’indigent, on est loin, globalement, d’une quelconque sophistication, et je doute que Spooksville rebute quelque lecteur motivé que ce soit, passé dix ans. On est, sans aucun doute possible, dans de la « littérature jeunesse », avec ce que ça induit de simplicité dans la forme et dans le fond. On reviendra là-dessus plus tard.
Maintenant, est-ce que j’ai quand même aimé ma lecture ?
Oui. Très clairement.
Comme je l’expliquais dans la première partie, tous les romans de la série ne se valent pas, loin s’en faut, et même les meilleurs s’abstiennent de prétendre au titre de chef-d’oeuvre. Cependant, l’ambiance générale, le charisme de certains personnages (Sally et Tic-Tac en tête) et, surtout, l’atmosphère globale de la ville donnant son titre à la saga, tout ça en fait une série jeunesse réellement recommandable.
A noter d’ailleurs que, bien que Spooksville ait désormais vingt-cinq ans, j’ai été agréablement surpris du fait que sur la représentation des personnages féminins, elle soit assez adroite. Si certains sujets sont complètement invisibilisés (aucun personnage décrit comme racisé en vingt-quatre tomes, par exemple), ceux qui sont abordés le sont d’une façon qui ne fait pas grincer des dents, même en 2021.
Ouais, franchement, si vous avez un enfant entre huit et douze ans qui aime lire, le fantastique et les persos cool, balancez-lui du Spooksville, y a de bonnes chances qu’il kiffe.

Aucun rapport, mais bien que les couvertures soient kitchissimes as fuck, je leur ai trouvé un vrai charme suranné. Limite j’aimerais en avoir une en poster. Jugez-moi si nécessaire.

Cela dit, je mets quand même une réserve à ce que je viens de déclarer, quitte à me contredire d’entrée de jeu : j’ignore, en réalité, ce que vaudrait Spooksville aux yeux d’un jeune lecteur de 2021.
Ma lecture à moi n’a en effet pas été neutre : j’ai abordé cette série avec une « curiosité professionnelle », l’analysant en temps réel tant en prévision de ces articles que par simple déformation d’écrivain. Et la personne qui m’avait conseillé la série, elle, l’avait découverte à l’époque de sa sortie, alors qu’elle avait probablement l’âge pour être une lectrice type de Spooksville. Sa nostalgie doit donc jouer à blinde dans le regard qu’elle pose dessus.
A noter d’ailleurs que j’ai finalement trouvé un autre article francophone parlant de ces livres, ici. Son autrice a visiblement abordé Spooksville, elle aussi, comme un reliquat de sa jeunesse. L’article est sympa, lisez-le !
Toujours est-il que, oui, depuis la publication initiale de la série, il s’est passé plein de trucs, en littérature jeunesse, et notamment l’apparition d’un certain sorcier à lunettes… Les cartes ont vachement été rebattues, et les jeunes adolescents d’aujourd’hui ont pris l’habitude de romans plus longs, plus ambitieux, avec des univers développés.
Oui, j’ignore sincèrement ce que Spooksville, avec ses épisodes d’à peine cent pages, ses mécaniques parfois répétitives ou sa narration somme toute assez simple pourrait provoquer chez un fan d’Harry Potter.
C’est dans le nom, après tout : romans jeunesse. Aujourd’hui comme hier, c’est aux jeunes de réellement juger la littérature jeunesse, pas aux adultes capables de la remettre dans son contexte éditorial. C’est un rappel qui ne me semble pas inutile, à l’heure où s’ouvre la nouvelle édition du Salon du livre jeunesse de Montreuil, durant lequel, comme chaque année, tous les acteurs du milieu vont essayer de se rassurer sur leur valeur en comparant la taille de leur stand ou leurs créneaux de dédicace (moi ça va, j’ai été mis le lundi à 12H30, horaire qu’on appelle probablement « l’heure des boss », sur une quelconque autre planète d’un quelconque autre système solaire).

