« Spooksville », de Christopher Pike, partie 1 : l’article le plus complet de tout internet (genre, réellement)

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25 octobre 2021 par Vincent Mondiot

Il y a quelques mois de ça, j’avais posté sur Instagram une photo évoquant ma lubie d’alors, qui consistait à racheter de vieux Chair de Poule en brocantes. Comme souvent avec les posts un peu nostalgiques, ça a suscité pas mal de réactions… Dont le commentaire d’une fille nommée Nolwenn (à qui cet article doit tout), qui disait qu’à la même époque que les célèbres romans de R.L. Stine paraissait aussi une autre série, moins connue, dont elle était également fan.
Cette série, c’était Spooksville, de Christopher Pike. Je connaissais le titre de loin, mais je ne m’en étais jamais approché… Or, Nolwenn en parlait comme d’un Buffy pour les gosses.
Donc, vous commencez à me connaître : j’ai immédiatement changé de lubie en comprenant qu’il était de ma responsabilité de réunir chez moi les vingt-quatre tomes de cette série.

C’est ce que j’ai fait ces derniers mois et, au fil de ma lecture, j’ai su qu’à la fin, j’écrirais un truc à son propos ici.
Au départ, je me voyais faire un article assez classique, dans lequel je parlerais littérature jeunesse, romans de genre, nostalgie et structure narrative. Mais au fur et à mesure de mon exploration de Spooksville, j’ai découvert une chose étrange : il n’y a quasiment rien sur internet à propos de ces romans. Il y a bien un Wikia qui traîne, mais il est presque vide. Pareil pour la page Wikipedia… Ca paraît fou, en 2021, mais visiblement il existe encore, ici et là, des choses qui n’ont pas été étudiées en long, en large et en diagonale par le world wide web, et les romans de Christopher Pike en font partie.
J’ai donc changé mon fusil d’épaule, et décidé de me transformer en pionnier, en aventurier, en défricheur.
Tout ce délire sera en deux parties : dans la seconde, je donnerai mon avis éclairé, ma fine analyse toute en subtilité et mon ressenti global et définitif sur la série, et dans la première, que vous êtes actuellement en train de lire, je vais marquer l’histoire de l’archivage littéraire d’une pierre blanche, en essayant de signer la rétrospective la plus exhaustive à ce jour concernant les romans Spooksville, de Christopher Pike.
C’est parti.

LES BASES

Spooksville est donc une série de vingt-quatre courts romans (une centaine de pages chacun) écrits par Christopher Pike entre 1995 et 1998, et publiés en France avec deux ans de décalage par Pocket Jeunesse. Si cette série était clairement là pour offrir une concurrence éditoriale au rouleau compresseur Chair de Poule, elle se distingue de cette dernière sur plusieurs points, le plus important étant le fait que, contrairement aux romans de R.L. Stine, ceux de Christopher Pike mettent en scène des personnages récurrents et un univers persistant.
On y suit en effet les aventures d’Adam, Sally, Tic-Tac, Cindy, Brice et leurs potes, des collégiens qui, romans après romans, vont affronter les multiples phénomènes paranormaux dont est constamment victime le bled des Etats Unis où ils habitent, Springville, que tout le monde surnomme Spooksville.
Si la ville n’est jamais exactement située, on sait cependant qu’elle est de petite taille, qu’elle se trouve sur la côté ouest, qu’elle dispose d’une plage, de forêts, et qu’il y fait parfois très froid… Je décide donc unilatéralement qu’il s’agit d’Astoria, dans l’Oregon, ville connue des personnes de lettres pour être au centre du film The Goonies et de l’album so long, Astoria. de The Ataris.
Tout ça me rappelle d’ailleurs la géniale série télé Eerie, Indiana, chapeautée par Joe Dante, que je conseille à tout le monde.
Une autre différence de taille qui sépare Spooksville de Chair de Poule, c’est que Spooksville ne joue que rarement sur la peur, et appartient finalement bien plus à la littérature fantastique qu’au genre de l’horreur. On développera ça plus tard.
Concernant Christopher Pike, l’auteur est prolifique, et continue encore aujourd’hui à signer régulièrement des romans pour ados, généralement orientés horreur ou fantastique. Spooksville est la série la plus longue qu’il ait écrite.
A noter, enfin, que bien des années plus tard, ces romans ont donné lieu à une adaptation en série télé, que je n’ai pas regardée, mais qui a des retours plutôt mitigés et semble avoir pris beaucoup de liberté par rapport aux livres. Je vous mets un bout du premier épisode par souci d’intégrité intellectuelle.

