Sing Street : Original Motion Picture Soundtrack

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31 octobre 2016 par Vincent

sing-street-soundtrack   Hier j’ai été voir Sing Street avec une amie. On en est ressortis avec le même avis : c’était un film tellement cool qu’il aurait mérité d’être bon. J’explique.
Sing Street raconte l’histoire, dans les années quatre-vingt, d’une bande de lycéens irlandais qui créent un groupe.
Ca c’est le point de départ, et rien que dans ces quelques mots, normalement y a tout pour faire de ce truc mon nouveau film favori. Surtout que l’image est belle, que les ados ont des bonnes gueules, et que globalement, tout se tient extrêmement bien.
Sauf que malheureusement, alors que le film fait quand même genre une heure quarante, il paraît à la fois trop court et trop long. On sent grave les coups de ciseaux qui ont été fait à l’arrache dans le script. Certaines scènes durent beaucoup trop longtemps, tandis que des plans de trente secondes auraient mérité de durer cinq minutes. Les personnages secondaires ne sont jamais développés, et la progression de ces gosses un peu nullos qui finissent par devenir un putain de groupe est tellement rushée qu’elle finit par sembler artificielle.
Et putain de merde, ça fait super chier, parce que ce film contient tous les éléments pour être excellent, culte, même. Il rate juste la cible de quelques centimètres. Mais peut-être que c’est mon âge, aussi, je ne sais pas. Y a fort à parier que si je l’avais vu à quinze ans, je serais ressorti du ciné avec une envie dévorante de créer un groupe et de me faire tatouer le titre du film au-dessus de la bite.
Un truc, par contre, qu’à mon avis très peu de gens reprocheront à Sing Street, qu’ils aient quinze ou trente-deux ans, c’est sa musique. Et vu que le film tourne quand même majoritairement autour de ça, c’est plutôt rassurant. Parlons de cette putain de bande-son.

   Je passe très rapidement sur les quelques titres d’époque qui constituent la moitié du disque : on retrouve The Cure, The Jam, Duran Duran ou le Stay Clean de Motörhead (et, très mystérieusement, un titre de M, aussi. Ne me demande pas d’explications, je n’en ai pas). Bref, c’est la tarte à la crème de la B.O. eighties, rien de spécial à en dire. On zappe, et on s’intéresse plutôt aux huit titres et demi composés spécialement pour le film et signés sous le nom de, justement, Sing Street, le groupe formé par les gamins.
Bon, en vrai, à la composition, on a Gary Clark, le chanteur de feu Danny Wilson et King L, ainsi que John Carney, le réalisateur du film. Pour la performance, par contre, c’est plus cryptique : la lecture des crédits du film ne m’a pas permis de déterminer de manière sûre le niveau d’implication des acteurs. A priori, et j’insiste sur l’italique, les chansons sont bel et bien jouées par les jeunes comédiens (et la promo du film semble aller dans ce sens), mais je n’en suis pas totalement sûr. Et encore moins en ce qui concerne les enregistrements disponibles sur cette B.O. Si quelqu’un a une info sûre, je suis preneur.

   Mais au final, peu importe qui joue quoi : ces huit chansons défoncent. Ce qui rend d’ailleurs le postulat du film (des ados sortis de nulle part qui forment leur tout premier groupe) assez irréaliste, mais là aussi, on s’en fout. Quand on a la chance d’avoir de la bonne musique à s’enfoncer entre les tympans, faut pas trop réfléchir.
Servant en théorie un pastiche de pop-rock des années quatre-vingt, Sing Street (le groupe comme le film… Je ne sais donc plus si je dois mettre de l’italique ou pas) a eu la bonne idée de ne pas totalement coller à son époque, et de tartiner des influences actuelles sur ses compositions. Sans déconner, y a de TRES forts accents Fall Out Boy sur une chanson comme Drive It Like You Stole It (LE tube du film) ou même Feeder et Fénix*Tx sur Brown Shoes (dont la ligne de basse initiale devrait évoquer quelque chose aux connoisseurs). Le tout avec, évidemment, une énorme dose de brit-pop entre les deux tranches de pain.
Ca va vite, ça parle aux coeurs adolescents, ça donne le sourire tout en faisant lâcher quelques larmes au détour d’une évocation des histoires d’amour qu’on n’a pas vécues et des occasions qui ne se représenteront plus. Bref, c’est de la grande musique, c’est le genre de rock qui a fait de l’ado que j’étais l’adulte que je suis. C’est de la musique pour les gens qui se lèvent le matin en baillant à l’idée de devoir encore vivre une nouvelle journée de merde dans ce monde de merde, mais qui retrouvent le sourire à dix heures lorsqu’ils reçoivent un appel de leurs potes.

   Ce mini-album de Sing Street (bien le groupe, cette fois, pas d’italique), qui est probablement destiné à rester à tout jamais l’intégralité de leur discographie, n’est pas un disque destiné à rester dans l’histoire ou quoi. Mais c’est un disque que je vais écouter cette semaine et qui, j’en suis déjà sûr, va m’aider à l’affronter. C’est de la musique comme je l’aime, quoi.

   Bon, et puis va quand même voir le film, si t’as envie. Il est pas si mauvais, quand même.

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