Blague à part, je regrette de n’avoir pas connu Spooksville à la bonne époque. Je suis sûr que j’aurais aimé et qu’aujourd’hui, elle serait l’un des talismans de ma jeunesse perdue.
En ce moment, je suis vachement nostalgique. Je me suis mis à racheter, sur les sites d’occase, certains des livres que je lisais quand j’étais au collège. A essayer de retrouver des vieux jouets, comme un fameux dragon à deux têtes. Je ne suis pas totalement à l’aise avec ça, il y a toujours une dérive malsaine potentielle, à la nostalgie… Mais quand le futur fait peur, comme en ce moment, ça fait du bien de se replonger un peu dans le passé. On fait tous ça, non ?
Et tout comme, au fond, je sais bien que non, malgré mon amour inconditionnel, Buffy n’est pas la meilleure série de tous les temps et qu’un spectateur post-Netflix se ferait probablement un peu chier devant, je comprends parfaitement que quelqu’un qui aurait lu Spooksville au bon âge et à la bonne époque chérirait cette série comme serait incapable de le faire un lecteur d’aujourd’hui.
La phrase précédente était longue et complexe, mais je crois qu’elle tient debout, grammaticalement. A vérifier.

Quelques-uns des trésors que ma nostalgie m’a récemment fait racheter.
Avec un Ronny caché dans l’image pour les plus perspicaces.

Outre ces quelques réserves simplement dues à son âge, la série a quand même d’autres défauts. Le plus important : elle rate, au final, l’occasion d’être quelque chose d’autre qu’un bon produit.
Je m’explique.
Comme je le disais dans la partie précédente, Spooksville n’a en réalité que très peu à voir avec Chair de Poule, bien plus célèbre série à laquelle elle est souvent comparée. Outre le fait qu’il s’agit ici davantage de fantastique que d’horreur, on est en plus avec des personnages récurrents, une chronologie cohérente, un univers persistant d’un roman à l’autre… Plein de trucs qui, sur le papier, me hypaient pas mal.
Et pourtant, finalement, Christopher Pike n’exploite pas tant que ça cette dimension. Certes, on a plaisir à retrouver les mêmes personnages d’un livre à l’autre, à capter les clins d’oeil glissés ici et là en référence aux précédentes aventures des gamins, mais globalement, à part sur sa fin, la série vit un soft reboot à chaque volume : on nous réintroduit les héros au début de tous les livres, en évitant de les faire évoluer, et, malgré les évènements des romans antérieurs, la ville et ses personnages semblent repartir à zéro toutes les semaines.
Ce phénomène culmine dans le très mauvais dernier tome de la série, Le Cadeau empoisonné : à un détail près, il s’agit d’un épisode comme les autres, qui aurait pu sortir à n’importe quel moment de la série.
Et malheureusement, je suis totalement sûr, de par mon expérience personnelle d’écrivain publié, qu’il s’agit là non pas d’un manque de talent ou d’intelligence de la part de Christopher Pike (ce qui aurait été totalement excusable), mais d’un souci commercial de la part de son éditeur… Un souci commercial, cependant, que Pike a accepté de prendre en compte, donc ne le dédouanons pas totalement, hein. Ne sont compromis que ceux qui acceptent de se compromettre.

