Quelques disques de 2020 dont je n’avais pas parlé ici (notez avec quel brio j’évite de faire un top)

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20 janvier 2021 par Vincent

   Oui, la légende urbaine est vraie : il arrive encore à Survivre la Nuit de parler de disques. La preuve avec ces quelques projets millésimés 2020 que j’ai beaucoup écoutés, mais omis d’évoquer ici.

Soso Maness : Mistral
Probablement l’album rap que j’ai le plus aimé cette année. Enorme ouverture musicale sans jamais s’écarter du rap pur et dur, et presque une redéfinition inconsciente de ce que peut signifier le terme, justement, de « rap conscient ». Rien que pour les deux titres d’ouverture, Mistral et Pinpon, poignants et plus profonds qu’ils n’en ont l’air à la première écoute, ce disque mérite votre temps.
Un peu comme avec PNL, ça fait du bien d’écouter quelqu’un qui sait de quoi il parle quand il évoque la criminalité et la rue, et qui, donc, logiquement, parle de ces thèmes sans complaisance ni vanité. Il est trop tôt pour faire de Soso Maness un grand du rap, mais pas trop tôt pour faire de cet album un grand disque.

Desired : BEST BEFORE 1998
L’album que j’ai le plus écouté en 2020, je crois, la raison en étant qu’il a accompagné, presque invariablement, mes séances d’écriture.
J’avais déjà parlé de Desired il y a un moment et, comme d’habitude, la recette est la même. Les titres de ce disque aurait pu se retrouver sur les précédents et vice-versa, mais franchement, c’est pas grave. Je ne demande pas à ma future funk d’être autre chose qu’elle-même. Des ambiances rétrofuturistes, des néons, des voix japonaises modifiées, des voitures volantes, des pistolets laser. Tout va bien, on est à Kitej.
Si tu ne connais pas encore Desired ou la future-funk plus généralement, t’as là une porte d’entrée qui en vaut largement une autre.

Spectral Castle : Prisoner of the Stone Realm
Dans le même genre d’idée, j’ai également beaucoup accompagné mes errances mentales (les physiques ayant été un peu limitées par le contexte 2020) de ce disque, qui a été mon compagnon dungeon synth de l’année.
Très peu de variations, l’impression pendant quelques dizaines de minutes de visiter seul un château abandonné dans une plaine enneigée. J’avais besoin de ça, souvent, ces derniers mois. Et tu ne me feras pas croire que tu n’en as pas besoin, toi aussi.
A noter que derrière Spectral Castle, il y a l’homme également derrière The IXth Key. Prolifique au-delà du plausible, si tu t’intéresses à son travail (et tu devrais), tu vas avoir des heures de trucs à découvrir… Je t’envie.

Lujipeka : L.U.J.I.
Pendant trop longtemps, j’ai hésité sur mon ressenti vis-à-vis de la cosmogonie Columbine. Tentation de les classer dans un « gag rap » maladroit, ambiguïté autour du génie survendu de leurs paroles, agacement par rapport à leurs références peut-être trop proches des miennes…
Mais non, en fait, maintenant j’en suis sûr : on a de la chance de les avoir, ces enfants terribles. Ils ont apporté un vrai truc dans le rap, très proche, ai-je envie de dire sans trop d’humilité, de ce que j’ai essayé de faire dans Les Derniers des branleurs. Ils sont ces ados assez intelligents pour savoir qu’ils sont impuissants, mais trop cons pour modifier cet état de fait.
Et ce premier EP solo de Lujipeka, moitié des suscités Columbine, confirme tout le bien qu’il faut penser du collectif. Rien que la tristesse lasse du titre La Lune ou la colère résignée de Palapalaba, ça va te faire tes nuits d’angoisse.

HORSE the band : Your Fault
Un simple EP de trois titres dont une reprise inutile du March of the Pigs de NIN, ça fait pas lourd pour marquer une fin d’année, normalement.
Sauf qu’après presque dix ans d’absence, c’est le retour de l’un de mes groupes favoris, ever. Et que les deux autres morceaux sont vraiment du HORSE en grande forme. Faut pas qu’ils se rendorment. Le monde du rock a besoin d’eux et de leur philosophie que je résumerais par : on s’en bat les couilles. Dix ans de sommeil, mais toujours l’un des groupes les plus pertinents de notre sombre monde.

   Voilà. C’était mon non-top de 2020. Je t’imagine avoir été passionné, non ?

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