Dwayne : « S/T »

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5 mars 2015 par Vincent

v600_DWAYNE_1500   Est sorti ces derniers jours, sur le label des bon gars de Paper + Plastick, le premier album sans titre d’un groupe américain qui s’appelle Dwayne.
En plus de ne pas mettre toutes les chances de son côté question référencement Google, ce groupe joue un punk mélo ambiance « California circa 98 ». Si tu fréquences ce blog, tu vois probablement de quoi je veux parler. Punk-rock ensoleillé, histoire de filles, influences weezeriennes, bref, bonne putain d’ambiance, et nouvel exemple de ce qui forme le gros des troupes de « la musique que j’aime ». Aucune chanson à jeter, quelques unes à sauvegarder pour le futur de l’humanité (« Morning After Song » et ses riffs épiques goût metal, notamment), excellent rythme de croisière entre les titres up tempo et les trucs plus ballade, bref, les mecs savent ce qu’ils font et c’est tant mieux pour nous. Très bonne sortie de ce début d’année.

   Voilà, j’ai dit tout ce qu’il était nécessaire de dire sur Dwayne.
Et pourtant, cet article ne fait que commencer.
Parce que, vois-tu, lecteur abasourdi par cet incroyable retournement de situation, Dwayne se trouve en réalité être un « super-groupe », qui réunit en son sein Chris Fogal de The Gamits, et Andy Tanner de feu-Laymen Terms. Bref, quand il y a quelques semaines j’ai reçu un mail pour m’annoncer l’existence de Dwayne en me parlant de son line up, je suis devenu complètement fou et j’ai cru être de retour en 2005, à l’époque de ma découverte de Suburban Home Records.
Ok.
Pardon.
Je viens juste de remarquer que tu ne sais pas qui sont Chris Fogal et Andy Tanner, et qu’en plus tu n’as jamais entendu parler de Suburban Home Records. Ca marche.
Reprenons les choses à zéro.

Suburban Home Records
2005, 2006. Je vis encore chez mes parents et j’ai l’impression que c’est tout le temps l’été et je crois en l’avenir et tout ça. Pas la peine de me répéter, j’ai écrit un article sur cette période de ma vie chez l’ami Schall en septembre dernier. Cours de rattrapage ici.
Parmi les incessantes découvertes musicales que je fais à cette époque, plusieurs, à la suite, me marquent plus que les autres. Des groupes comme Drag The River, The Rise ou Love Me Destroyer. Le point commun entre eux ? Leur label : Suburban Home Records. Le nom comme le logo semblent me parler. Je me renseigne. Je clique, j’écris des mails, je passe des commandes. Je deviens fan. Je creuse plus encore. Je deviens fan absolu.
Ce label (toujours debout mais plus très actif) a donné pendant quinze ans dans un activisme musical effréné, qui nous laisse aujourd’hui un catalogue aussi conséquent qu’excellent. Et surtout, un catalogue incroyablement diversifié. Si le gros des troupes est punk-rock, c’est loin d’être le cas de la totalité, et Suburban Home Records a tout aussi bien sorti des disques de country que des albums de metal-electro. Les mecs fonctionnaient au feeling. Et je crois que c’est l’une des seules fois de l’histoire où cette expression a réellement été justifiée.
Anecdote parlante au sujet de l’esprit du label : si j’ai pu autant en connaître les artistes, c’est grâce à une offre qu’il avait mise en place pendant quelques semaines au milieu des années 2000. Pour cinquante dollars, j’ai pu commander cinquante disques de leur catalogue ou de leur distro. Yep, t’as bien lu. Un dollar le disque, pour un carton qui a dû briser le dos de mon facteur le jour de sa livraison. J’ai toujours le t-shirt offert en bonus avec cette offre de sociopathes musicaux. Je le trouve extrêmement moche. Et je le mets assez souvent.
Ah bah tiens, l’offre existe toujours, en fait.

