PVRIS : « White Noise »

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7 novembre 2015 par Vincent

PVRIS wn   Ils font chier, Topsy Turvy’s et Jean_Hub, avec leurs pochettes colorées ! S’ils n’avaient pas été là pour jouer les combo breakers, j’aurais pu faire un bon gros score, question « pochettes noires et grises ».
Ca c’était mon idée d’intro numéro 1. C’était pas trop mal, mais cette histoire des pochettes noires et grises, je tire dessus depuis trop longtemps. J’ai donc laissé de côté l’idée.

   Contrairement à ce que tu es peut-être en train de te dire, le nom du groupe dont on va parler aujourd’hui ne se prononce pas « puris », mais « paris », et ce bien qu’il soit américain.
Ca c’était ma deuxième idée d’intro. Je l’aurais mise en relation avec le fait que j’habite en région parisienne, et j’aurais bien trouvé une vanne ou deux à faire à ce sujet. Ca n’aurait tout de même pas été une très bonne intro, je te l’accorde bien volontiers.

   Ce disque est sorti il y a un an, et donc, fort logiquement, je ne l’ai écouté pour la première fois que ce mois-ci. Hashtag Survivre la Nuit premier sur l’actu.
Voilà pour ma troisième proposition d’intro. Mais on m’a récemment fait savoir que mon auto-dépréciation permanente devenait lassante et faisait de moi quelqu’un de particulièrement détestable, un genre de gros sac à merde qui… Putain, je recommence.

    Mais cette troisième idée m’en a donné une quatrième. Je me voyais bien commencer mon article par une réflexion plutôt profonde sur mon rapport à ce blog, et sur le fait qu’en vrai, je dois en connaître personnellement les deux tiers des lecteurs réguliers (soit facile deux personnes). S’en serait suivi un développement franchement introspectif sur les raisons pour lesquels je tiens un site qui n’intéresse personne, et sur ce que ce blog sans envergure pourrait apporter à un groupe comme PVRIS, qui a déjà rencontré sa hype et son public, et qui n’a donc plus aucun besoin d’un article comme le mien. J’aurais conclu l’introduction en disant qu’au final, je crois considérer Survivre la Nuit comme un journal intime publiquement partagé, et qu’il m’importe au moins autant de rendre compte de mes réflexions et évolutions, afin de les livrer un jour à mon moi futur, que de partager mes découvertes musicales avec mes quelques lecteurs qui sont sûrement plus là pour me faire plaisir que pour découvrir quoi que ce soit.
Mais cette quatrième possibilité d’intro me paraissait super égocentrique, même selon mes propres critères, pour le moins baisés (oui je viens de faire une dyslexie volontaire, et oui, cette précision était inutile).

   Alors pour ma cinquième idée d’intro, j’ai essayé de trouver un truc plus frontal. Nique sa mère mon habitude de commencer mes articles par des délires sans rapport avec le sujet, j’allais aborder le disque direct. Probable que j’aurais commencé en disant qu’en 2014, le hardcore aura eu United Nations, le pop-punk aura eu Jean_Hub, et le pop-rock aura eu PVRIS.
Mais, d’une part, question concordance des temps, j’étais pas trop sûr, et d’autre part, je trouvais un peu injuste de commencer un texte sur un groupe en parlant de deux autres groupes qui n’avaient aucun rapport avec lui.

   Là j’ai commencé à me dire que ça puait pas mal pour mon article sur le premier album de PVRIS. Mais putain, ce disque, il m’a défoncé le crâne toute la semaine, je devais l’en faire sortir ! Fallait que je fasse plus frontal, plus direct. Peut-être une intro sous forme d’énumération ? Genre un truc qui aurait donné ça : synth-pop. Emotion décomplexée. Chanteuse supérieurement charismatique qui parvient à être à la fois fragile et sûre d’elle. Album court, tendu, sans une seconde à jeter. Maîtrise des claviers et des programmations frisant la folie furieuse. Rock complètement actuel. Véritable essence du punk : ne payer aucun tribut, faire sa route soi-même sans se soucier de savoir s’il en existe une autre plus facile d’accès juste à côté.
Mais là encore, ça aurait été bancal. Déjà, je crois que cette espèce de truc genre « recette du disque », je l’ai déjà chié une bonne dizaine de fois depuis le début du blog. Et ensuite, je trouvais que ça ne rendait pas justice à cet album, plus compliqué, plus maîtrisé et plus « particulier », au sens noble du terme, si tant est qu’il en existe un, que ce que ce listing paresseux laissait entendre.

