Big Up Girls #4

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18 décembre 2016 par Vincent

20161216_185345   Photo mal cadrée, chat qui baille, aujourd’hui on parle d’un fanzine. Plus précisément du numéro 4 de Big Up Girls, un titre qui se focalise sur les filles dans la scène punk indépendante française.

   La couleur est annoncée dès la couverture (… Qui est en noir et blanc… Ceci est une blague de très haut vol, n’hésite pas à la relire plusieurs fois pour te gausser à satiété) : « Fanzine musical & féministe ».
A l’intérieur de ces trente-six pages A5, une dizaine d’autoportraits de filles qui jouent dans des groupes (Bitpart, Apache, Potence, Mme Ex…) ou qui dessinent, quelques mots sur des BDs écrites par des filles, et des reports concernant des débats sur la question du genre dans la scène punk et le Queer Rock Camp d’Olympia, dans l’état de Washington. Le tout est organisé par une fille qui s’appelle Mélanie et dont je serais bien incapable de te dire quoi que ce soit vu que je ne la connais pas.

   Bref, il n’y a que des filles qui écrivent, et qui n’écrivent que sur des filles. Et c’est très bien ainsi.
J’ai malheureusement encore un problème à me revendiquer féministe. Je pense, ou du moins j’espère, l’être au maximum au quotidien, mais j’ai toujours un peu de réserve lorsqu’il s’agit d’en débattre. En tant que mec, en fait, je crois que j’ai peur, en m’impliquant ouvertement pour cette cause, de faire sans même m’en rendre compte ce qu’on appelle du « mansplainning » : en gros, de dire aux femmes, à leur place, ce qui serait bien pour elles. Finalement, de rester le chef, comme à peu près tout le temps.
C’est un truc paradoxal, parce que justement, puisque la société dans laquelle nous vivons est encore extrêmement patriarcale et masculine, il semble indispensable, pour que le féminisme puisse devenir quelque chose de vraiment susceptible de corriger le déséquilibre, que les hommes eux-mêmes y adhèrent et s’en revendiquent. Mais il faut que nous parvenions à le faire sans le phagocyter et le transformer en un énième levier destiné à maintenir en place le statu quo.
C’est un sujet vraiment très compliqué, encore trop pour moi aujourd’hui, et c’est la raison pour laquelle je me contente généralement de faire attention à mon attitude, à mes réflexes, et de soutenir en arrière-plan les initiatives féministes sans trop oser m’en approcher. C’est un peu lâche, très tiède et sûrement inutile, mais je n’arrive pour le moment pas à complètement démêler mon noeud à moi sur cette question. Ca viendra probablement avec le temps, les rencontres et les lectures.

   Notamment, donc, avec ma lecture de ce numéro de Big Up Girls. En étant écrit par des filles, sur des filles (mais pas, et c’est important, « pour des filles »), ce zine répond en partie à mon problème. Les participantes s’occupent elles-mêmes du sujet, et disent ce qu’elles ont envie d’en dire sans demander l’autorisation ou la validation de qui que ce soit.
Et le résultat, et ça aussi c’est important, c’est un chouette zine, qui se lit  facilement et vite, et qui réussit la prouesse de ne quasiment pas se répéter dans les idées développées, malgré le fait qu’il tourne principalement autour des autoportraits suscités, exercice qui aurait vite pu devenir un peu redondant. Les différentes intervenantes posent des questions différentes les unes des autres, et y apportent des réponses parfois contradictoires, qui poussent à la réflexion. Est également évitée la tendance à virer à l’exposé universitaire, qui alourdit souvent les zines engagés.

   Evidemment, comme annoncé, le propos se concentre quasi-uniquement sur le féminisme au sein de la scène punk. Ca ne contredit malheureusement pas un autre travers de ladite scène (à savoir son culturocentrisme, l’espèce de sentiment inconscient que diffusent pas mal de ses participants d’être l’alpha et l’oméga de la société humaine), mais en même temps, il faut bien commencer quelque part, et commencer par ce qu’on connaît ne me paraît pas être la pire des solutions.
Surtout que la scène punk en question se revendique très majoritairement de causes progressistes, antiracistes, antisexistes, féministes, ce qu’on voudra… Mais qu’au final, on y voit surtout des groupes qui se ressemblent tous et qui sont composés de mecs blancs et hétéros de vingt-cinq ans. Rappeler ça, et poser la question de savoir si c’est un problème ou non, ne me paraît pas inutile, et ce numéro de Big Up Girls me semble le faire bien.

   Pour choper le zine (qui est vendu à prix libre), tu peux aller voir Coxs, qui s’occupe de la distro Motor Books & Psycho Zines, c’est à elle que je l’ai pris. Ou alors tu le commandes en ligne à La Distroy. Ou carrément, tu remontes à la source, et tu vas sur le Tumblr du fanzine. Enfin, tu es libre, quoi. La fin justifie les moyens.

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