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Maintenant, The Gamits.
Pendant toute la première époque de Suburban Home Records, je crois que The Gamits a été leur groupe phare, celui qui était à quelques pas seulement de la porte du succès, et qui faisait office de locomotive économique pour les groupes plus confidentiels que le label sortait. Bref, c’était les champions de la bande. Et c’était totalement mérité.
Punk-rock mélodique abrasif, qui aurait complètement pu être Blink à la place de Blink ou un concurrent sérieux à The Offspring, s’il avait eu simplement un tout petit peu plus de chance et d’éclairage médiatique. Parce que franchement, question qualité, y a jamais eu aucun déficit. Encore aujourd’hui, leurs albums restent absolument parfaits, et n’importe quel amateur de pop-punk se devrait normalement d’en posséder l’intégralité. Ce n’est bien entendu pas le cas.
Le groupe (mené par Chris Fogal, celui-là même qui chante et joue désormais dans Dwayne… Tu te souviens, de Dwayne ? Le groupe dont il était question au début de ce texte) s’est séparé en 2006, avant de se reformer en 2010 pour un nouvel album qui, sans être leur meilleur, ne démérite aucunement face aux anciens.
Si tu n’avais jamais entendu parler de The Gamits avant aujourd’hui (en vrai ce serait normal), tu peux aller sur leur page Bandcamp et rattraper ton retard. Normalement tu devrais pleurer de joie d’ici quelques minutes et me remercier pendant deux ans. Pour un avant-goût, écoute déjà « Hookless », issue de leur meilleur album, « Endorsed By You ». Il s’agit sans déconner de l’une de mes chansons de pop-punk favorites, ever. Je me souviens encore parfaitement du moment où je l’ai entendue pour la première fois de ma vie, dans mon discman, assis la tête posée contre la vitre d’un train qui m’amenait à Toulouse, à la fin de l’année universitaire.

   Et enfin, Laymen Terms. Peut-être mon groupe favori de l’écurie Suburban Home. Seulement quatre disques au compteur, deux albums, deux EP, et puis hop ils ont disparu. Mais putain, quels disques… Notamment le dernier, « Drive To Nowhere: Verity’s Novel ». Une collection hallucinante et cinématographique (conseil : si tu veux qu’on qualifie ton album de « cinématographique », mets-y deux ou trois plages instrumentales et glisse un signe de ponctuation un peu rare dans son titre ; ça marche toujours) de tubes rock, à mi-chemin du pop-punk, du post-rock, de l’emo-pop et de la pop indé. Andy Tanner, le chanteur, imbibe d’émotions l’intégralité de ses lignes de chant, et te donne l’impression qu’il te parle de son âme ou de la tienne à chacun de ses mots. Un album impressionnant, vertigineux, encore aujourd’hui.
Inutile de préciser qu’il est bien entendu à ajouter à l’interminable liste des disques dont personne ne semble jamais avoir entendu parler.
Après la disparition du groupe, Andy Tanner a participé à plusieurs projets sans trop de lendemains, et a surtout sorti un album solo presque aussi bon que le dernier disque de Laymen Terms. Ca s’appelle « Suitcase Full of Air », c’est lui tout seul avec sa guitare et son piano, et ça arrive à être lacrymal sans être larmoyant. Pop, rock, emo, intimiste même sur les titres énergiques, encore un disque qu’il aurait fallu que tu aies déjà, probablement. Mais il n’est pas trop tard pour te rattraper, et gratuitement qui plus est.
Et pour Laymen Terms, pareil, c’est là, c’est gratuit, et j’aimerais vraiment que tu ne perdes pas ton temps et que tu écoutes cette chanson incroyable :

   Et donc, près de dix ans plus tard, on en revient à l’album de Dwayne, qui vient tout juste de sortir. Comme un rappel du passé, une carte postale envoyée par de vieux amis un peu perdus de vue. Ca me rend bien entendu indulgent vis-à-vis du disque, j’imagine, mais je suis tout de même certain qu’il s’agit d’un très bon album et que tu peux t’y intéresser sans avoir peur. Malheureusement, les mecs se foutent un peu de leur promo, et je n’ai aucun lien à te filer pour jeter une oreille. Alors il va te falloir y aller à l’aveugle. Tu me fais confiance ? Allez, depuis le temps !

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