LES PERSONNAGES

Adam Freeman : le personnage véhiculaire de l’histoire. Un ado de douze ans qui débarque à Spooksville avec ses parents dans le premier roman. Il est souvent désigné comme étant le chef de la bande, mais en vrai, on le voit rarement faire des trucs de chef. Disons que c’est plutôt le newbie typique qui permet au lecteur de découvrir l’univers des romans au même rythme que le personnage principal, quoi. Il est courageux, loyal, plus petit que la moyenne, il accepte rapidement la dimension pour le moins chelou de sa nouvelle ville et, globalement, y a pas tant d’autres trucs à dire à son propos.
Première apparition : 1) La Ville de la peur.

Sally Wilcox : si c’est pas ton perso favori, c’est que t’as raté ta vie. Sally est un peu la tsundere d’Adam (un cliché théorisé au Japon mais présent partout : celui de la meilleure amie du héros qui est secrètement amoureuse de lui et cache ça sous un flot ininterrompu de moqueries). Elle a clairement les meilleures punchlines, n’est jamais contente, pense toujours qu’ils vont mourir dans d’atroces souffrances qu’elle prend visiblement beaucoup de plaisir à décrire, et semble incapable de ne pas s’embrouiller avec tout le monde. Elle habite à Spooksville depuis sa naissance et a appris à être parano. Généralement, c’est à cause d’elle que les autres se retrouvent dans la merde. Personne ne la supporte. Elle est cool. Elle est grave cool.
Première apparition : 1) La Ville de la peur.

Tic-Tac : meilleur pote de Sally, lui aussi vit à Spooksville depuis toujours. C’est totalement l’intello binoclard du groupe, qui connaît tout sur tout et saves the day régulièrement. Son surnom (son vrai nom n’est jamais dévoilé) lui vient du fait qu’il porte en permanence quatre montres au poignet, chacune réglée sur un fuseau horaire différent. Il est très souvent décrit comme ayant une histoire familiale un peu triste, et on comprend qu’il vit seul et que sa famille est éparpillée à travers le pays pour une raison floue. Même si on nous répète que le héros, c’est Adam, Tic-Tac est en réalité bien plus souvent décisif, dans les romans.
Première apparition : 1) La Ville de la peur.

Cindy Makey : elle apparaît un peu après les autres, mais une fois qu’elle rejoint le groupe, elle y reste. Comme Adam, elle est une nouvelle venue à Spooksville, où elle emménage avec sa mère et son frère suite au décès de leur père. Gentille, intelligente, ultra jolie, Adam crushe direct sur elle, ce qui est tant mieux, vu que c’est réciproque… Du moins jusqu’à ce que Brice apparaisse et vienne transformer ça en triangle amoureux. Cindy met un peu de temps à accepter l’idée qu’elle vit désormais dans un endroit super bizarre, et endosse souvent du rôle de la sceptique locale, qui perd toujours un chapitre ou deux à ne pas croire à l’aventure surnaturelle de la semaine. Elle cultive une relation d’amour/haine avec Sally, qui est clairement sa meilleure ennemie.
Première apparition : 2) Le Fantôme de l’océan.