Il faut comprendre que les éditeurs sont très, très frileux avec les séries. La raison en est simple : il est quasiment impossible, mécaniquement, que les ventes aillent en augmentant d’un tome à l’autre. Très peu de lecteurs, en effet, iraient acheter un tome 4, par exemple, s’ils n’ont pas déjà lu les trois premiers. De fait, une série, quelle qu’elle soit, est destinée à voir ses ventes chuter d’un volume sur l’autre. C’est vrai pour la quasi-totalité des licences littéraires existantes, de la saga autoéditée la plus clando jusqu’au suscité Harry Potter.
Or, vous le savez comme moi : faire des grosses ventes, ça intéresse pas mal les éditeurs. Donc, pour contrer ce phénomène, nos amis ont deux solutions : totalement refuser les séries, comme c’est aujourd’hui le cas d’un nombre grandissant de maisons, ou faire en sorte que les différents tomes puissent s’appréhender de manière indépendante.
C’est ce que l’éditeur de Spooksville a voulu faire : à quelques rares exceptions près à la fin de la saga, un gamin de la fin des années quatre-vingt-dix pouvait attraper n’importe quel volume dans le rayon de sa librairie, sur la foi d’une couverture qui attirait son oeil, et débuter sa lecture de manière à peu près confortable, sans avoir à ce qu’on lui explique le contexte de la série, puisque celui-ci était invariablement remis en place au début de chaque roman, en même temps que les compteurs à zéro.
Si, commercialement, je comprends l’intérêt (je crois que c’était Stan Lee, feu le boss de Marvel, qui disait que n’importe quel épisode de comics était susceptible d’être le premier de quelqu’un), artistiquement, je trouve ça merdique.
Disons les mots : on parle là, tout simplement, de formatage littéraire par souci commercial.
La même chose que lorsqu’un éditeur présente les différents livres d’une série comme des « romans indépendants » alors qu’ils se suivent.
La même chose que lorsqu’on demande à un auteur de faire plus court parce que les livres de plus de trois cents pages font peur aux acheteurs potentiels.
La même chose que lorsqu’on exige que le roman se termine sur une note positive et morale.
La même chose que lorsqu’on refuse les mots vulgaires afin d’être placé dans les CDI.
La même chose que lorsqu’on fait des réunions pour déterminer l’âge à donner aux personnages histoire d’être sûr de trouver sa cible.
La même chose, en réalité, que la plupart des interactions entre auteurs et éditeurs.
Alors que la lecture de romans est progressivement en train de devenir un loisir de niche, l’ensemble de l’industrie éditoriale (auteurs compris, je ne nous excuse pas plus que les autres) semble refuser cet état de fait.
On devrait pourtant en profiter pour ne plus en avoir rien à foutre : TOUT LE MONDE fait des ventes de merde, désormais, donc allons-y, osons des formats chelou, des séries longues, des narrations éclatées, des trucs complètement hors-collection ! Amusons-nous !
Mais non. A de rares exceptions près, c’est l’exact contraire, qui se passe : comme plus personne ne vend, tout le monde devient frileux, refuse le moindre risque, et se cantonne à reproduire en boucle ce qui marchotte vaguement, afin d’assurer le minimum syndical de ventes.

C’est ce qu’a fait Christopher Pike à son époque, et c’est ce que font la plupart de mes confrères auteurs jeunesse aujourd’hui.
Et on en arrive à la dernière partie de ce dossier et à pourquoi lire cette série m’a plu et m’a rendu un peu triste en même temps : parce que je suis moi-même écrivain, et que je sais que Spooksville, malgré ce que je viens d’en dire, serait impossible à sortir dans le contexte actuel. Depuis les années quatre-vingt-dix, la situation s’est encore dégradée.

Sa série et les miennes.

Une série en vingt-quatre tomes publiés quasi-mensuellement, alors qu’elle n’a jamais réussi à atteindre, même de loin, les ventes de son rival Chair de Poule ?! Allons, aujourd’hui, le stand serait replié au bout de trois ou quatre épisodes, maximum !
A la lecture de Spooksville, j’ai eu des idées pour écrire ma propre série jeunesse horrifique. Vraiment. En fait, pour être franc, c’était même parce que j’avais déjà ces idées que j’ai lu Spooksville, pour découvrir un peu comment d’autres s’y étaient pris. J’ai commencé à voir les personnages, les rebondissements possibles d’un tome à l’autre, le contexte, les lieux… J’étais excité. Je voulais faire un truc dans le même genre, mais en plus ambitieux, en plus sombre.
Et puis c’est retombé.
C’est retombé parce que l’une de mes précédentes séries, Les Mondes-miroirs, que j’aimais profondément, a été annulée par l’éditeur au bout de deux tomes, faute de ventes.
Parce que Colonie Kitej, mon autre série que j’aime tout aussi profondément, est sortie dans l’indifférence totale.
Parce que je commence à connaître le milieu, à anticiper les mille obstacles qui se dressent entre un projet de série et sa publication effective.
Je connais les « on va déjà signer pour un roman unique, puis on verra ».
Je connais les « on va pas dire que c’est un tome 2, pour pas faire peur ».
Je connais les « faudrait que tu réintroduises davantage les personnages ».
Je connais les « on va attendre l’année prochaine, le contexte sera meilleur ».
Je connais les « on va arrêter là, parce que ça n’a pas trouvé son public ».
Alors la flemme.
La flemme de m’attacher à mes personnages, à mes histoires, pour les voir au final s’étaler comme une chiasse d’oiseau supplémentaire sur le trottoir sale que sont les tables des libraires.
Parce que je suis sûr, après avoir lu ses romans, que Christopher Pike aussi, s’était attaché à ses personnages, malgré la nature de « produit commercial » de sa série. Tu ne passes pas autant de pages avec tes héros sans les comprendre et les aimer.
Spooksville a réellement une âme. Le temps de la lecture, ses personnages, ses rues, ses intrigues existent. Le temps de la lecture, j’ai aimé cet univers et ce qu’il me racontait. Je suis heureux que cette saga ait existé, et heureux qu’elle soit un talisman nostalgique pour certains. C’est l’un des meilleurs trucs, je crois, que puisse devenir une oeuvre d’art : un bon souvenir.
Je suis juste triste de sentir que, malheureusement, la plupart des livres qui sortent aujourd’hui ne deviendront jamais ça. Par leur uniformisation, par les soucis commerciaux de plus en plus forts qui président à leur écriture, les romans que nous écrivons ne deviendrons les bons souvenirs de personne. Ils seront juste lus, chroniqués sur des blogs semi-professionnels aussi standardisés qu’eux, et à la fin, ils seront rangés dans une étagère bien ordonnée, bien instagrammable, avant d’être oubliés.
Moi, je ne pense sincèrement pas oublier Spooksville. Et c’est pour que d’autres se souviennent d’elle que j’ai écrit cet article et le précédent.
Derrière ses quelques défauts, derrière son formatage mercantile, cette série avait une âme, oui… Et elle représentait malgré tout un certain reste d’ambition artistique et éditoriale ; une ambition sur le point de devenir impossible à reproduire.
Spooksville est le souvenir doux-amer de l’époque révolue où le monde de l’édition y croyait encore.

