Bitpart : « Beyond What’s Left »

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20 décembre 2016 par Vincent

cover   Découvert grâce au fanzine Big Up Girls, Bitpart est un groupe parisien qui commence visiblement à se faire pas mal connaître dans la scène punk indé.
J’étais donc évidemment passé à côté, vu que je ne fréquente plus trop ladite scène. Je me suis un peu lassé de son paradoxe entre le rejet affirmé des valeurs dominantes et leur reproduction permanente au sein même de la scène. Au bout de quelques années à y traîner, celle-ci ne m’a plus paru être peuplée que de prédicateurs qui s’ignorent, de conservateurs qui estiment que tout le monde doit suivre au millimètre près le parcours qu’eux-mêmes ont suivi vingt ans plus tôt, de cyniques incapables d’avoir un échange au premier degré, et de gourous de proximité jouissant de leur influence sur les seize personnes qui croient à leurs inepties.
En vrai c’est évidemment un effet déformant dû à la fatigue sociale qui m’avait gagné à l’époque, il y a aussi plein de gens géniaux dans ce microcosme, mais… Bah c’est comme dans n’importe quel microcosme, quoi. La « scène punk », in fine, c’est juste un club privé parmi mille autres.
Bon, ça c’était juste mon intro « tout le monde est nul », parlons plutôt de Beyond What’s Left, le deuxième album de Bitpart.

   Donnant dans le punk-rock mélodique, le trio parisien balance ici treize titres énergiques, sans arrangements, souvent un peu plus longs que ce à quoi le style m’a habitué (ça dépasse majoritairement les trois minutes, donc c’est quasiment du doom, à l’échelle du punk-rock), avec le son typique du groupe DIY français, du chant mixte en anglais, des paroles qui parlent d’indépendance, de rapports humains, de féminisme et de ne pas trop savoir quoi faire de sa vie. Ca ne chante et joue pas toujours très très juste, mais ça fait partie de l’esthétique du disque, de temps en temps ça s’énerve un peu (le titre Let Me Explain, par exemple), parfois, ça se rapproche davantage de la pop (Tiny Box, au hasard), et voilà.
En gros, c’est très classique, à la limite de l’exemple scolaire de ce que j’entends quand je parle de « punk indé ».

   Et pourtant, bah depuis une semaine je l’écoute plusieurs fois par jour, et il a déjà accompagné des situations super différentes, avec à chaque fois le même à-propos. Il y a une espèce de sentiment de proximité qui se dégage de ce disque, l’impression qu’il a été fait par des potes pas très différents de moi. Il n’a pas cette distance, cette inaccessibilité, qu’ont la plupart des autres disques que j’aime. Beyond What’s Left me donne l’impression (évidemment fausse, vu mon manque total de talent en musique) d’être le genre de disque je ferais si j’avais un groupe.
Les sentiments évoqués par la musique de Bitpart ne sont jamais ni dépressifs ni joyeux, toujours dans un entre-deux, et ça crée une nappe super adéquate au quotidien un peu gris de cette saison.
Je ne sais pas trop si tu vas comprendre, je ne sais même pas si moi-même je comprends, mais je trouve que c’est un disque « réaliste », même pas spécifiquement dans ses paroles, mais dans sa musique, dans son son, dans ses aspirations à taille humaine, dans tout.

   Bref, malgré ce que mon texte doit laisser penser, je l’aime bien, cet album, en fait.

   Pour le choper en physique ou en mp3, tu vas comme toujours sur leur page Bandcamp, où tu pourras également le télécharger moyennant un prix allant de zéro à l’infini. Il n’est pas encore trop tard pour un dernier cadeau de Noël.
Ah, et contrairement à ce que pourrait laisser croire la qualité de la vidéo avec laquelle je te laisse, Beyond What’s Left est bel et bien sorti cette année, et pas en 1991.

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