Ling Tosite Sigure : « i’mperfect »

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17 juillet 2015 par Vincent

LingTositeSigureImperfect   Le Japon. Un pays et une culture multi-millénaires, que l’on résume en occident aux mangas, aux sushis, aux chanteuses habillées en écolières, aux micropénis imberbes et aux vidéos débiles sur internet. Tiens, genre, regarde cette saloperie. « Meuh non c’est pas raciste, parce que le Japon c’est trop bizarre ! Ahah, regarde comme ils sont différents de nous ! Ridicule ! Des barres ! »
Ouais, bah chacun sa croix.

   Quand j’étais encore étudiant (hashtag good ol’ times), j’étais en cours avec une fille qui s’appelait Laure, et qui était à la fois amatrice de rock et de pop-culture japonaise. C’est elle qui, un jour, m’avait filé (sans que je lui demande trop rien, de mémoire) un album du groupe Ling Tosite Sigure.
Parenthèse linguistique : tu peux aussi écrire « Rin Toshite Shigure », si tu veux. Ou même, t’écris ce qui te fait plaisir, parce qu’en vrai de vrai le groupe s’appelle 凛として時雨. Fin de la parenthèse.
Cet album, sorti en 2009, s’appelait « Just A Moment ». Il s’appelle toujours comme ça, d’ailleurs. Je n’en attendais évidemment rien, puisque j’ignorais jusqu’à l’existence du groupe avant que Laure ne me passe le disque, mais j’avais pris une bonne baffe lors de ma première écoute.
Trio mixte (le guitariste et la bassiste jouant au ping-pong question chant), Ling Tosite Sigure donne dans un mélange super maîtrisé d’emo-violence et de rock bruitiste, évoquant une version plus démonstrative techniquement de Thursday.
Le problème de ce disque, c’est qu’en parallèle à une poignée de titres absolument destructeurs (au hasard, cette tuerie, ou même celle-ci), l’album croulait sous les titres inutiles et limite mauvais, genre longues interludes quasi-instrumentales super chiantes. Si j’ai écouté en boucle pendant des semaines quatre ou cinq titres de l’album, celui-ci ne me paraissait n’être en réalité qu’un EP qui s’était trompé sur sa nature.
C’est sûrement pour ça que finalement, je n’ai pas suivi de très près la carrière du groupe.

   C’est la semaine dernière qu’il s’est rappelé à mon bon souvenir, au hasard d’une errance dans mes mp3s, et que j’ai rattrapé mon retard grâce à cette page qui m’a permis de télécharger gratuitement donné envie d’écouter bien légalement et gentiment leur dernier album en date, « i’mperfect », sorti l’année dernière.
Je préviens tout de suite : je ne ferai pas de blagues du type « un album imparfait » ou « alors, titre mensonger ? ». Ce serait en effet inutile, puisque je viens de les faire dans ma phrase précédente. Avançons donc.

   La formule est toujours la même : chant mixte qui se vole la parole en permanence (la bassiste prend d’ailleurs plus de place vocale qu’auparavant, c’est cool), virtuosité instrumentale et violence frénétique qui tremble d’émotions mal contenues. Parce que oui, toujours ces écorchures emo dans le chant. Des vrais cris qui prennent par surprise et crachent des larmes de sang sur le micro. Emo, je te dis. Et le fait de ne pas du tout savoir de quoi parlent les paroles, intégralement en japonais, ajoute étrangement une dimension supplémentaire au truc, faisant du groupe une entité purement musicale et sensorielle, au moins pour moi. L’album ne compte que neuf titres, mais ils sont tous très bons, et s’enchaînent sans qu’à aucun moment on ne soit tenté de zapper pour passer au suivant.
Instrumentalement, ça joue superbement vite et bien, et la guitare, notamment, se fait tantôt aquatique tantôt aérienne dans ses sonorités. Les structures des morceaux empruntent toujours autant, dans leur complexité, au math-rock, et pourraient souvent presque se suffire à elles-mêmes si le groupe avait voulu donner dans le post-rock. Ce qui aurait quand même été un peu dommage, je le concède.

   Par contre, si l’album dans son ensemble est bien au-dessus que celui que je connaissais déjà, ses titres sont eux un peu moins viscéraux que les meilleurs de « Just A Moment ». Ca reste très bon, hein, excellent même, mais je n’ai pas l’impression que le disque contienne de tubes ultimes qui vont me donner envie de saigner des oreilles. C’est peut-être lié au fait qu’en cinq ans, le groupe semble avoir échangé un peu de sa violence contre quelques mélodies pop, qui bien que parfaitement intégrées à leur son compliqué, vibrent moins dans les tripes. Possible. Ou juste je n’ai pas encore assez écouté le disque. Ou peut-être encore que ce disque, faut justement profiter du fait qu’il est court et intégralement bon pour l’écouter d’une traite, sans chercher à faire ressortir tel ou tel titre de l’ensemble. Je ne sais pas encore. L’avenir et les écoutes répétées de l’album le diront.

   Pendant que je rattrape mon retard dans leur discographie, toi, tu peux aller là et faire connaissance avec eux. Je doute que tu le regrettes. En guise de première poignée de mains, v’là le clip d’un des titres de l’album. Un clip qui bizarrement se coupe en plein milieu de la chanson, je ne sais pas pourquoi. Je crois que les groupes japonais font souvent ça, sur Youtube. Pose pas de questions dont je n’ai pas les réponses.

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