Brice Poole : le beau gosse ténébreux du collège qui, pendant une bonne partie de la série, semble mener ses aventures de son côté, et sauver le monde en indépendant sans trop se soucier de la petite bande… Petite bande qu’il finit néanmoins par rejoindre, et qui l’accepte malgré la concurrence qu’il y a entre eux. Généralement décrit comme vaniteux, dans les faits, il est plutôt transparent, la plupart du temps. Vers la fin de la série, ça va commencer à se tourner autour avec Cindy.
Première apparition : 7) Le Pays des ténèbres.

Tira Jones : une fille mystérieuse aux cheveux noirs et aux yeux bleus, qui intègre la bande sur le tard et a une histoire assez différente des autres, puisqu’elle n’a pas loin de deux cents ans. Pendant une bonne partie de cette longue vie, elle a en fait été possédé par un esprit surnaturel, dont l’ont délivrée nos jeunes héros. Depuis, elle rejoint très ponctuellement le groupe pour faire les aventures. Tic-Tac est clairement amoureux d’elle, et l’a d’ailleurs aidée à se trouver une famille, dans la démarche d’adoption la plus rapide de l’histoire (deux jours, plus ou moins).
Première apparition : 15) Les Voleurs de vie.

Georges Sanders : comme Tira, lui aussi rejoint la bande tardivement et n’en fait partie que dans deux ou trois romans, selon les besoins des intrigues. Il a peur de tout, et est assez cruellement utilisé comme appât par les autres, en général.
Première apparition : 13) Les Périls de la rentrée.

Anne Templeton : la sorcière de Spooksville. Elle vit dans un grand château à l’écart de la ville, ses pouvoirs semblent immenses, et elle a une armée de trolls à ses ordres. Paradoxalement à cette présentation assez unilatérale, Anne Templeton n’est pas la « méchante » de l’histoire, malgré ce qu’en dit généralement Sally. Elle fait certes peur, et ne semble pas exactement concernée par la sécurité de la ville, mais elle est plutôt bienveillante avec les personnages et leur prodigue régulièrement des conseils, à défaut de les aider directement. C’est une figure très ambiguë, au centre de beaucoup des mystères de la ville.
Première apparition : 1) La Ville de la peur.

Clodo : l’ancien maire de la ville, devenu SDF depuis une embrouille avec Anne Templeton. On notera que le surnom par lequel tout le monde l’appelle ne passerait clairement plus si les romans étaient publiés aujourd’hui. Mémoire vivante de Spooksville, il fait figure d’indic’ dans pas mal de romans et file régulièrement des infos aux héros contre un repas chaud.
Première apparition : 1) La Ville de la peur.

M. Patton : le propriétaire d’une boutique de surplus militaire à la sortie de la ville. On l’imagine facilement en survivaliste dingue de la gâchette. De temps en temps, lorsqu’ils font face à une menace un peu balaise, il fournit les gamins en armes à feu et en explosifs. Oui, vous avez bien lu cette phrase.
Première apparition : 5) Les Créatures du froid.

Madeleine Templeton : ancêtre d’Anne Templeton, cette sorcière morte sur le bûcher longtemps avant le début de la série est liée à la nature surnaturelle de la ville. Les mystères de son existence et de ses pouvoirs sont au coeur de l’une des intrigues filées de Spooksville, que je désignerai par la suite comme « l’arc Madeleine Templeton ».
Première mention : 1) La Ville de la peur.

