Hubert Mousseigne : « Mexico City »

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15 janvier 2016 par Vincent

Hubert Mousseigne Mexico City   Ah, « Space Oddity ». « Ziggy Stardust ». Toute ma jeunesse qui s’envole en cendres et qui… Non, je déconne. Je n’ai jamais écouté David Bowie et je ne pense absolument rien de sa mort. Tout comme je ne pense rien de celles de Lemmy, de Michel Galabru, d’Alan Rickman ou du mec de Céline Dion. Qu’ils reposent en paix et c’est tout.
Néanmoins, déjà dire que je n’en pense rien, c’est ajouter mon propre bruit à la cacophonie. Mais je sais pas, je me sentais obligé. Ces derniers jours, je ne suis pas totalement sûr qu’il soit encore légal d’écrire un article sur internet sans au moins faire une référence à « cette année 2016 qui démarre tellement mal pour les célébrités, blablabla c’est George R. R. Martin qui l’a scénarisée ou quoi, blablabla ».
Passons aux choses sérieuses : les vivants.
Et plus précisément, les vivants qui font de la musique. Passons à mon premier disque de 2016. Passons au fabuleux EP « Mexico City », du non moins fabuleux Hubert Mousseigne.

   Mais avant ça, faisons une digression. On aime tous ça, les digressions, pas la peine de s’en cacher. Profitez, les amis, celle-ci est de belle tenue.
Récemment, une amie m’a remis devant les yeux une vérité que je feignais d’ignorer depuis des années : typographiquement parlant, j’ai pour sale habitude de foirer les titres d’albums et de livres sur ce blog. Normalement, je devrais les mettre en italique, certes, mais sans guillemets autour. Je devrais dire Mexico City, et pas « Mexico City », comme je l’ai fait plus haut. Au fond je l’ai toujours su, et en plus, ça m’économiserait pas mal de pressions de clavier, parce que WordPress gère assez mal les guillemets et que pour faire «, je suis en fait obligé d’appuyer sur Alt+0171, et pour faire », sur Alt+0187. Toute une affaire.
Et pourtant, je n’arrive pas à me décider à passer à la loi et à l’ordre, et ce pour deux raisons distinctes :
– premièrement, instinctivement, j’ai envie de mettre ces guillemets. Je sais qu’elles sont inutiles, et mêmes fausses, si je puis dire, mais je ne sais pas, visuellement leur absence me gêne, j’ai l’impression que c’est en m’en passant que je fais une faute. Probable que ça remonte à une instit de CE1 qui m’aurait mal appris la règle à l’époque, je ne sais pas. Je n’ai pas un souvenir très clair de mon CE1. C’était à Bois d’Arcy et mon institutrice s’appelait Madame Loiseleur. Et vingt ans plus tard, alors que je bossais comme facteur pendant les vacances, j’avais eu la surprise de l’avoir sur ma tournée. Un jour je l’ai croisée dans son hall d’immeuble. Elle ne se souvenait pas de moi.
Je confirme : il vient bien d’y avoir une digression dans la digression. J’espère qu’Hubert Mousseigne est en train de lire cette critique et de bien kiffer que je parle autant de son disque.
– seconde raison pour laquelle je n’arrive pas à abandonner les guillemets : elles sont là depuis le début du blog. Dans tous les articles. Et si je me mettais aujourd’hui à faire rentrer ma typographie dans le rang, ça ne ferait que mettre en lumière mes errements passés.
Donc, en attendant que je trouve en moi assez de courage pour accepter mes erreurs, on va continuer comme en 46 et poursuivre un peu notre route sur la voie de l’approximation typographique.
Voilà, la digression est finie. Merci d’avoir tenu.

   Hubert Mousseigne, pour moi, c’est surtout la moitié de Jean_Hub. Et Jean_Hub, c’est pas loin d’être le groupe que j’ai le plus écouté cette dernière année, peut-être à égalité avec les Casseurs Flowters et PNL. 2015 était l’année des duos musicaux, visiblement. Et des attentats parisiens, mais c’est une autre histoire, et je ne vais pas faire une Onfray en tentant de lier les deux sujets.
Comme ils l’ont dit avec leur EP « The End » et dans l’interview d’eux que j’ai postée il y a quelques temps (allez la lire, c’est l’un des meilleurs articles de ce blog, sérieusement), Jean_Hub appartient désormais au passé, au moins pour l’instant. Ca me rend un peu triste, mais la fin d’un groupe n’a jamais réussi à annuler l’existence de sa musique, alors au fond, c’est pas très grave, les disques de Jean_Hub sont toujours dans mon lecteur mp3 et continuent à rendre plus supportables mes trajets en métro.

