2016 est morte, vive Terrortriste ! Merci à tous.

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2 janvier 2017 par Vincent

   Au début je voulais faire un article genre « bilan personnel de 2016 », et puis rapidement je me suis rendu compte que je n’arrivais à focaliser mon clavier que sur les trucs merdiques qui me sont arrivés cette année. Alors qu’en réalité, y a eu des trucs bien, aussi. Faut avoir connu l’espoir pour pouvoir connaître la déception. Ce genre de phrases à la con.
L’une des choses les plus satisfaisantes de l’année, ça a été Terrortriste – dernière édition, le recueil de mon vieux fanzine que j’ai sorti, par mes propres moyens, il y a quatre mois.
Histoire d’essayer de me redonner un peu foi en moi-même, je me dis que faire un vague bilan de l’expérience pourrait ne pas être le pire moyen de démarrer cette nouvelle année. Peut-être que vous y trouverez quelque chose pour vous, également. J’espère.

Couverture petit

   Ce qui a initié cette réédition, outre le fait qu’on continuait encore à me parler de ce zine plus de dix ans après sa sortie originelle, ça a été les déceptions que j’ai vécues, ces dernières années, vis-à-vis de mon activité d’écrivain, notamment autour de mes romans Teliam Vore et Tifenn : 1 – Punk : 0. Rien de spectaculaire ou scandaleux, hein, j’ai pas d’énormes ragots à raconter sur le monde de l’édition, mais simplement, j’ai l’impression, depuis que j’ai commencé à être édité, de me trouver dans un couloir particulièrement étroit, artistiquement. Un couloir qui a été bâti par d’autres, qui eux ont des hélicoptères pour le survoler et continuent pourtant à nous dire, à nous auteurs, que non non, faut pas désespérer, y a bien une porte au bout du couloir, faut juste qu’on continue à avancer sans poser de questions, et on finira par la trouver.
Comme le prouve cette métaphore des enfers, mon talent littéraire n’a bien sûr rien à voir avec le succès jusqu’ici poliment modéré qui a entouré mes histoires.
Bon, en gros, pour le moment, l’édition professionnelle m’a surtout donné l’impression de brider ce que j’avais réellement envie de raconter et de me pousser vers une voie artistiquement plus balisée. Le tout pour un salaire misérable et un soutien marginal.
Donc, ouais, l’un dans l’autre, je me suis demandé pourquoi je n’essaierais pas de faire un truc complètement par moi-même, juste pour voir. Je n’avais absolument rien à perdre. La « réputation vis-à-vis des éditeurs », c’est une légende, et je le constate aujourd’hui, tout le monde s’en fout complètement que vous ayez ou non sorti un truc en autoédition. Ca ne va pas niquer vos chances de quoi que ce soit.

couverture-serigraphiee-prototypePrototype de la couverture sérigraphiée de l’édition limitée,
créée par les Presses Ambulatoires.

   Donc, Terrortriste – dernière édition.
J’ai fait imprimer, à mes frais, 121 exemplaires du recueil, que j’ai vendus 21 euros pièce. Ca me semblait super cher, au départ, mais l’idée était de réussir à gagner autant d’argent (soit l’incroyable somme de mille euros) que ne m’en avaient donné mes éditeurs pour mes romans publiés professionnellement. Si je ne pouvais pas toucher ça, je me disais que, d’une certaine façon, ça rendait l’entreprise un peu moins ironique.
Après, en vrai, j’ai réalisé que 21 euros pour un livre A4 de 352 pages illustrées, imprimées sur un bon papier, c’était pas du tout un prix malade. Mais j’avais abordé ce recueil avec une optique fanzine punk, et… Enfin, j’y reviendrai.

   Sur les 121 exemplaires, j’en ai vendu aujourd’hui les deux tiers. Je me suis déjà remboursé et les bénéfices ont commencé. Merci à tous. Sincèrement. Je sais que ça sonne super creux, mais je vous jure que je suis ultra touché par chacune de vos commandes, et que je n’oublierai pas les gens qui étaient là pour Terrortriste ces quatre derniers mois. Je suis bien placé pour savoir que ça signifie réellement quelque chose. Que mine de rien, oui, il y a un « acte culturel » derrière les clics que vous avez faits pour commander le bouquin d’un mec que vous ne connaissez pas et dont aucun magazine n’a jamais parlé. Toute cette connerie n’aurait eu aucun sens si vous n’aviez pas été là. Depuis septembre, vous avez sauvé le bilan de mon année.

pochette-cd-lofiPochette de la mixtape qui accompagnait également l’édition limitée.