En plus de tous ces personnages récurrents, d’autres rôles secondaires apparaissent plusieurs fois, donnant du corps à la ville : la caissière du cinéma qui est peut-être une vampire, le propriétaire de la librairie qui est peut-être un tueur en série repenti, le bibliothécaire obsédé par les os, les flics inutiles qui refusent de sortir du commissariat…

LE LORE

Ca m’a moi-même surpris mais, oui, au fur et à mesure des romans, il se dessine un lore autour de Spooksville ; comprendre une mythologie de fond qui dépasse le simple rythme de la petite aventure paranormale hebdomadaire.
Tous les romans de la série n’appartiennent pas audit lore, la majeure partie d’entre eux sont simplement des histoires indépendantes au format « monstre de la semaine », mais c’est cependant loin d’être secondaire dans l’identité de Spooksville en tant qu’objet littéraire.
Pour la faire courte, ça mélange théorie des anciens astronautes et villes légendaires. On comprend petit à petit que la nature paranormale de Spooksville est due au fait que, des millénaires auparavant, la bourgade américaine était en réalité l’endroit où se dressait Lemuria, une ville mythique qui était opposée, bien avant l’Histoire telle que nous la connaissons, à une autre cité légendaire, à savoir l’Atlantide. Fondées par des extraterrestres qui seraient donc à l’origine de l’Humanité, ces deux villes ont rapidement été rivales, avant de carrément se foutre sur la gueule à coups de missiles, provoquant la quasi-extinction de l’Humanité d’alors et le début de notre ère à nous.
Si cette histoire est très éloignée, temporellement, des aventures décrites dans les romans, elle a cependant des implications importantes encore aujourd’hui, parmi lesquelles, surtout, l’intérêt que portent à notre planète plusieurs races extraterrestres… C’est le deuxième arc principal de la série, que je désignerai désormais sous le terme « arc Lemuria ».

LES ROMANS

Dans cette partie, je vais résumer très brièvement les vingt-quatre romans de la série, en en faisant une critique succincte et en indiquant s’ils sont importants pour l’un ou l’autre des arcs narratifs de la série.
Ne vous inquiétez pas, j’ai conscience que tout cet article n’a globalement aucun intérêt, mais je ne m’arrêterai pas en si bon chemin. En route.

1) La Ville de la peur : dès le premier roman, on inaugure un truc qui va devenir TRES fréquent dans la série : les persos ne vont cesser de voyager dans des dimensions parallèles. Ici, ce sera un monde où Anne Templeton, la sorcière locale, est ouvertement maléfique. Bonne entrée en matière, qui place tout ce qu’il y a à placer, et qui rend direct le tout assez charismatique.
Appartient à l’arc Madeleine Templeton.

2) Le Fantôme de l’océan : apparition de Cindy, pour une histoire de fantômes plus touchante que prévue. On inaugure une autre tradition de la série, à savoir le fait que les monstres sont très rarement maléfiques, et bien plus souvent victimes de préjugés, d’incompréhension ou de malentendus. Sally brille ici de mille feux dans ses punchlines.

3) La Grotte sans issue : à deux doigts de l’histoire de yéti. Petit récit claustro dans une grotte labyrinthique, avec encore un monstre gentil et un passage final dans une autre dimension, pour un sous-texte étrangement mélancolique sur la disparition des espèces. Ca fait le taf, et installe le rythme de croisière du quatuor principal dans leurs relations.

4) Les Kidnappeurs de l’espace : ce coup-ci on passe aux enlèvements extraterrestres, pour une aventure au ton vraiment très très jeunesse, bien plus que précédemment. Trop pour moi, même : le sentiment de menace est évacué très rapidement, et laisse place à un message et un twist bon-enfants et convenus.

5) Les Créatures du froid : le moment où la série jump complètement le shark, en filant des lances-flammes aux gosses pour combattre la première vraie menace qu’ils ont à affronter, à savoir des créatures millénaires qui transforment les gens en zombies de glace. Grosse dimension action et fin du monde, qui fait prendre un tournant à la série.
Appartient à l’arc Lemuria.

6) Le Piège de la sorcière : retour de la flamboyante Anne Templeton, dans un rôle ambigu de tentatrice qui exploite les faiblesses des personnages pour les confronter à leurs propres contradictions. Un épisode plus psychologique que d’habitude, franchement cool. L’un des persos secondaires du livre reste ma grande frustration de la série : il s’agit de Mireen, la fille d’Anne, qui semble avoir plein de secrets à cacher, mais dont on n’entendra mystérieusement plus jamais parler par la suite. A croire que l’auteur lui-même l’a oubliée.

