Rolo Tomassi : « Grievances »

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9 octobre 2015 par Vincent

rolo-tomassi-grievances   Si vous le voulez bien, continuons ensemble notre fabuleuse aventure dans les contrées tristes et froides des pochettes grises et noires. Ca rime presque, tiens. Hé, c’est pas dans le cul d’un cheval que t’en trouves, des intros de cette qualité !
Après la superbe démo des Français de Chaviré, le dernier album un peu moins superbe de mes Anglais favoris, Rolo Tomassi.

   Je n’en ai jamais fait secret : je suis amoureux des membres de Rolo Tomassi. Surtout de la chanteuse parce qu’elle a des gros seins. De TOUS ses membres. Leur discographie est superbement cohérente, leur mathcore est surdoué sans jamais être indigeste, leur sens de la violence est du genre à t’enfoncer des seringues remplies de glace dans le tympan, et ils ont quand même dans leurs rangs Eva Spence, probablement la meilleure chanteuse metal en activité. Non, je ne me suis toujours pas calmé sur les superlatifs.
Y a trois ans, leur album « Astraea » avait plus ou moins été mon disque de l’année, et quelques temps plus tard, je les avais vus mettre une branlée à HORSE the band sur leur propre terrain et ça avait fini de me mettre à genoux. Donc pas besoin que je te fasse un dessin : j’attendais leur nouvel album avec un manque de patience assez facile à repérer, rapport à la bave qui me coulait au coin des lèvres lorsque je prononçais le nom du groupe.
Pourtant, « Grievances », sorti en juin dernier, m’a… Non, il ne m’a pas déçu, en fait, c’est pas ça. C’est un très bon disque, c’est pas le problème… Le problème, c’est que… Bon, je vais tenter de t’expliquer.

   Le problème, en fait, c’est que « Grievances » est le quatrième album du groupe. Et en plus, ça, c’est sans compter les EP et compagnie, qui à eux seuls remplissent trois disques supplémentaires. Bref, Rolo Tomassi commence à avoir une énorme discographie, surtout pour un groupe aussi jeune et qui évolue dans un style aussi pointu que le mathcore/mathmetal/casiosound/appelleçacommetuveux. Une discographie admirable, cohérente, et dont aucun disque n’est à jeter.
Maaaaais… Mais ça fait donc maintenant sept LP en tout que les Anglais creusent le même sillon. Ils l’ont rendu absolument parfait, et sont devenus à mes yeux l’un des meilleurs groupes de l’histoire de ce style, si ce n’est même LE meilleur… Mais il n’en reste pas moins que ledit style est extrêmement balisé, et que Rolo Tomassi ne semble pas vouloir en sortir, même au bout de quatre albums.
Leur son est énorme, la voix d’Eva n’a jamais été aussi bien placée, leurs compos touchent souvent au prodigieux, la finesse des arrangements est malade… Bref, ils sont devenus des champions toutes catégories, qui peuvent désormais écraser la concurrence d’un simple riff. Mais dans l’esprit, n’importe quel titre de « Grievances » aurait pu se trouver, en version à peine moins bonne, sur l’un de leurs albums précédents. Déjà venu, déjà entendu.

   En fait, ça y est, Rolo Tomassi est arrivé au tournant qui menace tous les groupes, peu importe leur style : le quatrième album. Le moment où tu risques sévèrement de ne plus être excitant, quelle que soit la qualité de ta musique. Il n’y a plus l’effet de nouveauté, plus le suspense de savoir si tu vas réussir à concrétiser les attentes, plus de questionnement quant à ta capacité à créer une oeuvre durable. Non, tout ça, ça y est, c’est acquis, et à moins d’avoir une identité artistique extra-musicale super développée, il ne te reste alors plus qu’à faire parler la musique, et elle seule, sans contexte. Tu deviens un groupe installé, dont les nouveaux disques seront bien entendu écoutés avec plaisir par les fans, mais que plus personne n’attendra vraiment. D’ailleurs, des fans, y a moyen que tu n’en aies plus beaucoup de nouveaux. Si ta musique reste bonne, et c’est clairement le cas avec Rolo Tomassi, les anciens fans continueront à s’intéresser à toi, mais les nouveaux, eux, ils ont des terres vierges à défricher, tu vois ? Eva Spence et les siens ont beau ne pas avoir trente ans, ils sont déjà vieux.

   Alors oui, je le redis, « Grievances » est un très bon disque, et il aura sûrement sa place dans mon top 2015. J’aime notamment beaucoup les accents presque emo-violence qui se trouvent dans les titres les plus brutaux, comme sur le single « Stage Knives ». Par touches subtiles, le groupe se rapproche parfois durant quelques secondes du courant musical que représentent par exemple les suscités Chaviré. Ils marient désormais extrêmement bien surviolence et mélodie dans un même morceau. Et puis, même sans chercher les nouveautés, voilà, les mecs sont toujours aussi excellents, que ce soit lorsqu’il s’agit de lâcher les chiens de l’enfer ou de poser des plages plus calmes évoquant des coeurs brisés poussant un chant du cygne sous une aurore boréale. Tu vois le genre.
Mais tout excellent qu’il soit, ce disque signe la fin de l’excitation. Rolo Tomassi est sur le trône, c’est fait, c’est terminé, et maintenant, on se contentera d’attendre leurs prochains édits avec joie, mais sans impatience particulière. Mais la joie, c’est déjà pas mal, non ?

   Pour choper leur disque, tu peux aller là. Par contre, dépêche-toi, j’ai l’impression qu’il ne leur reste plus beaucoup de vinyles. Pour te donner un avant-goût, prends donc le clip d’ « Opalescent », l’un des titres atmosphériques de l’album.

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