Jeff Rosenstock : « We Cool? »

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10 mai 2015 par Vincent

a3653099069_10   Régulièrement je me pose des questions sur mon amour du pop-punk. Je culpabilise d’en avoir fait une part aussi importante de ce que j’écoute, je me dis que je devrais m’ouvrir à d’autres trucs, parce qu’au bout d’un moment ça va, les chansons composées avec trois accords qui parlent toutes d’histoires d’amour ratées ou de la peur de grandir. Alors je me mets à écouter des disques d’electro, de coldwave, j’essaie de faire l’intéressant et de lire des articles sur Noisey pour me faire croire que je suis dans la bonne vague.
Et puis arrive un disque comme celui dont il est aujourd’hui question et toutes mes bonnes résolutions tombent à plat. Pop-punk 4 life.

   Jeff Rosenstock, c’est un mec de Long Island qui a officié dans environ deux mille sept cent soixante-trois groupes, le principal étant Bomb The Music Industry! (le point d’exclamation fait partie du nom du groupe, hein, ce n’est pas moi qui serais surexcité). « We Cool? », sorti il y a deux mois sur Sideonedummy Records, est son deuxième album solo, et ce paragraphe est beaucoup trop neutre et professionnel, je sais.
Passons donc au subjectif et à l’approximation : « We Cool? » rend heureux, donne le sourire et fait repenser à de vieux souvenirs d’adolescence. Le tout sans contenir une seconde de véritable originalité. C’est du pop-punk lo-fi ultra classique qui suinte des sillons du vinyle, et à aucun moment je n’ai été surpris, pas même un peu. Mais ça n’a aucune espèce d’importance. Parce que pendant les douze chansons du disque, j’ai été heureux.

   S’il s’agit effectivement d’un disque solo, Jeff y joue cependant de tous les instruments, avec en plus le soutien de potes et de programmations bien choisies, et le tout donne un disque massif, qui n’hésite ni à faire du bruit ni à oser les arrangements grandiloquents. Idéale bande-son de fin de printemps, d’été, d’automne.
Jeff a visiblement (ou auditivement, plutôt) la même culture musicale que moi, les mêmes références. Si on se croisait par hasard, on aurait de quoi discuter, je crois. Le pop-punk qu’il joue est celui que j’aime depuis plus de dix ans, il parle de ce que j’ai vécu et de ce que je vis, des amis qui se marient, de ce que ça fait d’avoir plus de trente ans et aucune envie d’avoir un boulot stable, du mot « demain » qui a cessé d’être une promesse pour devenir une menace, et du mot « hier » qui chaque jour se charge d’un peu plus de nostalgie romancée.
Et il fait ça avec un savoir-faire mélodique et une sincérité désarmante, qui empêchent l’un comme l’autre d’être en mesure de hausser les épaules en disant « meh, déjà entendu ». Oui, déjà entendu, bien sûr, bien sûr… Mais quand il est bien fait, le pop-punk, c’est la vie, et ce disque est là pour me le rappeler, comme tant d’autres avant lui. Un titre comme « Hey Allison! », c’est quelque chose que je peux écouter cinquante fois à la suite avec à chaque fois le même sourire sur la gueule. Cette musique, le contenu de ce disque, c’est ce qui coule en moi. Faut que j’arrête de me poser des questions. Faut que j’arrête de lire des articles de wannabes Lester Bangs sur Noisey. Faut que j’écoute Jeff Rosenstock et que je sois heureux.

   Le disque est achetable en version physique, par exemple ici, et téléchargeable gratuitement sur le site de Quote Unquote Records, le label perso de Jeff, sur lequel tu trouveras également tout un tas d’autres bombes larguées par lui ou ses potes. DIY tatoué sur les couilles, prends tes disques gratuits, l’ami.

   Ah, avant de te laisser avec un clip, question ! Depuis mon achat de cet album, je m’interroge comme un fou sur la chanson « Hall of Fame ». JE SAIS que la mélodie des couplets me fait furieusement penser à une autre chanson, mais depuis une semaine je suis soumis à la torture, incapable de mettre le doigt sur ladite chanson. Alors si t’es d’humeur généreuse, t’écoutes et tu me dis si tu trouves, ok ? Sérieusement, tu ferais de moi un homme plus serein. Si ça peut t’aider, je crois qu’il faut chercher du côté des Pixies, de Feeder ou de Green Day. Ouais, je sais, c’est large.
En attendant cette potentielle bonne action de ta part, je te laisse avec le clip de « Nausea », qui ne représente pas plus mal qu’un autre le versant calme de l’album. Va et sois heureux.

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3 réflexions sur “Jeff Rosenstock : « We Cool? »

  1. Josh dit :

    Je dirais Perfect Situation de Weezer. Mais pas sûr.

    • Vincent dit :

      C’est vrai que ça ressemble pas mal, mais j’ai pas le déclic genre « MAIS OUI, C’EST CA ! »… Cela dit, je crois avoir retrouvé. A mon avis, mon subconscient pensait à « Waiting for Changes », de Feeder : http://www.youtube.com/watch?v=n82cjAMF7TA
      Tempo beaucoup plus rapide, mais la ligne est la même. Je suis presque sûr que c’était cette chanson que j’avais en tête.
      Et pourtant, le doute continue à me faire me réveiller en sueur au milieu de la nuit. Quand donc le destin cessera-t-il de se jouer de moi ? Sombre humanité que la nôtre…

      • kPt3r dit :

        *déterrage de sujet ON*
        +1 pour toi Vincent, c’est limite du plagiat de Feeder (que je découvre, merci !) en presque deux fois moins speed.
        J’ai beau chercher, je ne vois pas quel morceau des Pixies pourrait coller.
        *déterrage de sujet OFF*

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