Bandage : « North By Northeast »

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26 juin 2014 par Vincent

BandageNbN   « Gnagnagna y a plus d’articles sur Survivre la nuit gnagnognu ». Fermez vos gueules. Des articles, y en a plein, tout le temps, et ce blog est comme toujours gaillardement dressé sur son surf, mains sur les hanches et fier sourire sur les lèvres, à chevaucher la plus haute vague du rock indé. J’en veux pour preuve ce présent article, quand même pas écrit un autre jour qu’aujourd’hui, si ?
Bref. Comme d’habitude, je ne sais plus de quoi je parlais, avec tout ça.
Ah oui. Le disque du jour. Ce coup-ci on est complètement dans l’underground le plus obscur, alors prépare-toi à gagner un joli paquet de points « punk credibility » en m’écoutant pérorer au sujet de l’album de Bandage, un groupe de punk mélodique qui se trouve être rien moins que grec.

   Yep, du punk-rock grec. Je t’avais dit qu’on allait se mettre bien, question underground ! J’ai découvert Bandage, et leur « North By Northeast » de premier album, au hasard de quelques jours que j’ai récemment passés à Athènes (carnet de route : c’est mortel, il fait super chaud, la bouffe est excellente, mais putain, c’est effectivement la crise). J’étais dans une boutique de disques à l’allure gentiment dissidente, et je discutais avec le vendeur pour qu’il m’indique quelques disques importants dans l’histoire du rock grec. Yep, je suis complètement un anthropologue de la musique électrique, tu peux avoir des étoiles dans les yeux.
Au début le mec commence à me sortir des trucs dont je n’ai bien entendu jamais entendu parler, puis, au bout de quelques minutes, il semble avoir soudain une idée de génie et, quasiment en claquant des doigts, s’exclame : « Mais bon dieu mais c’est bien sûr ! J’ai aussi ça, là, l’album d’un petit groupe local, Bandage, ça vient juste de sortir, c’est génial, et en plus, t’as de la chance, le chanteur/bassiste est un ami ! » Et là, ni une ni deux (j’aime bien cette expression), il sort dans la rue, gueule « DROSSOS ! », et revient dans la boutique accompagné d’un autre type qui me sert la main et me dit en montrant le vinyle de Bandage « Hé, c’est mon groupe, trop content que t’achètes notre disque, j’espère que ça te plaira ! »
Notez bien qu’à ce moment-là, je n’avais pas spécialement envisagé d’acheter l’album de Bandage plutôt qu’un autre. Mais bon, la Grèce a ses raisons que la raison ignore, et donc, ouais, je suis ressorti de là avec « North By Northeast » sous le bras, plus ou moins souriant mais forcé. Enfin, je fais ma mauvaise tête, mais j’ai quand même eu un autocollant en cadeau, alors bon, l’un dans l’autre, ça va.

   Maintenant, plus sérieusement, je ne suis aucunement déçu de m’être un peu fait forcer la main sur ce disque, parce que celui-ci dernier est une bonne petite tuerie comme je les aime. Rien de révolutionnaire, mais un punk-rock mélodique qui s’inscrit dans la droite lignée de l’héritage des groupes Fat Wreck (le chanteur partageant d’ailleurs une troublante similarité vocale avec Fat Mike de NOFX), et qui ne lève jamais le pied ni sur la pédale d’accélération, ni sur la quantité de soleil dans les mélodies. C’est de la musique pour skater, pour rouler en voiture quand le soleil se couche, et pour boire des bières en été à l’arrière de maisons américaines en ruines.

   Et c’est d’ailleurs là la seule critique que je pourrais faire à cet album : il sonne vraiment comme un album américain. Ce qui peut être lu comme un compliment, d’ailleurs, hein, à vous de voir. Simplement, oui, on m’aurait dit que ce groupe venait de San Francisco, je n’aurais à aucun moment eu le moindre doute. Les influences vont de The Bouncing Souls à Good Riddance (autant dire, donc, qu’elles ne font pas beaucoup de chemin), le chant en anglais est maîtrisé à la perfection, les paroles sont légèrement engagées et honnêtes, y a des petits accents nostalgiques et résignés derrière les mélodies, la production de l’album est excellente… Bref, c’est un disque qui n’a aucunement à rougir de la comparaison avec ses semblables américains. Mais qui n’a pas non plus le moindre élément à même de l’en différencier ou de marquer sa singularité géographique.
Bah. Après tout, on peut en dire autant des groupes français, en général… Ou de n’importe quel groupe de n’importe où, d’ailleurs. Le premier album, ça sert souvent à vomir ses influences plus que son identité. Mais quand c’est bien fait, je ne vois pas vraiment où est le problème. Je me contente d’écouter en hochant la tête et d’attendre un deuxième album plus personnel. Et avec Bandage, bien fait, ça l’est, sans le moindre doute.

   Pour écouter ce disque ou l’acheter pour quelques deniers, tu vas sur la page Bandcamp du groupe, ou sur son site, et tu injectes tes euros dans l’économie grecque. Merci pour elle.

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