A plus pour d’autres articles qui remontent le moral !

7 réflexions sur “« Spooksville », de Christopher Pike, partie 2 : mon avis sur la série, avec de vrais bouts de nostalgie, de regrets et d’amertume d’écrivain dedans (ça fait un long titre mais tant pis)

  1. kPt3r dit :

    Je viens d’apprendre qu’il n’y aura pas de suite aux Mondes Miroirs 😦

    • Vincent dit :

      En tout cas pas de suites publiées par Mnémos, a priori… Mais le tome 3 est déjà totalement écrit, donc je réfléchis actuellement aux façons de quand même le proposer sans passer par un éditeur.

      • kPt3r dit :

        Auto-édition? C’est très courageux. Tu peux compter sur moi en cas de financement participatif.

      • Vincent dit :

        Merci beaucoup, sincèrement, ton soutien me touche énormément.
        Je ne sais pas encore quelle forme ça prendra, si je tente une sortie physique par mes moyens, si je me contente d’internet, si je tente de financer la chose ou si j’y vais en mode yolo… Tout ça dépendra aussi pas mal du public (ou de son absence) que j’aurai, histoire de quantifier les choses.

  2. hauntya dit :

    Le château aux 100 oubliettes, un vieux souvenir de jeunesse aussi ! Il est vrai qu’il n’y a plus de série comme Spooksville maintenant. Les seuls livres à avoir autant de volumes, ça reste sans doute les mangas désormais. Et je comprends mieux, avec tes réflexions, pourquoi autant d’éditeurs négligent de dire que c’est une suite, n’informent pas que c’est un tome 1, etc…C’est terrible de la part du monde éditorial d’en arriver là. Mais je ne pensais pas que tout le discours ambiant était à ce point-là, en fait. C’est d’une tristesse qui donne envie d’être en colère. D’autant qu’on aime ça, les séries avec des personnages qu’on retrouve, qu’on voit grandir,mais j’en trouve de moins en moins qui me plaisent.
    Et je suis désolée d’apprendre que certaines de tes séries n’auront pas de suite. S’il y a un moyen d’aider…

    • Vincent dit :

      Merci beaucoup !
      Il n’y a pas d’aide à apporter, mais je pense que Les Mondes-miroirs vont trouver un moyen de continuer, si les lecteurs sont là… J’en reparlerai le moment venu 🙂
      Mais oui, je persiste et signe : le monde éditorial est en train de devenir TRES frileux sur tout ce qui peut être un peu « compliqué » à vendre. Ca inclut les séries, mais aussi les romans à cheval sur deux genres, les choses trop longues, trop courtes, trop ceci, pas assez cela… Année après année, la standardisation de l’offre est de plus en plus visible.

      • hauntya dit :

        Je ne pensais pas que c’était à ce point-là, en tout cas. Je soupire, quand je fais ma veille de romans, de voir toujours les mêmes types de résumés, mais j’arrive quand même toujours à dégoter des synopsis intéressants… ça me désole de voir que c’en est à ce point-là.
        Et je guette pour les Mondes-miroirs alors !

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