Fit For Rivals : « Freak Machine »

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8 septembre 2016 par Vincent

fit-for-rivals-freak-machine   Fit For Rivals est l’un des tout premiers groupes à avoir été mentionnés sur ce blog, il y a maintenant quatre ans. Ca me fait bizarre d’à nouveau parler d’eux aujourd’hui. Limite je suis ému.
Surtout qu’en plus, pour tout te dire, j’étais à peu près persuadé de ne plus jamais avoir l’occasion de taper leur nom sur mon clavier. Parce que, vois l’image. Un groupe américain qui n’a sorti qu’un seul album, il y a maintenant sept ans. Un nombre de fans relativement élevé, mais sans que ça ait jamais atteint le seuil de la vraie popularité. Une actualité à la limite de l’anorexie, qui s’est limitée pendant six ans à ne poster que quelques photos chiantes sur Facebook et à mentionner leurs prochains concerts deux jours après qu’ils soient passés. Un line up incompréhensible qui semble ne tourner qu’autour de Renee Phoenix, chanteuse et principale qualité du groupe… Pour moi, Fit For Rivals s’était noyé, comme tant d’autres groupes avant lui, dans ce gigantesque océan où finissent tous les groupes qui ont raté le coche. Un océan fait de désillusion, et de succès trop faible pour « réussir » mais trop fort pour accepter de simplement passer à autre chose. Je gardais leur album dans un coin pour les froides nuits d’hiver, mais je n’y croyais absolument plus.

   Et puis, il y a une grosse semaine, surprise : annonce de la sortie d’un nouvel album… Trois jours plus tard ! Promo express, mode on s’en bat les couilles, tiens, prends, c’est là, c’est pour toi, t’en fais ce que tu veux.
Et la vraie surprise, c’est que ce deuxième album, Freak Machine, est une tuerie totale. Mais vraiment, je veux dire. Ca bute absolument tout ce qui se trouve en ligne de mire. Je sais pas si c’est les sept ans de préparation qui ont joué, ou si simplement ils avaient la rage, ou que l’inspiration les a embrassés de ses douces mais rares lèvres, mais putain de sa mère, Freak Machine est un incroyable disque de rock. Jamais plus je n’enterrerai un groupe avant qu’il ne le fasse lui-même, juré.

   Les élans de mauvais goût post-neo-metal du premier album sont complètement oubliés, et il ne reste plus ici qu’un rock gras et puissant, limite glam, qui sonne à la fois super classique, dans le bon sens du terme, et super personnel. Sincèrement, alors que sur le papier ça ressemble à plein d’autres groupes, je ne pourrais attribuer aucun des dix morceaux de Freak Machine à une autre formation que Fit For Rivals. Ca tue de ouf.
Renee, en sept ans, a gagné autant de tatouages que de possibilités vocales, et elle est devenue une chanteuse incroyable, qui fait avec sa voix de fumeuse intensive des choses absolument merveilleuses à ma colonne vertébrale. Sans exagérer, sur ce disque, je la trouve clairement BEAUCOUP plus intéressante que, pas au hasard, Brody Dalle, qui était auparavant son influence la plus évidente. Et derrière elle, putain, ça joue sérieusement. Metal, glam, rock, blues, punk, tout est là-dedans, balancé de manière compacte, une demi-heure et c’est plié, pas besoin de plus pour te faire comprendre à quel point ce groupe est devenu génial.

   Et, bonus dont je n’avais même pas besoin pour faire de ce disque l’un de mes albums de l’année, il n’a beau durer qu’une demi-heure, il est varié comme peu de disques savent l’être. Je veux dire, en général, « varier les ambiances », pour les groupes, ça veut simplement dire mettre une chanson acoustique en avant-avant-dernière position (on dit « en antépénultième position », en fait, mais je savais pas si tu connaissais cet adjectif). Tu vérifieras, je te jure, c’est presque tout le temps là qu’elle se trouve. Fit For Rivals, eux, on vu les choses en un peu plus grand. Les changements d’ambiance ne se font jamais au détriment du caractère résolument énergique et urgent du disque, le tempo ne retombe pas une seule fois, et ça passe bien davantage par les arrangements, par les instruments utilisés en arrière-plan, par ces accents blues ou pop qui arrivent sans crier gare dans le virage… Putain, non mais vraiment, ce disque est génial. Ca va trop vite, ça s’embarrasse pas de ponts relous ou d’intros interminables, c’est une suite de directs en plein visage.
Ce disque est fait pour être écouté dans n’importe quelle situation, n’importe quel état d’esprit. T’es motivé et t’as envie d’être productif ? Freak Machine est le disque qu’il te faut. T’es triste et t’as envie de retrouver goût à la vie ? Freak Machine est le disque qu’il te faut. T’as énervé contre le monde entier et tu voudrais tous les voir mourir ? Freak Machine est le disque qu’il te faut. T’as envie de marcher pendant des heures sans penser à rien ? Freak Machine est le disque qu’il te faut. T’as envie de conduire pendant des heures en pensant à l’échec qu’est ton existence ? Freak Machine est le disque qu’il te faut. Depuis quelques jours que je l’ai, je n’ai à aucun moment ressenti le besoin d’écouter autre chose.

   On sent, sur cet album, que, comme le prouve la non-promo qui a accompagné sa sortie, Fit For Rivals est désormais un groupe qui s’en bat les couilles. Ils ont fait le disque qu’ils avaient besoin de faire, et tu l’écoutes tu l’écoutes pas, rien à foutre, il existe et il nique les mères.

   Pour choper cette tuerie très inattendue, tu vas là et tu suis les liens. A priori, il n’y a pas de sortie physique prévue pour le moment, mais je te fais confiance pour faire sans. Je te dis, Fit For Rivals s’en bat les couilles, de tout ça.

   Putain cet album est génial.

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