Last Of The Believers : « Paper Ships Under A Burning Bridge »

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6 janvier 2017 par Vincent

last-of-the-believers   L’EP dont on parle aujourd’hui est sorti en 2007. Les cinq titres qu’il contient sont, pour autant que je sache, les seuls qu’ait jamais enregistrés le groupe. Et en plus, rien dans ce disque ne mérite d’en faire un monument à écouter absolument, ni même un petit trésor oublié qu’il faudrait redécouvrir aujourd’hui.
Alors pourquoi j’en parle ? Au hasard de ma collection de mp3, j’ai juste pas mal refait tourner ce disque aujourd’hui. Et bizarrement, j’ai l’impression d’avoir un truc à dire à son sujet. On verra à la fin de l’article si je me trompe.

   Evacuons tout de suite l’administratif ! Donc, Paper Ships Under A Burning Bridge est le seul disque qu’ait jamais sorti Last Of The Believers, un groupe composé, entre autres, d’ex-Rise Against et Ignite. D’ailleurs, l’influence de Rise Against se fait grave sentir sur cet EP, notamment sur les deux titres d’ouvertures, les excellents Dissent et Throwing Matches. Clairement, ces deux chansons pourraient avoir été composées pour Rise Against qu’absolument personne ne s’en étonnerait.
Le reste du disque se détache un peu de cette influence, avec deux bons petits brûlots hardcore-punk des familles, et un excellent You Get What You Get qui rappelle les belles heures de The Get Up Kids, si on oublie un mystérieux pont à la double-pédale qui sort de nulle part.
Globalement, il s’agit donc d’un très bon EP, qui ne contient rien à jeter, et qui, le long de son petit quart d’heure, fait excellemment bien le travail. Il reste néanmoins un peu trop proche de ses influences pour pouvoir prétendre à une quelconque importance dans l’histoire du rock, et voilà. Si le groupe avait été encore actif aujourd’hui, j’aurais dit un truc genre « j’ai hâte de voir ce qu’ils peuvent révéler d’eux-mêmes sur un long format ».
Fin de la critique.

   Le truc, c’est que justement, le groupe n’est évidemment plus actif, il n’y a jamais eu de long format, et sans surprise, d’importance dans l’histoire du rock, cet EP n’en a absolument aucune. Aujourd’hui, concernant Last Of The Believers, bonne chance pour trouver quoi que ce soit d’autre que cette interview d’époque. Pour te dire, j’ai même galéré à déterrer le .jpg de la pochette pour l’article.
Et pourtant, c’est un bon EP. Rien de fou, mais son écoute est ultra agréable, même deux trois fois de suite, comme tout à l’heure dans le métro.

   Et en fait c’est de ça dont je veux parler. De tous ces disques sympas qui pleurent discrètement sur mes étagères, de tous ces autres qui font de même sur les tiennes… Tous ces groupes qui étaient presque bons, qui auraient presque pu réussir à marquer des gens, mais qui ont manqué leur fenêtre de tir. Toutes ces chansons aujourd’hui oubliées.
Si je possède ce cd, c’est simplement parce que j’étais tombé dessus au hasard d’un site internet sur lequel je faisais mes courses musicales, et que la mention « with ex-members from Rise Against » m’avait attiré, autant que le prix de tout juste quelques dollars. Probable qu’à la même période quelques autres aient fait de même, pour des raisons exactement similaires. Quelques personnes encore ont dû acheter l’EP à un concert d’un groupe plus gros dont Last Of The Believers avait réussi à faire la première partie, et puis à part ça, fin de l’histoire, on remballe le stand.

   J’en ai vraiment plein, des disques comme ça. Des fragments oubliés d’une oeuvre qui n’a pas réussi à se construire et dont les auteurs ont aujourd’hui disparu, retournés à la caisse de l’épicerie de leur ville ou aux cuisines d’un fast-food.
Parce que, oui, je ne parle pas simplement de groupes qui n’ont jamais réussi à devenir énormes et qui se contentent de jouer, discrètement mais noblement, en deuxième division. Ni de mystérieux groupes cultes dont l’unique album fait figure de monument pour les fans d’un style ou d’un autre. Je parle de groupes « talentueux mais pas assez », qui n’ont existé que le temps d’un disque ou deux avant d’imploser en silence, sans que quiconque ne s’intéresse réellement ni à leur existence, ni à la fin de celle-ci, que ce soit à l’époque ou aujourd’hui.
Dans mon cas, ma collection du genre se concentre particulièrement sur le neo-metal et le pop-punk de la période 2000-2010. Ca pourrait être marrant d’en faire une rubrique. Dites-moi si ça vous intéresse. On pourrait appeler ça « la fosse commune », ou un autre truc joyeux du genre.

   Au final, je crois que c’est contre ce genre de destin que doit se préparer à lutter n’importe quel artiste. Je n’éprouve qu’empathie et solidarité pour Last Of The Believers.
Inutile de dire que je n’ai aucune idée de comment se procurer l’EP, aujourd’hui en 2017. Tu peux au moins regarder ce clip, si tu veux.

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