7) Le Pays des ténèbres : gros fourre-tout de doubles maléfiques, de Spooksville alternative et d’invasion de démons. Ca ressemble beaucoup trop au premier épisode. Vaut surtout pour le procès final, assez drôle, et pour l’apparition de Brice, qui est ici un perso bien plus riche et ambigu, dans sa caractérisation, que par la suite.

8) Les Sortilèges de la forêt : clairement l’épisode que j’ai le moins aimé. Le roman plonge dans une full heroic fantasy assez étrangère à l’ambiance habituelle de la série, et le perso principal de l’intrigue est un centaure supposé être un roi puissant et volontaire, mais qui passe son temps à être simplement con et anti-charismatique au possible.

9) La Pierre maléfique : si les deux romans précédents commençaient à m’inquiéter, celui-ci m’a rassuré en étant excellent. Sally trouve une pierre qui exauce les voeux, fait évidemment n’importe quoi avec, et se retrouve capturée comme esclave par des extraterrestres. Ca part complètement en vrille, autour d’un scénario de scam intergalactique qui vire au space opera.

10) Le Regard du chat : en général, choisir comme créature maléfique un chat est une mauvaise idée, j’en veux pour preuve l’épisode Tesos dos Bichos de X-Files, potentiellement le pire de toute la série. Pourtant, ici, ça passe à peu près, y a même un peu d’émotion, et ça raccorde, à la surprise générale, cette idée de départ pétée à l’un des arcs principaux de la série.
Appartient à l’arc Madeleine Templeton.

11) Les Echappés de la préhistoire : les dinosaures envahissent Spooksville ! Ca aurait pu être une catastrophe, comme idée, mais c’est un excellent épisode et, sans qu’on s’y attende, l’un des plus généreux concernant la mythologie de la série. Il se passe PLEIN de trucs, ici, et Brice passe enfin pour le branleur qu’il est.
Appartient à l’arc Lemuria.

12) La Bête cachée : après les dinosaures, une autre figure imposée qui leur ressemble pas mal, à savoir le dragon ! Bon épisode encore, avec deux dragons franchement réussis et de chouettes scènes d’action. La fin est rushée de ouf, avec un plan absolument débile des gamins, mais c’est souvent le cas dans la série.

13) Les Périls de la rentrée : après un été interminable à combattre globalement une menace par jour, les héros sont ENFIN à l’école… Et bien sûr, leur prof est un extraterrestre. On s’y attendait. La volonté de Christopher Pike de ne jamais avoir de monstres vraiment méchants rend le roman un peu plat, et on n’a pas trop peur de ce prof faussement maléfique.

14) La Maison du mal : l’incontournable épisode d’halloween ! Et devinez ce qu’il s’y passe ! Devinez ! Mais oui : LES PERSOS VONT FUSIONNER AVEC LEURS COSTUMES ! Bon, cela dit, le roman est visiblement sorti en même temps que l’épisode de Buffy qui a exactement la même idée, donc c’est difficile de dire qui a plagié qui. Surtout que le résultat est plutôt réussi, avec notamment une scène qui fonctionne bien, question peur, lors de la visite initiale de la maison hantée.

15) Les Voleurs de vie : apparition de Tira Jones, pour un épisode plus triste que d’habitude, puisqu’il concerne l’immortalité non désirée d’une jeune ado qui avait initialement voulu se suicider. L’un des romans les plus à part de la série, et un immanquable pour ce qui est de la mythologie Spooksville.
Appartient à l’arc Lemuria.

16) Le Jouet temporel : ça démarre avec un jouet en forme de robot qui sert à voyager dans le temps, et ça se termine avec la scène la plus déchirante, réellement, de toute la série. En passant sur le chemin par des moments d’anthologie, parmi lesquels, surtout, la seule vraie apparition de Madeleine Templeton, la légendaire sorcière, en chair et en os. L’un des meilleurs épisodes, easy.
Appartient à l’arc Madeleine Templeton.

