Cab Driver Stories : « Free Myself From You »

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22 janvier 2017 par Vincent

cab-driver-stories-free-myself-from-you   Je sais pas pour vous, mais moi en fait c’est rare qu’une critique de disque me pousse réellement à aller écouter l’album dont elle parle, même quand elle en dit le plus grand bien.
En général il m’en faut plusieurs, et peut-être aussi quelques avis de potes sur Facebook, et puis pourquoi pas la lecture d’une interview ou quoi… Il y a un effet d’accumulation, la nécessité pour mon cerveau que le nom du groupe lui soit répété plusieurs fois. Ensuite seulement il accepte de s’y pencher.
C’est pour ça que parfois, je me dis que ça ne sert pas à grand-chose, quand je vous parle ici de disques sortis il y a un peu longtemps. Parce que je vais être le seul à le faire à ce moment précis de vos vies, et ça ne suffira pas à vous mettre en relation avec le disque en question.
Vous savez, avec les statistiques WordPress, je vois ce que vous faites sur mon blog, globalement. Je vois, notamment, que vous cliquez assez peu sur les liens que je vous propose. La preuve. Zéro jugement, hein, c’est pas grave, je fais pareil, sur la plupart des blogs que je visite. La plupart d’entre nous lisons des blogs juste pour retrouver la prose d’un auteur qu’on aime bien, et pas vraiment pour découvrir des trucs.
Mais ce que je veux dire, c’est que l’exercice de la critique de disques auquel je me prête ici est en réalité assez vain. Sur les quelques dizaines de personnes qui me lisent, combien écoutent les disques dont je parle ? Trois, quatre ? Plus ? Moins ? Je crois assez au « moins ». C’est aussi pour ça que j’ai souvent envie d’arrêter. Mais généralement, après, je regarde ma vie, et je me souviens que je n’ai rien de plus intéressant à en faire.

   Pourquoi je te raconte tout ça ? Parce que l’album du jour est sorti il y a plus d’un an. Et que, donc, en en parlant aujourd’hui, je sais que je risque d’être la seule voix à prononcer son nom près de tes oreilles, et que ça n’aidera pas à gonfler les chances que tu t’y intéresses. Alors, d’une certaine façon, à quoi bon ?
Mais en même temps, c’est maintenant ou jamais, vu que le groupe fait en ce moment même ses derniers concerts avant une longue pause… Et puis en plus il est bien, ce disque. Alors, à quoi bon, peut-être à rien, mais je te l’ai dit : là, tout de suite, je n’ai rien de mieux à faire. Alors parlons de Free Myself From You, le premier album des Français de Cab Driver Stories.

16002966_1640192779341134_4017362513605351371_nMardi prochain, dernier concert du groupe avant un moment.
Si t’es dans le coin, tu n’as probablement rien
de mieux
à faire de ta soirée, alors vas-y.
Le flyer est mortel, au passage.

   Depuis maintenant pas mal d’années, je suis en contact régulier avec Nasty Samy, activiste infatigable de la scène française dont le site est d’ailleurs dans les liens de ce blog depuis le jour 1. J’ai participé à l’un de ses livres, on échange souvent des mails, et je suis globalement ses activités d’assez près. J’avais donc entendu parler de Cab Driver Stories, son cent vingt-huitième nouveau groupe, en temps et en heure, il y a une grosse année. Mais bizarrement, je ne m’étais pas jeté dessus, je ne sais plus du tout pourquoi. Peut-être qu’au moment de la sortie j’étais occupé à d’autres choses, et puis que finalement j’avais zappé.
Ca m’étonne moi-même, parce que sur le papier, normalement, ça aurait dû être ma priorité. Entends-moi, lecteur : dans Cab Driver Stories, outre le suscité sieur Nasty, il y a Sylvain, le batteur-chanteur qui, à ses côtés, avait tenu au début des années 2000 le groupe Second Rate, qui reste encore aujourd’hui l’un des seuls groupes français d’emo-rock à valoir ton temps d’écoute disponible. Second Rate, c’était un peu nos The Get Up Kids à nous. Ou plutôt nos Mineral. Ou peut-être nos The Promise Ring. Enfin, je suis pas très bon, en comparaisons, mais t’as compris. Bref, Second Rate, c’était mortel, ça l’est toujours aujourd’hui même si ça n’existe plus, et à l’idée que Cab Driver Stories réunissait deux de ses membres, j’aurais dû me rouler par terre en bavant.

   Pourtant, j’aurais fait une erreur : non pas que cet album ne mérite pas ma crise d’épilepsie, mais plutôt, Cab Driver Stories n’est pas Second Rate. Même si on peut retrouver quelques discrets accents emo 2000’s ici et là, c’est plutôt vers la power-pop et le grunge que les mecs se sont tournés. Ca joue fort, pas spécialement vite, avec la tranquillité musclée d’un groupe qui semble avoir davantage envie de raconter des histoires, de poser des images musicales, que de faire ressentir des émotions adolescentes. C’est un disque qui, selon moi, s’adresse à des adultes, à des gens qui connaisse un peu le rock, qui sauront dans quel coin de l’arborescence de cette musique placer cet album. Un disque fait pour l’autoradio d’un mec qui roule tout seul, un dimanche après-midi, sans trop savoir où il va.

   Le chant est rugueux, les guitares vibrent avec un son organique, les mélodies sont évidentes sans jamais être pop, les arrangements sont peu nombreux, et la rythmique tient la baraque avec tranquillité et assurance, sans ressentir le besoin d’accélérer alors que la route est dégagée. C’est le mot, ouais : il se dégage de cet album de l’assurance. La certitude, tant de la part des musiciens que de l’auditeur, d’être réunis autour d’un bon disque, ni plus ni moins.

   Dix titres (dont deux qui font plutôt figure d’interludes à base de samples de dialogues), une grosse demi-heure, et le paquet est ficelé. Il y a très peu de gras ici, et aucun titre qui aurait mérité de plutôt rester dans un placard. La culture musicale qui est convoquée sur ce disque (je pense notamment beaucoup au groupe américain Paw, si tu vois de quoi je parle) est maîtrisée à la perfection par le groupe, qui a dû écouter ça régulièrement depuis vingt-cinq ans, et il n’y a ni faute de goût ni errance. Ca file droit, ça sait exactement ce que ça veut faire, et ça le fait, aussi simple que ça. Et visiblement, ce que ça voulait faire, c’était un bon album de rock. Mission réussie.

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3 réflexions sur “Cab Driver Stories : « Free Myself From You »

  1. kPt3r dit :

    Mince, le flyer, c’est Fargo !

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