   Après, le succès, certes à échelle humaine mais tout de même réel, de cette première tentative d’autoédition est à mettre en relation, quand même, avec la nature de Terrortriste. Je n’ai pas tenté de vendre un simple roman, mais un gros fanzine bourré de photos, de dessins, de références culturelles dans tous les sens et de chroniques débiles. Un fanzine qui, dans son identité même d’oeuvre énervée et morveuse, demandait à être sorti en indépendant. Et surtout, je vendais un titre que pas mal de gens connaissaient déjà et voulaient revoir. Je reste absolument persuadé que si j’avais fait la même tentative avec l’un des romans récents qui dorment sur mon disque dur, j’en aurais vendu quinze et fin de l’histoire.
Ce que je veux dire par là, c’est que ce relatif succès de Terrortriste – dernière édition ne me chauffe en aucune façon pour me lancer clairement dans une carrière indépendante. Ce qui a marché sur ce projet précis ne pourra à mon sens pas être reproduit sur n’importe quel autre.
Donc ouais, bilan positif, mais bilan du bilan encore flou. Terrortriste – dernière édition a fonctionné au-delà de mes espoirs, mais je ne sais pas encore ce que ça signifie pour la suite. Pour le moment, je me contente de savourer la place libérée dans ma chambre par la partie du stock qui en a disparu.

618Exemple du lexique incroyablement étendu de Terrortriste.

   Un truc bizarre qui m’a autant surpris que les ventes plutôt très chouettes du recueil, c’est par contre l’absence quasi-totale de retours publics que j’ai eus, notamment de la part de la scène punk indépendante. Je me doutais que les médias mainstream n’auraient rien à foutre de mon recueil, mais je pensais avoir plus d’écho de la part des gens de la scène.
J’ai eu beaucoup de retours super cool et touchants en privé, quasiment de votre part à tous, mais par contre, presque aucun article (énorme merci au frérot Mickson de me permettre de mettre « presque » dans cette phrase). Avant la sortie du recueil, plusieurs personnes m’avaient proposé de relayer le truc, de m’inviter ici ou là pour en parler… Après, bizarrement, tout ça s’est évaporé. Je ne sais sincèrement pas pourquoi, et je n’en veux, tout aussi sincèrement, à personne. Chacun mène sa barque comme il l’entend, et personne ne me doit rien. C’est simplement intéressant de voir que même dix ans après sa sortie, Terrortriste continue à ne pas être assez punk, ou trop, ou pas de la bonne façon, ou je n’en sais rien. Je savais que je sortais ce truc seul, par moi-même, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point.
Après, la promo continuera, pour moi, jusqu’à la vente du dernier exemplaire, et je ne désespère pas de faire un peu parler du projet. Merci, déjà, à tous ceux qui le soutiennent simplement en le lisant. Au final, c’est de ça qu’il s’agit. Le reste, c’est périphérique. Les lecteurs, vous, c’est ce qui restera.

15609192_10154326848841775_926954926_oL’article de Mickson, paru dans son zine Shot Down. Merci, amigo !

   Egalement, depuis quelques mois, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis devenu vendeur de lessive : je fais régulièrement la tournée des librairies pour essayer d’y placer le recueil. Ca m’a demandé pas mal de courage, parce que c’est un truc que je déteste faire. Je suis très mauvais pour me vendre, encore plus en personne. Mais en fait, je suis toujours bien reçu, et même si la plupart des librairies ne me prennent pas d’exemplaires, d’autres le font, et certaines ont même carrément soutenu le projet. Je vais bientôt poster une liste des endroits où vous pouvez trouver le livre, mais ce sera dans un autre article, histoire que ce soit plus clair. En attendant, simplement, grosse dédicace à la librairie parisienne Vendredi, qui a fait de Terrortriste l’un de ses choix de décembre, et lui a même donné une belle place dans sa vitrine. Ca tue, et c’est le genre de soutien qui officialise un peu que tout ça n’a pas été fait pour rien. Ca sonne super vaniteux ou quoi, mais bon, quand tu décides de publier tes livres, t’es toujours un peu animé par une envie de reconnaissance, je pense.

12Ce tag d’époque est encore presque lisible, dans la ville de mes parents,
dix ans plus tard.

   Alors voilà. Quatre mois après sa sortie, Terrortriste – dernière édition fonctionne, et semble plaire autant à ses nouveaux lecteurs qu’à ceux qui connaissaient déjà ses errements adolescents. Ca me rend heureux. J’ignore encore ce que ça signifiera ou non pour la suite de ma « carrière », mais je sais en tout cas que la promotion et le suivi de cette publication m’ont bien plus motivé et rendu fier que ceux qui avaient accompagné mes romans publiés professionnellement. Défauts ou qualités, réussites ou échecs du truc, tout ça m’appartient. 2016 était à chier, mais ça, ces quatre derniers mois, c’était bien. Merci à tous.

   En cadeau bonus, ou cadeau de Noël en retard, ou ce que vous voudrez, j’ai envie de filer à ceux qui connaissent déjà le recueil la clé pour en décrypter le dernier easter egg. Il y a en effet un truc bien caché dans cette Dernière édition : ses pages noires. Celles avec le long code binaire.
En cliquant sur ce lien, vous comprendrez peut-être quoi en faire. Préparez-vous à un peu de copier/coller.

   Encore merci, mille fois.
N’hésitez pas à m’envoyer un message si vous avez des questions sur l’autoédition et ce genre de trucs, j’essaierai d’y répondre du mieux possible.
Bonne année 2017 à tous. On va essayer d’aller mieux, ok ?

   Pour acheter Terrortriste – dernière édition :

Version papier : 21€ + 5€60 de port
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Version PDF : prix libre
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Télécharger gratuitement la version PDF

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