17) Le Monstre de l’armoire : pour la quatre-centième fois, les persos vont aller dans une dimension parallèle d’inspiration fantasy. C’est pas ouf, mais c’est pas nul non plus, surtout que ça permet de voir un peu les persos chez eux, ce qui est étrangement rare dans la série. A part ça, Christopher Pike est en pilotage automatique… Cas unique, dans l’édition française, d’une couverture qui n’a presque aucun rapport avec le contenu du livre.

18) Les Crabes passent à l’attaque : la couverture et le titre vendent du rêve, et je vous rassure : OUI, ce roman contient réellement une invasion de crabes géants ! J’ajoute même que ce sont des crabes géants ROBOTS. Je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus. Le récit compte en sus l’une des scènes d’action les plus généreuses de toute la série, très bien écrite.
Appartient à l’arc Lemuria.

19) La Nuit des vampires : un épisode extrêmement réussi, principalement grâce à l’une des seules, si ce n’est LA seule vraie méchante de toute la série, à savoir Shaetore, la reine des vampires, bien plus charismatique que la plupart des autres monstres de la semaine. Là, enfin, on a une vraie ennemie qui fait peur et compte réellement tuer tout le monde.
Appartient à l’arc Lemuria.

20) La Fièvre noire : un nouveau roman centré sur Tic-Tac, et secrètement la suite de l’un des meilleurs épisodes de la série, à savoir Le Jouet temporel. Ca fait plaiz. Ce qui fait moins plaiz, c’est que c’est ENCORE une histoire de dimension parallèle à l’ambiance fantasy. A l’exception de son dénouement plus tragique que d’habitude, on a l’impression d’avoir déjà lu ce roman plusieurs fois dans la série. C’est néanmoins sauvé, ici, par le fait qu’on a Adam et Sally en double pendant tout le récit. Et deux Sally pour le prix d’une, je prends, grave. Leurs dialogues sont parfaits : même Sally ne supporte pas Sally.

21) Le Prix d’un sacrifice : tiens, c’est vrai qu’on n’avait pas encore fait, les morts-vivants ! Une case de plus cochée dans la liste des incontournables. Au-delà de ça, il y a plein de trucs, dans cet épisode, entre une Anne Templeton bien plus activement sympa que d’habitude, une vision de la fin des temps assez poétique, des squelettes qui dansent sur la musique des Beatles, Cindy et Brice qui se draguent, et surtout le seul cas, dans la série, d’une suite quasiment directe au livre précédent. On conclut en effet ici l’arc « Tic-Tac surnuméraire » initié avec Le Jouet temporel, confirmant que ce personnage est clairement le plus mis en avant au fil des romans. L’un des sommets de Spooksville, même si, comme souvent, le dénouement est à la limite de la cohérence, probablement parce que Christopher Pike lui-même ne savait pas trop comment se sortir de cette intrigue.

22) Un Monstre aux cent visages : seul épisode dont le titre ne commence pas par un article défini. Notez-le, merci. A part ça, on est sur une réécriture assumée du The Thing de Carpenter (le film est explicitement cité), avec un Brice pour une fois au centre de l’histoire et une sous-intrigue amoureuse entre Cindy et lui qui semble annoncer l’entrée dans l’adolescence des enfants. Dans la bonne moyenne de la série.
Appartient à l’arc Lemuria.

23) Le Téléphone de l’angoisse : une intrigue en mode « si tu ne partages pas ce mail avec dix contacts, il t’arrivera un malheur », pour une histoire d’internet devenu vivant, thématique très en vogue à la fin du siècle dernier. Grosse inspiration, peut-être inconsciente, du Bazaar de Stephen King, pour un résultat évidemment moins brillant mais intéressant. Le roman a un ton un peu différent des autres, et vaut notamment pour le rôle de semi-méchant donné à Tic-Tac et pour le personnage secondaire au centre de l’intrigue, peint comme autiste dans l’épilogue. On sent, par la complexification des thématiques morales, que la fin de l’enfance, et donc de la série, approche.

