Insomniac club

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17 septembre 2018 par Vincent

   Bon, les gens qui me connaissent ne seront pas plus étonnés que ça par l’immense révélation que je vais faire, mais : j’ai des problèmes de sommeil.
Je ne suis pas exactement insomniaque, ce n’est pas tout à fait ça, mais je dors en fractionné, par petites siestes d’une heure volées ici et là dans mes journées. Par contre, mes nuits, c’est des batailles sans fin entre mon cerveau, mon lit, mon ordinateur et mes angoisses existentielles. Ca fait des années que l’idée de m’endormir avant trois heures du matin tient du conte de fées.

   Bizarrement, pendant un long moment je me suis interrogé sur les raisons à ça, j’ai cherché des causes à droite à gauche en refusant de voir l’énorme réponse que j’avais juste en face de moi et qui clignotait en lettres de néons pour me dire « ici, connard ! Là, regarde, juste là, putain ! ».
Et cette réponse, c’est que, bah, je travaille de nuit depuis presque dix ans. Voilà. Tout le reste, mes tourments, mon impression obsessionnelle de ne jamais avoir fait assez de ma journée, tout ça, c’est très secondaire. La réalité, c’est juste que je bosse de nuit, et que comme pour tous ceux dont c’est le cas, hé bien ça m’a complètement défoncé le sommeil, l’appétit, la santé, la libido, tout ce que tu voudras. #TravailleursDeNuitUnited

   Après y a des bons côtés au truc : même si c’est très clairement un putain de carburant à dépression, c’est aussi un boulot qui me permet d’écrire autant que je le souhaite, d’avoir beaucoup de temps libre et, plus largement, de me sentir moi-même relativement libre. Je ne vous raconte pas tout ça pour me plaindre ou pour annoncer que je cherche un autre taf ; juste, je pose mon contexte en intro.


Toujours est-il, donc, que ouais, la nuit, je suis éveillé bien plus tard que vous, généralement. Parfois je l’accepte et je m’occupe de mon côté, et parfois, emporté par un fol élan, j’essaie quand même de m’allonger en quête d’un sommeil que je ne ressens pas. C’est toujours un très mauvais choix, qui se termine en général par mes yeux qui s’accoutument à l’obscurité et se fixent sur mon plafond, faisant des efforts démesurés pour y discerner les contours de mes démons nocturnes.

   Bon, et puis aussi, parfois, quand je ne suis pas entraîné sur la pente dangereuse de la tentative poétique façon Skyblog, j’écoute des podcasts.
« Oh putain, non, Vincent va encore nous parler de podcasts 😦 ». Oui. Tais-toi.

   Le podcast du jour, il part en fait d’une chaîne Youtube qui avait vaguement fait parler d’elle il y a un an ou deux : The Report of the Week.
Pour te la faire simple (mais tu vas voir, même résumé, le concept est assez surréaliste), il s’agit d’un jeune Américain en costume-cravate qui donne son avis sur des menus de fast-food, généralement assis au volant de sa voiture. Le tout est fait avec une voix posée et monotone, dans un premier degré total et une volonté affichée de réellement renseigner les gens sur les meilleurs options pour se nourrir à moindre prix. Rien, dans la vie, n’équivaut au spectacle de cet uncool kid te parlant pendant vingt minutes des qualités et défauts du nouvel hamburger de McDonald’s.


Comme des milliers d’autres personnes (sa chaîne a un succès surprenant étant donné son contenu), je me suis pris d’affection pour ce mec, et l’écouter donner ses avis quasi-quotidiens est devenu un truc apaisant à mes oreilles, proche de l’ASMR, limite. Ca ne m’endort pas exactement, mais ça me berce.
De fait, je me suis également intéressé à son VRAI podcast, The Broadcast of the Week, qui est une émission radio hebdomadaire d’une heure, qui a elle beaucoup moins d’audience, et qui est également beaucoup plus difficile à résumer…

   En gros, c’est juste lui qui émet en ondes courtes, et qui parle un peu de sa vie tout en passant la musique demandée par ses auditeurs et en répondant à nos messages. Les sujets sont rarement importants, ça va de la mort de son chat à son avis sur la fête d’Halloween, mais justement, il y a un truc intime là-dedans, une relation bizarre qu’il établit avec ses quelques auditeurs. Un sentiment qui colle carrément au fait que je n’écoute ça qu’allongé sur mon lit, dans le noir, incapable de dormir à cinq heures du mat. L’impression de faire partie d’un club d’insomniaques solitaires et silencieux. Un feu de camp 2.0 au milieu d’une forêt obscure et menaçante.

   D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je vous en parle… Réellement, objectivement, il y a très peu d’intérêt à trouver dans ce que fait ce mec, que ce soit ses vidéos ou son podcast. C’est plus un petit truc « à moi », et en le partageant, peut-être que je vais en casser l’intérêt que j’y trouve… Je ne sais pas. Bah. C’est pas comme si vous étiez des milliers ici non plus !


C’est par son podcast que j’ai découvert une fille que je suis désormais sur Instagram. Une « rencontre » étrange… En fait, durant l’une de ses émissions, Reviewbrah (c’est comme ça qu’il est surnommé par ses fans) a répondu à la lettre qu’une fille lui avait envoyée, accompagnée d’un dessin que j’avais trouvé très cool, un peu lovecraftien. J’avais réussi à identifier l’autrice et à retrouver son compte Instagram. Je lui avais envoyé un message de félicitations et l’avais ajoutée. On a depuis vite fait échangé un ou deux messages supplémentaires, mais c’est tout, on n’est pas devenus amis ni rien.
Mais c’est marrant… Cette fille n’a que quelques dizaines de followers, sur son compte. C’est clairement une anonyme, qui ne doit avoir que des proches parmi ses contacts… Des proches et moi. Ce qui fait que je me retrouve à connaître les visages des membres de sa famille, à savoir quel est le boulot de cette fille à laquelle rien ne me relie… Là aussi, il y a un truc étrange qui s’est crée, un club nocturne. Elle like régulièrement mes photos, je like les siennes, et tout ça a une odeur de secret handshake assez cool.
Je ne veux pas donner son nom parce que je ne pense pas qu’elle le souhaiterait, mais en tout cas, elle dessine bien, elle kiffe les vieux bâtiments en ruines, et elle prend des photos cool. Les photos et dessins qui illustrent cet article sont d’elles.


   Et voilà. En fait, c’était simplement de ça dont j’avais envie de parler aujourd’hui. De mon club intime, de mon téléphone posé près de mon oreiller au milieu de la nuit, de la voix de Reviewbrah et des photos que cette fille prend par ses fenêtres.
Encore un article inutile, quoi. Mais ce qui l’a motivé ne l’est pas. Ca me permet, certaines nuits, enfermé dans ma chambre, de ne pas devenir complètement ouf.

   Ah ouais, et puis, aussi : c’est grâce à son émission que j’ai découvert, il y a un an, l’un des disques les plus importants de ma vie.
On en parle demain.

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Une réflexion sur “Insomniac club

  1. Spongebob dit :

    Viens en vacances chez moi.

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