Survival Guide : « way to go »

Poster un commentaire

5 juin 2015 par Vincent

SurvGuid-WTO   Survival Guide, je t’en ai déjà parlé il n’y a pas longtemps, alors ce que je te propose, c’est qu’on se dispense des présentations d’usage et qu’on entre direct dans ce premier album, ok ?
Oui ?
Non ?
Pourquoi tu réponds pas, putain ?
Bon, vas-y, on va dire que c’est oui. Tu me soûles, merde !

   « way to go », premier album donc, sorti il y a quelques semaines chez Side With Us, l’un des meilleurs labels du monde. Si t’as lu l’article précédent que j’avais consacré au projet quasi-solo d’Emily Whitehurst, tu te doutes que ce disque, je l’attendais un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. Arrivé dans ma boîte mail le jour de sa sortie, j’ai eu le temps de le dompter, de vivre quelques moments avec lui, de voir où il voulait m’emmener et de m’assurer que j’avais bien envie de l’y suivre.
Au menu du disque, dix titres… Et une petite déception. Parce que sur ces dix titres, y en a quand même quatre que je connaissais déjà. Deux issus de l’EP « Wildcat », et deux autres, « Ugly Side » et « One to One », qu’Emily avait déjà lâchés sur internet il y a maintenant pas mal de temps. Ne restait donc, à l’ouverture du disque, que six titres inédits à m’enfoncer contre les tympans.
Bonne nouvelle : ces six chansons tuent.
Bon, les quatre autres aussi, en fait, hein, mais disons qu’elles s’adressent davantage aux newcomers, quoi… Bienvenue à vous, d’ailleurs. Vous avez eu raison de venir, on va s’amuser, tous ensemble.

   Ce premier album décide donc de reposer les bases du projet, de réinstaller Emily et Jaycen, son sidekick musical, dans leurs rôles de confesseurs rock, de génies discrets de la pop indé. L’album est court, sans aucun gras ni fioritures, et pourtant, à aucun moment il ne dégage d’énergie morveuse ou de sentiment d’urgence. Survival Guide joue dans une autre catégorie : celle de la pop sophistiquée, du rock adulte, qui tire sa puissance et sa raison d’être des arrangements subtils et des ambiances compliquées qui se trouvent sur chaque titre. La qualité de l’enregistrement, les effets rajoutés sur la voix d’Emily (qui n’a jamais aussi bien chanté qu’ici, c’est une évidence dès la première note qu’elle place), les instruments supplémentaires qui viennent s’inviter ici et là (violon ou trombone, par exemple), la précision avec laquelle est utilisée la guitare électrique, presque jamais agressive… Tout ça participe autant à la globalité de cet album que sa base faite de chant mélancolique et de claviers froids.
« way to go » dégage ce feeling rare que j’adore à chaque fois : celui d’être la bande originale d’un film qui n’existe pas. Un truc qui commencerait comme un film pseudo-indé sur de riches, jeunes et beaux artistes new-yorkais blasés par la vie, mais qui par à-coups partirait dans des vrilles obscures à la David Lynch, jusqu’à nous amener dans des souterrains métaphysiques que personne ne parviendrait à analyser. Tu vois ce que je veux dire ? J’imagine que non. Moi non plus, en vérité.
Ce disque, faut juste l’écouter sans se poser de questions. Elles viendront d’elles-mêmes, en nombre. « way to go » est un album plus mystérieux qu’il n’y paraît. Il contient une musique qui connaît les étoiles par leurs noms et qui vit la nuit.

   En fait, le seul problème de ce disque, c’est justement ça, cette dimension « importante » qu’il dégage. Sans déconner, quand je l’écoute, j’ai toujours l’impression de ne pas être assez classe pour lui. L’impression que pour faire honneur à cet album, il faudrait que je l’écoute dans un bar à la lumière tamisée, entre une fille en robe de soirée qui fume des clopes avec un porte-cigarette et un mec qui jouerait du piano devant une sculpture contemporaine. Le tout à trois heures du matin, avec un verre de whisky millésimé à la main et des phrases comme « qu’est-ce que la vie, sinon la plus vieille blague de l’histoire ? » à la bouche.
Et comme en vrai je l’écoute plutôt sur mon ordi, habillé d’un t-shirt sale et d’un caleçon à peine plus propre, à dix heures du mat en buvant du café soluble, bah, forcément, tout de suite, j’ai moins l’impression de me fondre dans l’ambiance que déploie ce disque.

   Après, faut quand même pas avoir peur, hein ! Emily a un CV impressionnant question pop-punk, et il en reste quelque chose sur des titres comme « January Shock  » ou « So Super Slow », deux des hits immédiats du disque, qui ne laissent aucun doute quant à la facilité de Survival Guide à sortir des tueries pop-rock quand le coeur lui en dit.
Mais vraiment, je crois que l’âme de cet album ne se trouve pas dans ces titres-là, mais dans les autres, dans ceux qui demandent plusieurs écoutes pour être vraiment compris. Ou bien, plutôt, que l’âme de ce disque se trouve dans la continuité qui lie tout ça, dans la suite logique formée par les dix chansons de « way to go ».
  En ce sens, si je n’en suis pas à dire que cet album est un chef-d’oeuvre, je peux déjà dire sans craindre de me tromper qu’il s’agit bel et bien d’une oeuvre.

   Pour écouter l’intégralité du disque en streaming ou l’acheter en version MP3, tu connais le deal : page Bandcamp, comme toujours. Et pour choper le vinyle, je t’ai déjà donné l’adresse, mais c’est avec Side With Us Records que ça se passe.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :