Jean_Hub : « The Distance Between Us »

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24 octobre 2014 par Vincent

J_H-TDBU   Approche, mon enfant, approche… Je vais te dévoiler un grand et obscur secret, un tabou qui se passe de blogueurs musicaux en journalistes spécialisés depuis la nuit des temps… Tu sais, quand parfois tu lis nos articles sur des groupes français et qu’on y écrit que tel groupe est, je nous cite, « au niveau des Américains », ou que, je nous cite toujours, « tel album pourrait aisément tenir la dragée haute aux pointures du genre » ? Hé bien en vérité, mon enfant, lorsque nous utilisons ces phrases, dans 90% des cas, nous mentons. Parfois inconsciemment, parfois en toute culpabilité, mais peu importe, le résultat est le même : nous mentons. Nous faisons cela pour nous montrer solidaires de nos compatriotes, pour nous faire croire à nous-mêmes que nous ne sommes pas inféodés à la musique américaine, pour « soutenir la scène ». Ce sont de belles et nobles raisons, mon enfant… Mais au final, nous mentons.
Et je voulais que tu le saches. Et que tu saches aussi que je ne vais pas mentir un seul instant lors des quelques prochaines phrases.
Ce premier album du duo niçois Jean_Hub enterre, piétine, disperse en cendres tous les tenors actuels du pop-punk, et s’impose dès la première écoute comme le meilleur disque du genre que j’ai écouté depuis au moins deux ans et depuis ma découverte de Fireworks.

   Pourtant, au départ, c’était pas gagné. Parce que Jean_Hub, c’est pas vraiment un groupe. Ca tient davantage, en apparence, du duo récréatif pour Jean, chanteur des déjà excellents Chasing Paperboy, et Hubert qui officie dans… En vrai je ne sais pas dans quoi il officie. Je ne le connais pas du tout, pour l’instant. Mais je vais faire en sorte de combler ce manque et je te tiendrai au courant.
Bref, Jean_Hub, c’est un « projet parallèle », une pause amusante pour ses membres, et ça se devine à l’énoncé des styles dont le duo se réclame : pop, punk, électro et synthés dans tous les sens. Sur le papier, ça ressemblerait presque à un groupe comique qu’on se passe à la fin d’un concert « sérieux », pour se reposer de toutes nos émotions profondes de punks engagés en buvant une bière.
Mais dans les faits, « The Distance Between Us » est un album d’emo-pop incroyable, l’un des tous meilleurs à jamais être passé par mes oreilles pourtant aguerries en la chose. The Get Up Kids, Motion City Soundtrack, Blink-182 dernière période, Saves The Day, The Summer Set… Tous ces noms sont ici convoqués avant d’être magnifiés, sublimés, conjugués les uns avec les autres pour créer un monstre magnifique fait de sourires en coin, de mélodies goût citron, de nostalgie post-adolescente et de chants braillards aux odeurs de fin d’été.

   Double chant, synthé dans chaque coin de refrain, programmation électro remplaçant le classico batterie-basse-deux-guitares, sens surdeveloppé de la pop, énergie à fond tout le long de l’album, et puis cette diction de Jean, qui accentue toutes les syllabes à tel point qu’elles semblent aboyées… Ce disque est sorti depuis trois jours, je n’ai pu écouter que lui depuis, en boucle, et sans déconner, il m’a déjà aidé à me sortir du spleen que je traînais depuis quelques mois. C’est un album souriant malgré sa nostalgie, qui fonctionne à l’énergie et à la spontanéité.
Et le tout avec un son parfait, une prod en acier trempé, une vraie progression le long du disque, et une expérimentation à la fois constante et tranquille, sans à-coups. On passe de l’hymne emo-pop au titre presque atmosphérique sans que ça semble autre chose que naturel. Même le dernier titre de l’album, plongé dans des sonorités carrément eurodance, est génial. Et il n’est pas génial au second degré, hein, il est génial tout court. Touchant, même. Et crois-moi, c’est pas facile d’être touchant quand ton son rappelle les clips que M6 passait le samedi matin au début des années 2000.

   Ce disque que personne n’attendait, que peut-être personne ne remarquera, cet album qui a tout du projet parallèle que tout le monde se prépare déjà à oublier, est le cadeau surprise de cet été 2014, la lettre d’excuses qu’il m’envoie pour avoir été merdique. C’est une carte postale sublime, qui me parle de mes années de fac, de mes espoirs, de mon sourire.
Excuses acceptées, été 2014.

   Je ne connais ni Jean ni Hubert. Mais je sais, à l’écoute de cet album, qu’eux et moi avons écouté les mêmes disques (j’ai grillé votre sample de Box Car Racer, les gars !), ressenti les même chose. Et qu’ils parviennent à en faire quelque chose d’aussi fort… Que ces deux niçois fassent en un seul disque baisser les yeux à l’ensemble de la scène américaine… Mon enfant, sache-le : il faut que tous les regards se tournent vers eux, et que la concurrence prenne des notes. Le pop-punk vient de se trouver un nouveau champion, et il est français. C’est Eric Zemmour qui doit être fier.

   Pour écouter cet album et le télécharger gratuitement (mais tu seras poli et tu lacheras au passage autant d’euros qu’il en vaut, à savoir huit cent seize mille deux cent trois), tu vas sur leur page Bandcamp, et tu te mets à l’aise. L’été vient d’avoir une rallonge, et elle durera au moins jusqu’au prochain.

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