Super Unison : « Stella »

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9 novembre 2018 par Vincent

   Bon, d’accord, pour un Français, le nom de ce groupe est un peu drôle, on a l’impression de gens qui se tiennent la main et invoquent le pouvoir de l’amitié, mais en vrai, à part ça, y a pas grand-chose pour se marrer, dans ce disque.

   Super Unison est un trio californien, qui sort avec Stella son deuxième album, faisant suite au fabuleux Auto, qui avait déjà fait son petit effet sur mes oreilles il y a deux ans (je n’en avais pas parlé ici pour raisons diverses, parmi lesquelles le fait que je suis une grosse merde). La formule, sans changer drastiquement, évolue quand même un peu : on est toujours face à un hardcore bruyant et sombre, mais les mélodies trouvent cette fois plus facilement leur place, comme sur Parts Unknown (tube immédiat), qui à quelques hurlements près, pourrait presque évoquer les grandes heures de Be Your Own PET. Des titres comme Comfort ou Nev, eux, se parent de voiles atmosphériques qui évoquent doucement le post-rock, Falcon touche au spoken-word emo, et le dernier titre du disque, Scars, outre en être probablement le meilleur, lorgne vers un groove et une structure qui ont quelque chose de presque grunge.
Mine de rien, en dix titres et à peine plus d’une demi-heure, ils arrivent à nous faire passer par pas mal d’ambiances qui, sans jamais vraiment sortir du hardcore, donnent plus de couleurs au voyage que ce que cette pochette quasiment monochrome pourrait laisser penser de prime abord. Tout n’est pas totalement sombre, dans ce disque, même si tout y est, quand même, en colère.

   Un truc qui ne change pas, par contre, c’est une spécificité sonore assez déstabilisante au départ, mais qui constitue désormais, pour moi, la signature Super Unison : la voix de Meghan, la chanteuse, semble toujours un peu lointaine, comme si elle était dans une autre pièce que ses collègues pour enregistrer, ou à deux mètres du micro. Pourtant le son est très bon, hein, c’est clairement pas une « erreur », c’est un parti-pris volontaire. On s’y fait vite, d’ailleurs, et ça finit vraiment par devenir l’un des charmes du groupe.

   De manière générale, cet album a pour destin de devenir la bande-son de trajets en métro, de soirs d’hiver, de tristesses furieuses et solitaires. Il est fait pour la nuit, la survie, la rage et l’attente de l’aurore. C’est un peu de la motivational music pour gloom kids, un truc qui t’aide à tirer une énergie nouvelle de tes sentiments nocturnes. J’ignore si ça en fait un grand disque, mais je sais que ça en fait un disque dont je vais avoir besoin dans les mois qui viennent.

   Pour écouter, acheter, télécharger tout ça, y a l’éternelle page Bandcamp, ou alors, bon, si t’es un ratpi sous drapeau noir, l’un des sites mis en lien dans la colonne de droite du présent blog propose toute la discographie du groupe en téléchargement illégratuit. C’est toi qui voit si t’es un sale fils de pute ou non.


En fait ce titre date du précédent album, mais ils n’ont pas encore fait de
clip pour le nouveau, alors bon, voilà.

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