Circus Trees : « Delusions »

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28 mars 2021 par Vincent Mondiot

Déjà, disclaimer : WordPress a changé son menu de rédaction d’articles, et c’est bien la couille. Je ne m’y repère plus du tout, et y a de bonnes chances pour que cet article soit bizarrement mis en page. Le gros truc, c’est que je n’arrive notamment plus à régler la justification du texte, ce qui dérange très fortement mes tendances maniaco-maniaques. Il faudra s’y faire. La vie change, et avec elle nos repères. Nous vivons une époque troublée, aussi et surtout d’un point de vue bloguesque. Désolé.
Mais gardez en tête que, dans cette affaire, c’est moi la première victime, ok ?!

Maintenant, passons aux choses sérieuses. Ca fait sept mois que je n’ai pas fait une vraie critique de disque ici. C’est indigne, pour un blog qui se présente comme « musical ». Mais je l’ai dit, la vie change. Je suis moins en prise avec les nouveautés de ce monde fabuleux qu’est le rock, et davantage en prise avec, disons-le franchement, mon autopromo.
Bon, et puis, en plus, les blogs, qu’ils soient musicaux ou non, c’est quand même vachement un truc du passé, hein.
Mais puisque nous sommes ici entre quasi-pensionnaires d’EHPAD, on va continuer encore un peu… Surtout que j’ai découvert récemment un trio du Massachusetts (c’est un état américain assez difficile à orthographier correctement du premier coup) que j’ai beaucoup aimé. Et je me dis que si tu traînes encore ici en 2021, y a moyen que toi aussi tu kiffes.
Ce trio s’appelle Circus Trees, il est composé de trois soeurs pas encore en âge de quitter le lycée, et il vient de sortir un album qui, lui, s’appelle Delusions. Ecoutons ensemble, mes vieux.

C’est toujours compliqué, je trouve, d’aborder la question du (très) jeune âge d’un « groupe d’enfants ». Y a en général un petit côté « monstres de foire », vous savez, comme ces vidéos qui circulent sur les réseaux en mode « hanlala, regardez cette fille de quatre ans qui joue trop bien de la batterie ! ». C’est mignon, ça fait lâcher les likes sur Facebook, mais au fond, on s’en branle, et c’est rarement de la musique qu’on aurait envie d’écouter chez soi. Sans compter, en plus, l’idée un peu gênante qu’il y a toujours un parent derrière pour tenir la caméra et monétiser le talent de l’enfant.
Donc, forcément, quand ma pote Elodie (oui, elle, toujours) m’a parlé de Circus Trees, j’y suis allé en traînant des pieds. Je voyais le truc arriver : trois soeurs à peine adolescentes, « ohlala, elles sont trop douées avec leurs guitares, c’est cute, comment elle chante super bien la gamine ». Je n’en ai avais d’avance rien à taper, et à peine cliquais-je sur le lien que, déjà, j’étais prêt à passer à autre chose.
Mais bon, tu t’en doutes, vu que j’écris un article sur elles, en fait, j’ai aimé.
J’ai GRAVE aimé.
Sincèrement : le fait que les trois membres du groupe soient plus jeunes que ta petite soeur n’a AUCUNE incidence sur la qualité de leur musique.
De fait, j’aurais peut-être dû faire une autre intro que celle-ci pour mon article.
Mais j’ai la flemme de la retoucher, SURTOUT A CAUSE DU NOUVEAU MENU DE WORDPRESS (ok, WordPress ? Vous voyez le message que j’essaie de vous faire passer, là ? RENDEZ-MOI L’ANCIEN MENU, PUTAIN).

Pardon.
Donc, Circus Trees, oui.
Ca y est, on l’a dit, c’est trois filles, trois adolescentes, et si c’est tout de même important sur les messages sous-jacents que ces deux seuls faits portent (toi-même tu sais : en gros, que le rock n’appartient à personne, et peut être tordu et améliorer par qui voudra le tordre et l’améliorer), il convient de surtout aborder Delusions pour ce qu’il est : un vrai bon, très bon, excellent album, à mi-chemin d’un shoegaze réinventé et d’une heavy prog au son lourd et envahissant.
Ca avance lentement, ça ne part jamais dans des élans trop violents, et pourtant, ça prend toute la place dans ton salon, en sortant des enceintes. La guitare est pachydermique, la batterie te roule dessus comme un tank, et la basse semble faire tomber des grêlons de dix kilos sur ta tête. Elles ne sont que trois, mais elles font du bruit, putain, les soeurs McCarthy.
La seule légèreté musicale de cet album, en fait, est la voix de la chanteuse/guitariste, Finola, qui a une maîtrise impressionnante de ses cordes vocales. Malgré son âge, elle a déjà une tonalité super affirmée, assez grave et traînante, qui porte son chant avec autorité et assurance.
Les dernières phrases que je viens d’écrire semblent clairement n’avoir aucun sens. Peut-être est-ce le cas, pour être franc. Mais écoute leurs titres et dis-moi que j’ai tort. OSE ME LE DIRE.