24) Le Cadeau empoisonné : dernier épisode de la série, et aussi le seul qui soit réellement chaud à trouver sur les sites d’occase. Bon, disons les choses : c’est une conclusion ultra décevante à la saga. Déjà, l’intrigue est un melting-pot de trucs déjà vus (les voeux du tome 6, le côté space opera du tome 9 et les métamorphes du tome 22). Ensuite, on est sur un récit stand alone qui n’apporte aucune réponse ni à l’affaire Lemuria, ni aux mystères entourant la famille Templeton ; un comble quand on sait que le roman a comme point de départ le fait qu’Anne Templeton décide de quitter la ville… En laissant visiblement derrière elle sa jeune fille Mireen, définitivement oubliée par Christopher Pike, donc. C’est d’ailleurs là la troisième déception du roman qui, pour une conclusion, rate complètement l’occasion de faire un dernier coucou aux personnages secondaires. Pas de Tira, pas de Georges, pas de Clodo, pas de M. Patton… Rien. On a juste une nouvelle aventure des cinq persos principaux, pas plus significative que les autres. Bref, une conclusion qui n’en est pas une, peut-être parce que l’auteur ou l’éditeur espéraient poursuivre… Reste que nous, lecteurs, sommes privés d’un point final digne de ce nom. Tant pis, on fera sans.

On notera que le logo de l’éditeur, sur les volumes 2 et 3, n’est pas le même que sur les autres.
Ca me met HORS DE MOI.

Voilà, on en a fini de cet article de présentation, qui comble enfin le trou qu’il y avait dans l’internet mondial au sujet de Spooksville ! On se retrouve dans pas longtemps pour la deuxième partie, où je donnerai enfin mon avis sur les quelques semaines de lecture que j’ai consacrées à cette série. Contrôlez votre impatience, j’arrive !

Ah, et d’habitude je ne vous demande pas de laisser des commentaires et toutes ces conneries, mais ce coup-ci, j’aimerais bien ! Ca me ferait réellement beaucoup, beaucoup rire que cet article à la con gagne en Google Rank et devienne la référence francophone sur la série. Ensemble, NOUS POUVONS Y PARVENIR ! Donc n’hésitez pas à partager, commenter, n’importe quoi, faut que ça monte !

A plus pour la deuxième partie !

19 réflexions sur “« Spooksville », de Christopher Pike, partie 1 : l’article le plus complet de tout internet (genre, réellement)

  1. enosaby dit :

    J’AI SI HÂTE DE LA PARTIE DEUX

  2. Elric dit :

    Tu m’as régalé, et je savais même pas que j’avais faim ! Je veux faire les aventures, maintenant.
    Définitivement my kind of trash, cet article. Qui est même pas du trash en plus, c’est bon, c’est très bon, c’est chef’s kiss !
    Et je biche grave sur le générique de la série, là encore pas du tout inspiré de Buffy.

    • Vincent dit :

      Anecdote : j’ai appris l’existence de l’expression « chef’s kiss » une heure avant que tu l’utilises ici, via un quelconque commentaire Facebook ! Maintenant, je me demande quelles autres vérités l’univers m’a cachées.
      Merci beaucoup, sinon 🙂

  3. Hermine dit :

    Un excellent article ! Cassons donc les internets (même si ça manque de photos de Ronny appréciant sa lecture !).

    Vivement la deuxième partie.

  4. kPt3r dit :

    J’espère que les livres sont mieux que la série : j’avais me semble-t-il vu un épisode ou deux étant gamin, et, comment dire, c’était moins que passable.

