Mirror’s Edge Catalyst : il semblerait que je veuille vivre dans un catalogue Ikea.

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28 juillet 2016 par Vincent

MirrorsEdgeCatalyst   Sur l’ancienne version du blog je parlais régulièrement de jeux vidéo. Je parlais d’ailleurs aussi de plein d’autres trucs assez improbables… J’ai décidé de me limiter aux chroniques de disques en changeant de plateforme d’hébergement. Je trouvais mon ancien blog trop dispersé, et me disais que je ne pourrais jamais attirer que des lecteurs très ponctuels, en abordant ainsi des sujets trop différents les uns des autres, et qu’il fallait mieux me centrer sur un truc précis pour fidéliser les gens.
Ca a été une erreur : j’avais plus de visites sur l’ancienne version du blog, globalement, même si, peut-être, le fait que celui-ci était publié il y a maintenant plus de quatre ans a pu jouer. L’idée même d’un blog était encore quelque chose d’à peu près ok, à l’époque. Aujourd’hui, ça tient de la résistance passéiste… Mais je m’égare. Toujours est-il que ouais, j’avais plus de visites lorsque mon blog était un truc protéiforme qui parlait un jour de jeux vidéo, le lendemain de films d’horreur, et la semaine d’après d’une histoire qui m’était arrivée à la fac.
Par contre, je ne regrette vraiment pas de m’être recentré sur les critiques de disques. On ne peut pas être expert en tout, et quand je donnais mon avis sur un jeu vidéo ou un film, je sentais bien que, sans être totalement illégitime, je ne faisais qu’ajouter ma voix à un choeur déjà bien fourni, et que quiconque voulant savoir quel jeu acheter pour nourrir sa PS3 pouvait trouver mieux comme conseiller que l’auteur du blog Survivre la Nuit, vous voyez ce que je veux dire ? Quand je parle de disques, j’ai un peu plus l’impression de pouvoir « servir à quelque chose », toutes proportions gardées.
Ok, cette intro est très longue est je n’ai toujours pas dit de quoi j’allais traiter… Mais bon, t’as dû comprendre qu’aujourd’hui je fais une entorse à ma ligne éditoriale (hashtag lol), et qu’on va parler d’un jeu vidéo. Enfin, d’un aspect d’un jeu vidéo, plutôt. Ce jeu vidéo c’est Mirror’s Edge Catalyst, sorti y a quelques mois sur PS4, Xbox One et PC, et histoire d’évacuer tout de suite ce qui ne sera pas le sujet de cet article : il est bien mais pas ouf, et peut-être que si t’as qu’un seul jeu à acheter cet été ça ne devrait pas être celui-ci. Passons maintenant à ce que je veux quand même en dire.

Mirror's Edge™ Catalyst_20160709201201

   Je ne sais pas trop qui tu es, anonyme lecteur, donc pas non plus si tu es particulièrement versé dans le vidéoludisme moderne… Si tel n’est pas le cas, je vais te la faire rapide, mais si tu sais déjà ce qu’est Mirror’s Edge Catalyst, tu peux sauter le paragraphe qui suit.
Mirror’s Edge Catalyst raconte l’histoire de Faith, une jeune femme qui, dans une gigantesque ville futuristo-dystopique, exerce le métier de coursière clandestine. Courant sur les toits des buildings et marchant en funambule sur les câbles électriques, elle se déplace ainsi façon parkour (dieu que je hais ce mot… Le K en plein milieu me donne l’impression d’être de retour à l’ère du neo metal), dans les hauteurs de la ville, permettant aux dissidents politiques comme aux criminels de communiquer à l’abri de la surveillance globalisée que le gouvernement exerce sur les voies plus officielles. Sur ce point de départ se greffent des histoires de famille, des intrigues politiques, des expériences secrètes et blablabla, tu connais, c’est le scénario classique de la société futuriste trop propre pour être honnête.
En fait, Mirror’s Edge Catalyst est le remake d’un jeu sorti il y a quelques années, et qui à défaut d’avoir bien marché avait reçu un accueil critique assez positif pour justifier cette suite qui n’en est pas tout à fait une. Et ce coup-ci, malheureusement, la critique s’est mise au diapason des ventes, et Mirror’s Edge Catalyst a été accueilli froidement par l’ensemble de la presse et des joueurs. La faute, en gros, à un scénario proche de l’inepte, à une répétitivité dans l’action, à une durée de vie trop courte, à un vide assez flagrant dans les ruelles de la ville, et à un manque d’évolution vis-à-vis du jeu originel.