   « Je crois aux coups de foudre. J’en ai déjà vécus, plusieurs, même. Un seul regard vers elle et tu sens tes jambes qui tremblent, ton estomac qui se déforme, et direct t’as envie de passer ta vie avec cette fille, de tout lui offrir, absolument tout, de faire d’elle le centre unique de ta vie, de tout apprendre d’elle, et de lui enseigner le peu de choses que tu connais. T’as envie de fusionner avec elle, de toutes les manières possibles, ici, maintenant, partout, tout le temps. Impossible de penser à autre chose, de manger, de respirer, impossible d’imaginer pouvoir aller là où elle ne serait pas. Je crois aux coups de foudre. J’en ai déjà vécus, plusieurs, même. Le dernier en date, je l’ai eu vis-à-vis de l’album de PVRIS. »
Hé, ça, ça pourrait être une bonne intro, non ? Allez, vas-y, on dit qu’on retient celle-ci, d’accord ? Là je suis à sec, de toute façon, je trouverai pas mieux aujourd’hui. Reste plus qu’à imaginer ensuite un développement dans lequel je parlerais vite fait de la perfection de l’album, de la bonne idée qu’a eu le groupe de se limiter à dix titres histoire de s’assurer qu’ils soient tous absolument parfaits, de son don pour pondre des tubes qui te restent en tête dès la première écoute, de ce truc de dingue qu’ils ont qui fait que malgré la froideur de leur musique, à mi chemin de la pop, de l’électro pour clubs, du trip-hop et du pop-rock, ils parviennent à être avant tout un groupe d’emo qui fait frissonner ton coeur d’adolescent. J’aurais insisté encore et encore sur à quel point ce groupe me semble être, plus qu’aucun autre, ce que devrait être le rock mainstream de 2015, un truc vraiment dans son époque, décomplexé vis-à-vis de ses influences, sans une once de conservatisme dans ses chansons. Aussi, j’aurais probablement évoqué le temps d’un paragraphe les paroles de Lynn Gunn, la chanteuse, qui ne parle pour ainsi dire que d’amour, mais avec un lexique mélangeant ambiance de fin du monde et épiphanie religieuse, ce qui semble tout à fait approprié au sujet. J’aurais fini, enfin, probablement, en te balançant l’une de ces exagérations dont j’ai le secret, type « voici mon disque favori de 2015. Qu’il soit sorti en 2014 n’a aucune importance ». Ca aurait fait une bonne phrase d’accroche pour poster l’article sur Facebook, en plus.

   Après, le problème, c’est que je serais probablement très vite arrivé à la limite des mille mots que j’essaie d’imposer à mes articles, histoire que tu puisses les lire d’une traite sans que ton attention ne s’égare. Alors j’aurais conclu rapidement, en te balançant, comme d’hab, un lien pour leur site officiel, un clip, et puis en te disant qu’ils passeront en concert en France en avril prochain.
Juré, si j’avais fait tout ça, ça aurait été un super article.

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4 réflexions sur “PVRIS : « White Noise »

  1. Gwen dit :

    Au risque de te décevoir, je lis tes articles avec plaisir et comme on se connait absolument pas, je peux même pas feindre de les lire pour te faire plaisir… Et oui, j’ai découvert des groupes géniaux, Jean_Hub en tête d’ailleurs, et j’ai été ravie de lire leur interview tardive récemment. Et le pire dans l’histoire c’est que je commente cet article pour te dire de continuer à partager tes découvertes alors que PVRIS ne m’a pas convaincue. Alors, est ce que je fais un blocage sur le nom parce que j’ai quitté la région parisienne ou tout simplement parce que tu parles de coup de foudre, l’important c’est que tu continues. Merci d’avance. Cordialement.

    • Vincent dit :

      Pour une fois, je ne faisais pas de chantage à l’arrêt du blog, hein ! Je me contentais, tranquillement, de me plaindre histoire de recevoir un message comme le tien 🙂 Donc merci de nourrir mon égo affamé.
      Et concernant PVRIS, tu as essayé plusieurs titres ? Pas sûr que ça change les choses, hein, celui que j’ai intégré à l’article est plutôt représentatif, mais bon, j’ai tellement aimé ce disque que je vais probablement essayer de convaincre tout le monde de sa valeur encore pendant quelques semaines !

  2. Gwen dit :

    Alors oui, revenons sur PVRIS, parce que je balance que je suis pas convaincue mais peut être que ça mérite quelques arguments. J’ai écouté tous les titres d’une oreille, vraiment pas emballée, soit par la voix, soit par le côté trop électro à mon goût. Mais étant assez fan de ce type de voix féminine, j’ai creusé. Mais je savais pas où j’avais mal. Trop de puissance ou pas assez dans chacun des morceaux, j’étais jamais satisfaite en somme. Puis suggestion de vidéo: Cover de Tove lo « Talking body », l’originale est insipide d’après moi, mais comme je suis assez fan des reprises, je teste. Et oui, là, sa voix est mise en valeur, avec des nuances, une vraie maîtrise. J’ai mieux saisi ce coté fragile et sûre d’elle dont tu parlais donc j’ai continué avec le live de BBC qui m’a scotchée. Une voix plus nuancée, moins dans la surenchère parce que tout est plus « épuré » ou plus « brut », j’en sais rien mais j’ai redécouvert les morceaux. Donc c’est sûrement trop puissant sur l’album pour moi en fait… Mais ça reste un groupe que je suis quasi sûre d’apprécier en concert donc c’est pas mal. Voilà voilà

  3. kPt3r dit :

    Je ne te connais pas personnellement non plus, et j’avoue avoir fait de belles découvertes grâce à tes articles très personnels et d’une qualité rare (j’en rajoute pas, tu vas faire une overdose sinon).
    Après, tu continues ou pas, je m’en fous un peu, ce qui compte par contre, c’est que toi tu trouves quelque chose (si possible positif, mais après c’est toi qui voit).
    Et puis comme le dit si bien Tom DeLonge : un punk averti en vaut deux 😉
    Pour PVRIS, à voir, e suis pas emballé sur le coup, pas sûr que ça s’améliore à la seconde (et troisième, je suis un peu lent à percut’) écoute.

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