    Suite à cette pluie de commentaires, plusieurs questions taraudent mon esprit malade :
    – Que nous cache encore l’Univers ?
    – Internet a-t-il, au final, besoin de nous pour se (auto) détruire ?
    – Mais SURTOUT, qui est ce fameux « Ronny/Ronito » et pourquoi est-il si photogénique ?
    Toutes les réponses (peut-être) à ces/vos/mes questions dans la PARTIE DEUX, très prochainement. Restez connecté !

    #spooksville #parttwo #universeslies #gobreakinternet #instaronny

    • Vincent dit :

      A mon avis tu confonds avec une autre série ! La série télé Spooksville date de 2013, donc assez récente, finalement ! Si le souvenir que t’as est un souvenir d’enfance, il devait s’agir d’une autre série du même genre (à moins que tu sois encore au collège).

      Et Ronny est trop précieux pour être expliqué en commentaire. C’est un personnage de grande classe, qui aime cultiver le mystère et se nimber d’un voile pudique. Vous n’en saurez pas plus… Pour le moment.

  5. hauntya dit :

    Il me semble que j’avais vu une ou deux de ces couvertures quand j’étais gamine, certaines me disent quelque chose ! Mais de là à savoir si je les ai lus… (par contre, j’avais lu quelques autres de Pike, sa série La vampire et un ou deux fantastiques, j’aimais beaucoup à l’époque !) Vivement que ton article grimpe dans le classement et devienne LA référence, ça le mérite ! C’était très intéressant à lire mine de rien, entre l’humour, le regard d’adulte sur la série et la réflexion sur le lore plus existant qu’il n’y paraît ! J’attends le 2e article avec impatience !

  6. […] Vous vous souvenez de mon article sur Spooksville, la série de romans jeunesse écrite par l’Américain Christopher Pike à la fin des années 90 ? Probablement pas, parce que je l’avais publié il y a plus d’un mois en promettant avec fermeté que la suite arriverait, je me cite, « très vite »… Bon, en même temps, un mois, c’est quoi ? Juste une déception de plus à mettre sur mon compte.Toujours est-il que nous voici donc partis pour le deuxième volet de mon diptyque Spooksville. Dans le premier, j’étais resté relativement objectif, mon but ayant surtout été d’offrir une base documentaire à ceux qui, à l’avenir, chercheraient des infos au sujet de ces romans sur l’internet francophone… Cette fois, je vais être beaucoup plus subjectif, et expliquer ce que la lecture de ces vingt-quatre tomes a réveillé chez le lecteur que je suis et, peut-être plus important, chez l’auteur que je suis.Je préviens, c’est pas un article super corporate concernant le monde de l’édition.Lecture de la première partie évidemment conseillée avant d’attaquer celle-ci. […]

  7. […] je plaisante, juré : je ne vais pas réellement ENCORE parler de Spooksville.Juste, dans ma quête effrénée pour réunir sur mes étagères les vingt-quatre tomes de la […]

  8. Stéphan dit :

    Je suis en train de lire toute la série, gros retour en enfance ! Merci pour toutes ces infos 😉

  9. Aurélie dit :

    Bonjour
    J ai relu quelque uns de ces petites madeleines de Proust ( j en Ai lu avec délectation quand j étais gamine ) je suis revenue dans ma maison d enfance et je redécouvert cela !!! J ai eu envie de découvrir la suite de la série et notamment la fin non lu dans mon enfance . Je suis trop triste de voir que mireen que j avais adorée a disparue et que la fin ne règle pas les arcs ouverts malgré tout merci pour cette article , ou j ai decouvert quelques tomes qui me donnent bien envie genre les voleurs de vie . Je vais aller chercher cela dans le marché d’occasion merci de m avoir fait découvrir les tomes que j ai pas lu.

  10. cora85 dit :

    De cet auteur, je me souviens avoir aimé « La vampire ».

    Bravo pour cet article !

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