Mirror's Edge™ Catalyst_20160707214056A peu près tous les toits que vous apercevez sont explorables.

   Des critiques avec lesquelles je suis plutôt d’accord… A l’exception de la dernière. Parce qu’il y a une vraie nouveauté, dans ce deuxième Mirror’s Edge, qui à elle seule justifie l’existence du jeu, selon moi… Une nouveauté qui a occupé très efficacement la première moitié de mon été, qui sans elle aurait été particulièrement vide et triste.
Cette nouveauté, c’est que ce coup-ci, le jeu est en monde ouvert, et donc, rapidement, tu peux si tu le souhaites explorer librement la ville, créant ta petite histoire de ton côté sans te soucier de celle que les développeurs ont essayé de te raconter.
Et ça, bah c’est ce à quoi je consacre une heure par jour depuis environ un mois.

Mirror's Edge™ Catalyst_20160711003339Sérieux, c’est le périph’ la nuit, là, non ?

   C’est super dur à expliquer, mais je tire un plaisir assez proche de l’infini de cette exploration libre que me permet le jeu. C’est dû, je pense, à pas mal de raisons combinées : la fluidité des mouvements de Faith, la maniabilité du jeu étant très rarement prise à défaut, l’immersion imaginative que permet la vue subjective, le fait qu’une fois le scénario principal terminé on n’est plus que très ponctuellement gêné par des adversaires de toute façon faciles à mettre hors d’état, le choix d’une ville seulement légèrement futuriste, qui peut presque simplement passer pour un quartier de La Défense étendu sur plusieurs dizaines de kilomètres, la beauté ultra réaliste des graphismes, avec leur assez incroyable gestion de la lumière… Et puis, surtout, surtout, dans mon cas, le design de cette ville. C’est ça, véritablement, qui me pousse à remettre ce jeu dans ma console tous les soirs avant d’aller dormir, alors que je l’ai déjà retourné à peu près dans tous les sens.

Mirror's Edge™ Catalyst_20160720181444L’un des seuls êtres vivants auxquels on peut rendre visite.

   Ce design, pourtant, il est foutrement ikea-esque. C’est tout en ultra modernité sobre, avec du métal, du verre et du blanc partout, un manque d’humanité qui renvoie à ces habitants avec lesquels on n’interagit jamais et qu’on ne peut généralement voir que derrière leurs fenêtres, de loin… Même le soleil, quasi-permanent (le jeu alterne entre la nuit et le jour, mais il fait toujours beau), semble froid, déshumanisé. Cette ville gigantesque dont on peu explorer le moindre toit, le moindre balcon, semble trop moderne pour l’homme, robotique, froide, trop propre, trop sobre, trop luxueux, trop faux, trop générique. Cette ville est faite pour accueillir des appartements de catalogue Ikea, et rien d’autre.
Et pourtant, tous les jours depuis un mois j’y retourne et je m’y balade, sans plus le moindre but, me contentant de me raconter ma propre histoire, de m’y créer un bref quotidien parallèle fait de solitude moderniste et de soleil qui se reflète à la surface des buildings. Même dans la réalité, j’ai toujours eu ce goût bizarre, que je ne m’explique sincèrement pas, pour les quartiers d’affaires, les bâtiments ultra modernes, les immeubles de bureaux tout en vitres-miroirs… Je préfère me balader à La Défense que dans la forêt, je crois. J’en ai déjà parlé à quelques potes, et très peu comprennent.
   Et même vis-à-vis de moi-même, franchement, j’ai du mal à justifier cette préférence contre-nature, au sens littéral… Donc merci à Mirror’s Edge Catalyst de désormais me permettre d’assouvir ma déviance en toute discrétion.

DSCN0396Peut-être qu’une partie de l’explication vient de l’architecture
de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, où j’ai
fait mes études…

   Histoire de partager un peu mes balades virtuelles quotidiennes avec les quelques personnes susceptibles de comprendre le délire, je vous quitte avec des captures d’écran que j’ai faites pendant mes parties. Je trouve que chacune d’elle raconte une micro-histoire.
Je vous dis à très bientôt pour la mise en vente de Terrortriste. Je pense ne vous parler globalement que de cela dans les semaines à venir. Donc profitez une dernière fois des grands espaces de Mirror’s Edge avant que ne commence la propagande…

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