Talisman of the Day #02 : les vieilles boîtes de médicaments

Poster un commentaire

6 août 2016 par Vincent

20160806_084843

   Quand ma grand-mère est morte, ma mère et mon oncle ont décidé de vendre sa maison. Mon grand-père était décédé quelques années auparavant, et personne dans la famille n’aurait eu l’usage de cet endroit. C’était une vieille maison, pas très pratique, et située trop près des leurs pour que ça ait un vrai intérêt d’un point de vue « maison de campagne ».
Un mois ou deux avant que n’arrivent les nouveaux propriétaires, j’ai été recruté pour aider mon oncle et mon père à vider la maison des derniers meubles que certains membres de la famille voulaient récupérer, avant que tout ce qui restait encore ne parte à la déchetterie.
C’était en hiver, il y a deux ans, et mes crises d’angoisse avaient alors déjà commencé. Dans la rue encore embrumée de ma grand-mère, en attendant mon père qui devait arriver avec un camion de location, j’angoissais en me disant que porter tous ces meubles allait forcément me déclencher une crise cardiaque. Evidemment, ce n’est pas arrivé, comme aurait pu me le dire n’importe quel médecin. Lorsque j’ai passé des examens, quelques mois plus tard, on m’a dit que j’avais un coeur en parfait état. Ca ne m’empêche pas de continuer à croire que je vais mourir environ deux fois par jour.

   Ca a été une matinée bizarre. Pas exactement triste, personne n’a pleuré ou quoi, mais on savait que c’était la toute dernière fois que nous venions dans cette maison. Ce n’est pas comme si j’y avais passé une grosse partie de ma vie, mais tout de même, elle faisait partie de ces quelques endroits dont je me souviendrai par coeur toute ma vie, je crois. J’avais envie de tout prendre en photo. Je ne l’ai pas fait. Mon oncle et ma mère, qui avaient grandi là, étaient probablement bien plus touchés que moi.

   Par contre, avant de partir, j’ai pris quelques objets qui traînaient ici et là, en souvenir. Parmi eux, dans le garage, ces vieilles boîtes de médicaments en métal. Mon grand-père était un homme assez maniaque, et son garage tenait un peu de l’atelier de savant fou. Il y avait plein de cartons avec dessus des mentions du genre « bouts de ficelle », ou « bouchons en liège ». Il gardait tout, bien classé. Dans ces boîtes-ci, il y avait des vis et des clous. Ils y sont toujours.
Outre le souvenir qu’elles représentent, je les trouvais également simplement jolies. J’ignore ce qu’elles contenaient à l’origine. Peut-être des médicaments contre les crises d’angoisse, pour ce que j’en sais.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :