Silversun Pickups : « Swoon »

Poster un commentaire

15 mars 2016 par Vincent

silversun_pickups_swoon   Tout le monde se calme, je le sais : cet album est sorti il y a sept ans. Comme d’habitude, Survivre la Nuit toujours premier sur l’actualité. Mais on en reparlera un peu plus bas dans l’article. D’abord, on va faire ce que je ne fais pas assez et on va simplement parler du disque d’aujourd’hui.

   En fait, cet album, il traînait sur mon disque dur depuis un bon moment. Je l’avais chopé chez un pote qui m’avait rempli mon nouvel ordinateur de dizaines de disques qu’évidemment, je n’avais pas pris le temps d’écouter. C’est toujours un piège, ça, quand tu ramènes un disque dur externe chez quelqu’un qui a plein de trucs à te passer. Après, tu mets des années à fouiller dedans. Mieux vaut récupérer juste un disque ou un film à chaque fois. Dans mon cas, même comme ça, parfois, l’exploration se compte quand même en années. Genre, là, hier, j’ai enfin regardé un DVD que ce même pote m’avait passé il y a bien deux ans. C’était le film The Darwin Awards, avec Winona Ryder. La seule critique que j’en ferai sera : putain c’est chaud quand même, sa carrière, à Winona.
Comme vous pouvez le voir, je respecte vraiment ma promesse de départ et je parle à fond du disque, là. N’hésitez pas à admirer la discipline.

   Bon, donc, oui, Swoon de Silversun Pickups. Si j’ai mis un temps incroyablement long à écouter ce disque, je connaissais par contre déjà le groupe, grâce à leur premier et excellent album Carnavas, que j’avais acheté sur un coup de tête au Japon il y a presque dix ans, et que j’écoute encore régulièrement depuis.
Je corrige tout de suite les gens facilement perdus : non Silversun Pickups n’est pas un groupe japonais. Ils sont de Los Angeles. Je précise que j’ai acheté le disque au Japon juste pour que vous pensiez que je suis un type qui voyage tout le temps.

   Tiens, d’ailleurs, aussi, oui, pardon, digression : c’est vraiment bizarre, quand on y pense, parce, que vraiment, j’aime beaucoup Carnavas, et ce depuis ma toute première écoute. C’est pas mon disque favori ever ni rien, mais putain, quand même, c’est un vrai bon album. Gros rock un peu shoegaze, super intense et émotionnel, qui fait furieusement penser à ce qu’aurait pu être The Smashing Pumpkins s’ils n’étaient pas devenus fous (oui, j’utilise le pluriel pour parler de Billy Corgan ; l’un des titres de l’album du jour s’appelle d’ailleurs The Royal We ; on voit des connexions là où on peut ; faites comme moi, ne réfléchissez pas trop à l’enchaînement de mes phrases, d’accord ?). Et pourtant, bah, quand j’ai récupéré ce disque, je ne me suis pas du tout jeté dessus… Tout en continuant pourtant à écouter Carnavas. Et là, pour le coup, la flemme de fouiller dans cinquante disques d’un coup n’était à mon avis pas la seule responsable. Il y a aussi ce syndrome bizarre que j’ai déjà souvent observé chez moi à propos de plein de groupes différents.
J’aime un disque du groupe, généralement découvert au hasard. Je l’aime même beaucoup, genre je l’écoute une fois par semaine sans me forcer, même des années après son achat. Et pourtant, bah… Le groupe en lui-même, je m’en fous. Je ne sais pas qui sont ses membres, quelle est l’histoire derrière le disque, ce qu’ils ont fait après… Tout ce qui m’importe, c’est la musique que le disque contient. C’est vraiment pas l’approche que j’ai en général avec la musique, hein, c’est spécifique à quelques disques de temps en temps. Je ne peux pas expliquer. Je ne sais même pas si c’est un truc relativement universel chez les gens qui écoutent beaucoup de musique ou si c’est propre à moi. « Si toi aussi tu te reconnais dans ce que je décris, dis-le dans les com’ ! Et n’oublie pas de cliquer pour t’abonner à ma chaîne Youtube ! ».

   Bon. Six cent vingt mots et j’ai toujours pas parlé du disque. JE VOUS JURE QUE J’ESSAYAIS. Au début.
Fin de la blague, commençons.