   En attendant, Hubert n’a pas pour autant arrêté la musique, et a déjà livré, quelques mois à peine après la fin de Jean_Hub, son premier EP solo, diffusé sous son propre nom. Plus la peine de s’embarrasser de noms de projet ou quoi, le mec est totalement seul aux manettes. Voici d’ailleurs l’intégralité des crédits du disque tels qu’ils sont disponibles sur sa page Bandcamp :
   All songs performed and written by Hubert Mousseigne.
   Recorded, mixed and mastered by Hubert Mousseigne.
   Artwork by Hubert Mousseigne.
Hideo Kojima n’aurait pas fait mieux.
N’y allons pas par quatre chemins, on a déjà perdu assez de temps comme ça : « Mexico City » est une grosse tuerie et me fait me dire, un peu honteusement, qu’en vrai 2016 ne commence pas si mal.

   Reprenant les choses là où Jean_Hub les avait laissées, Hubert les emmène néanmoins, doucement mais sûrement, vers de nouveaux territoires. En six titres, il livre un EP finalement super bizarre, même si très accessible. En fait, je ne sais pas trop quelle étiquette mettre sur sa musique… Dans mon registre Windows Media Player, j’ai dit que c’était de la pop, pour ne pas passer quatre heures sur la question, mais dans les faits, c’est plus compliqué.
Armé de son accent anglais 100% fwanchais, Hubert passe toutes les deux secondes de la pop lo-fi aux influences pop-punk radiophonique, le tout sur fond de programmations électros et d’élans dance qui ne sonnent jamais ridicules ou parodiques. Alors que ce mix aurait pu très facilement tomber dans l’espèce de merdier 2.0 où tout n’est que références et second degré pour faire naître un sourire en coin aux rédacteurs de Vice, Hubert garde la ligne de conduite de Jean_Hub, et « Mexico City » dégage en permanence un premier degré et une sincérité émotionnelle super rafraîchissants dans l’environnement musical actuel. Il ne s’excuse jamais de croire en sa musique, ni de la naïveté apparente de celle-ci. Hors de question, donc, que je m’excuse du « fabuleux » dont j’ai affublé cet EP dans mon intro.

   D’avance, je suis à peu près sûr que presque personne ne parlera de ce disque. Hubert semble l’avoir sorti assez discrètement, et je n’ai pas l’impression qu’il soit à fond dans la promotion et la mise en avant de sa musique. Cet EP a donc malheureusement toutes les chances de passer inaperçu et de finir sa vie, dans cinq ans, comme petite curiosité oubliée au fond des archives de quelques dizaines de disques durs à travers le monde, rien d’autre. Et ça me fait chier, parce qu’il est réellement excellent, et augure de grandes choses pour l’avenir d’Hubert. Je n’en suis pas à dire que c’est déjà le disque de l’année ou quoi, évidemment, mais c’est au moins, de manière sûre, un fragment d’été conservé dans l’ambre afin d’être humé pendant l’hiver. C’est un disque neuf, frais, original, moderne, susceptible de plaire à n’importe qui, quelles que soient ses références musicales. Un disque qui crée son propre univers et qui donne envie de danser tout seul dans sa chambre. Un disque qui dégage une nostalgie souriante et une tristesse joyeuse dont j’avais super besoin ces derniers temps.
Et si ça ne te suffit pas à le qualifier de disque fabuleux, hé bien, que te dire ? D’aller niquer ta mère et t’acheter un best of de Motörhead, peut-être ?

   Si ce programme ne te convient pas non plus, donne quand même sa chance à Hubert. « Mexico City » est en téléchargement gratuit ici, et je te jure, il pourra t’aider à être un peu plus heureux que tu ne l’es actuellement. Un EP discrètement fabuleux, ouais.

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2 réflexions sur “Hubert Mousseigne : « Mexico City »

  1. Gwen dit :

    Déprime de l’hiver ou ambiance morose générale, ce disque m’a redonné la vie! Pour être très sincère, je n’écoute que ça depuis mercredi matin! P.S: La pub des destiny’s child nique un peu ton article quand même…

    • Vincent dit :

      Content de savoir que je ne serai pas seul au monde à écouter cet EP 🙂
      Et concernant la pub, Adblock me fait toujours oublier qu’il y en a à la fin de mes articles… Ca fait un peu chier, en vrai. A moins de payer WordPress, je n’ai aucun contrôle là-dessus, malheureusement !

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