Delusions, s’il est présenté comme un album, ne contient que six titres. Des titres longs, certes, mais ça fait quand même peu pour mériter l’appellation… Quoique.
En fait, je crois que, comme l’âge des protagonistes, comme leur manière d’être très actives sur YouTube, la brièveté de ce premier album est à mettre en relation avec l’époque à laquelle il sort (cette fameuse époque troublée dont je parlais dans mon intro ; tu aurais fait le rapprochement, si tu suivais). Une époque où le streaming a définitivement remplacé le support physique, où les maisons de disque représentent de moins en moins quoi que ce soit, et où on fait, globalement, ce qu’on veut avec sa musique. Une époque où Lil Peep pouvait se dire rappeur sans que ça choque personne, où les artistes peuvent sortir des singles à deux heures du matin sans en référer à un quelconque directeur artistique.
Une époque que, perso, j’aime beaucoup, en tant qu’auditeur.
Circus Trees est, à mon sens, un bon représentant des changements qui ont lieu en ce moment. Le format « album », les classifications dans tel ou tel genre, les anciens critères de réussite, de popularité, l’image publique… J’ai l’impression que, de tout ça, les soeurs McCarthy n’en ont pas grand-chose à foutre. Et elles ont bien raison.

Delusions, album ou non, rock ceci ou rock cela, est avant tout un projet musical qui défonce, et qui accompagne depuis quelques semaines mes errances mentales de toiles sonores enivrantes et hypnotiques, à la mélancolie douce et à la tristesse calme.
J’ai hâte de suivre le développement de Circus Trees. Il y a déjà beaucoup d’émotions, dans ce disque. Je donne rendez-vous aux soeurs McCarthy dans un an ou deux, pour voir comment elles auront étendu leur palette.

En attendant, tu peux rejoindre le truc maintenant. La plupart de leurs vidéos peinent à atteindre le millier de vues, pour le moment, donc il est encore temps pour toi de te mettre en place pour, bientôt, pouvoir dire « Circus Trees ? Ouais, je les connais depuis longtemps ». Et tu sais comme moi que c’est très important, de pouvoir faire ça.
Donc, hop, la page Bandcamp qui va bien, et même le compte YouTube qui va avec. Je t’assure que tu ne vas pas le regretter.

Note sans intérêt mais que je tiens tout de même à partager avec toi : durant la rédaction de cet article, mes doigts ont à chaque fois tapé « Circus Tress » à la place de « Circus Trees ».

3 réflexions sur “Circus Trees : « Delusions »

  1. hauntya dit :

    Le nouveau menu de WordPress, c’est une horreur sans nom. J’ai bien pesté aussi.
    Et je te dis un grand merci pour cette découverte, j’écoute l’album des ces trois jeunes filles depuis tout à l’heure et c’est un vrai plaisir à écouter ! Je ne différencie pas très bien les genres ou subtilités musicales (du coup, la réflexion que tu apportes sur la liberté des artistes à l’heure actuelle avec le streaming m’apprend des choses), mais je leur trouve un côté très envoûtant et dynamique, tout dans une atmosphère que j’imagine tantôt vaporeuse, tantôt très fière et assumée. Quel talent ! Si j’avais écouté sans savoir leur âge, pour moi, c’était des musiques déjà bien aguerries et de l’expérience derrière. Merci !

    • Vincent dit :

      « Assumée », c’est un très bon mot pour qualifier leur musique ! Clairement, elles ne s’excusent pas d’être là, et c’est parfait comme ça. Elles sont prêtes, regard bien droit vers leur futur public.
      Merci à toi, surtout, d’avoir commenté cet article et d’avoir eu la curiosité d’aller les écouter 🙂

      Ca compense un peu la douleur intense du nouveau menu WordPress. Jusqu’ici on pouvait le contourner et accéder à l’ancien (par des chemins de plus en plus détournés, cela dit), mais là, c’était le premier article que j’écrivais où il m’était imposé, et je souffre encore d’un stress post-traumatique. Je nous souhaite bon courage, à tous 😥

      • hauntya dit :

        Exactement, je trouve qu’elles ont déjà une sacrée assurance et un sacré charme. En tout cas, je vais les écouter encore un petit moment !
        Ah, oui, moi aussi je trouvais des chemins détournés pour utiliser l’ancien éditeur. (d’ailleurs là je profite qu’il y ait encore partiellement un « ancien éditeur » quand on farfouille en écrivant un article). Mais là, ça y est, il va falloir s’adapter ou survivre…C’est moche ce système de blocs quand même. Courage !!

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