   J’ai vraiment été un gros con de ne pas m’intéresser avant à Swoon. Il est aussi bon que Carnavas. Sûrement meilleur, même. La recette est toujours la même, mais elle est maîtrisée à la perfection, poussée un cran plus loin dans la puissance sonore : grosses guitares, voix émotionnelle au bord de la rupture et de l’identité (c’est un mec qui chante ; j’ai passé mes premières écoutes de Carnavas à croire que c’était une femme), mur de son dans les enceintes malgré la teneur presque purement mélodique des chansons… Et puis, surtout, ouais, voilà, quand même : ça ressemble vraiment beaucoup à The Smashing Pumpkins, mais en ultra bon.
Tu me crois pas ? You be the judge.

   Cela dit, ça ne ressemble pas à une période particulière des Smashing, mais au meilleur de toutes leurs périodes mises ensemble. Silversun Pickups est un peu le best of ultime de The Smashing Pumpkins. Hop, phrase d’accroche pour le lien facebook.

   Mais finalement, ça, c’est secondaire. Surtout que, même si j’aime les Smashing, je n’en suis pas un fan à proprement parler, et je supporte très bien l’existence d’un autre groupe leur ressemblant de près.
Non, ce qui fait que je trouve Swoon aussi excellent, c’est qu’il s’agit, à mon sens, de « rock pour adultes ». Je ne veux pas dire par là qu’il nous est réservé, à nous les vieux, mais que c’est un rock fait par des gens qui ont acquis une certaine expérience de la vie, et avec elle une certaine résignation aux dents serrées qui a remplacé la passion brouillonne qui fait la puissance des mecs de dix-neuf ans qui jouent du pop-punk. Ces mecs, tu le sais, je les aime d’amour. Mais de temps en temps, ça fait du bien d’écouter ce qu’ont à jouer des adultes qui savent que la vie est globalement merdique mais qu’il faudra bien faire avec jusqu’au bout. C’est ça que raconte la musique de Silversun Pickups. Pas un abandon face à la réalité, mais, justement, une prise en compte de ce qu’elle est. Leur musique, à mes oreilles, elle ne parle pas du monde tel qu’il devrait être, mais du monde tel qu’il est. Elle ne romantise rien, elle ne ment pas, elle se contente d’accompagner la réalité et de permettre à nos nuits de trentenaires d’être moins désespérées.
   Sur Swoon comme sur l’album précédent, les Silversun Pickups ne se cherchent jamais. C’est un groupe qui sait où il va, d’où il vient, et ce qu’il veut raconter. Et il le fait sans enrober le tout dans aucune illusion. Ils jouent de la musique, du rock pour émotifs solitaires, et ils ne prétendent rien de plus. Parfait.

   Putain non mais sans rire, il est vraiment super bien, ce disque.
Sa pochette est extrêmement laide, par contre. Comme celle de Carnavas. Faudra visiblement attendre d’écouter le troisième album pour avoir une pochette potable. Ce sera bientôt fait. Quelques années supplémentaires et ce sera bon, je suis sur le dossier.

   En guise de conclusion, comme d’habitude, un autre clip et un lien vers leur site. J’espère que je t’aurai donné envie. La musique de ce groupe mérite d’être plus qu’un simple titre perdu dans les playlists du jeu vidéo Rock Band.

   Bon, sinon, une petite note complètement annexe : je le disais en intro, j’ai bien conscience que ce blog ne représente plus du tout une quelconque fenêtre sur l’actualité musicale. Surtout en étant mis à jour une fois par mois. Je n’en suis pas exactement lassé, pourtant, et je n’ai pas envie de l’arrêter ni rien, mais… Hé bien, je ne sais pas trop ce qu’il va devenir au fil des prochains articles. Peut-être que ça restera comme maintenant, mais j’en doute. Je peine de plus en plus à écrire mille mots sur un disque, aussi bon soit-il, sans donner dans la redite. J’ai l’impression d’avoir sérieusement fait le tour de cet exercice particulier, depuis déjà une bonne poignée d’articles. Or, cet exercice, c’est un peu la formule de Survivre la Nuit.
Alors, je ne sais pas, soit les articles continueront à être rares, soit je vais me mettre à poster des trucs beaucoup plus courts, ou juste des photos de paysages ou de chats rigolos. Vraiment, je ne sais pas encore. Mais je crois que Survivre la Nuit sous sa forme actuelle, ces chroniques long format, c’est en train de vivre ses dernières publications.
Enfin, je dis ça, et la prochaine fois j’aurai pas d’idée particulière et je referai la même chose, on le sait déjà toi comme moi… En attendant, va écouter Swoon, tiens. Moi, faut que je réfléchisse.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :