The Ataris : « October in This Railroad Earth »

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29 juin 2016 par Vincent

a3229103626_10   Surprise : The Ataris viennent de sortir un EP six titres uniquement composé d’inédits complets. Ca s’est fait ce week-end, sans aucune annonce préalable. Cool.
Non surprise : c’est uniquement disponible en téléchargement prix libre, comme tous les derniers trucs protéiformes qu’ils ont sortis ces dernières années.
Non surprise encore : ça n’a évidemment rien à voir avec The Graveyard of The Atlantic, mythologique sixième album attendu depuis désormais pas loin de dix ans. Au point où on en est, hein, on n’est plus à quelques années près, en même temps…

   October in This Railroad Earth, puisque c’est le titre du nouvel EP, ne se donne en effet pas pour mission de nous montrer ce que Kris Roe et ses mercenaires du moment ont envie de jouer en 2016 : l’intégralité du disque (une douzaine de minutes) consiste en effet en une interprétation récente de titres composés à l’époque du tout premier album de The Ataris, l’excellent et très punk-rockesque …Anywhere But Here. Un album dont les titres n’avaient pas tous été écrits par Kris Roe, comme c’est d’ailleurs le cas sur ce faux nouvel EP.
Bref, on a plus affaire ici à un travail d’archiviste qu’à de vraies nouvelles chansons de The Ataris.
Après, si on juge objectivement l’EP sans s’emmerder avec son contexte, c’est plutôt très cool, en fait. Ca sonne vachement 90’s, dans tout ce que cette décennie injustement mal-aimée a pu avoir de bon pour le rock énergique, ça rappelle parfois Pearl Jam ou Paw tout en s’inscrivant principalement dans la lignée des Descendents et de Sludgeworth, et ça rappelle effectivement beaucoup les tout débuts du groupe, il n’y a aucunement tromperie sur la marchandise.
Les deux chansons de milieu d’EP, Trash Panda et Peel Sessions, font cependant un peu le pont entre les débuts bruyants et urgents de The Ataris, et l’ambiance plus pop indée de ce qu’est le groupe aujourd’hui… Je ne serais pas super étonné d’apprendre qu’en réalité ces deux-là ont été composées aujourd’hui. En tout cas ce sont mes favorites du disque.

   Maintenant qu’on a vite fait parlé objectivement du contenu d’October in This Railroad Earth, j’aimerais quand même un peu revenir vite zef sur son contexte… Parce que tu n’es pas sans savoir, fidèle lecteur, que The Ataris est mon groupe favori, ever. Et pourtant, depuis maintenant dix ans et la sortie de leur dernier véritable (et grandiose) album Welcome The Night, je suis incapable de savoir ce que je suis encore censé attendre de Kris Roe.
Le line up du groupe change tous les deux jours, L’album Graveyard of the Atlantic est sans cesse repoussé, annulé, reconfirmé, modifié, les news données via les réseaux sociaux sont chaque année plus rares et plus cryptiques, les récents concerts du groupe ressemblent à de simples best of live joués par une vieille gloire qui n’a plus de jus et qui s’entoure de musiciens trouvés au hasard, et question sorties discographiques, on alterne entre compilations de démos, chutes de studio mal terminées, et donc, ce coup-ci, morceaux vieux de vingt ans. Bon. Encore une fois, il est cool, musicalement, cet EP, et ce que tu connaisses ou non The Ataris. Mais simplement, il marque encore un peu plus la réalité actuelle de ce groupe qui a fait battre mon coeur de post-adolescent comme aucun autre : The Ataris, c’est fini. Désormais, il faudra simplement se contenter des quelques miettes que Kris Roe consentira parfois à jeter sur le bord de la route, et il faudra s’estimer heureux de ça. Parce qu’ok, Kris profite de cette sortie pour teaser au sujet d’un prochain vinyle surprise composé d’inédits et blablabla, mais en vrai, depuis le temps, ses annonces mille fois annulées, j’ai appris à ne plus trop les calculer. Je crois qu’en fait je commence à accepter cette triste vérité : The Ataris n’a plus, et n’aura probablement jamais plus, d’actualité forte. Tant pis. C’est comme ça. Je prendrai ce qu’il y aura à prendre, et je continuerai à sourire en écoutant ses chansons.
Vraiment, il est pas si mal, cet EP.

   Pour le télécharger gratuitement ou en payant ce que tu estimeras qu’il vaut, ça se passe ici.

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