Knuckle Puck : « The Weight That You Buried »

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2 mars 2014 par Vincent

a2817988753_10   Ces derniers jours je suis sur un killing streak, question pop-punk. Les découvertes s’enchaînent, toutes plus mortelles les unes que les autres. Real Friends, Light Years, bien sûr la claque Junior Battles… Et aujourd’hui Knuckle Puck. Un groupe de Chicago qui, comme les quelques autres formations susnommées, donne dans le pop-punk énergique et emo as fuck.

   Rien d’original, en vérité, sur ce « The Weight That You Buried » qui leur sert de deuxième EP. Ca chante très fort avec une voix rugueuse, il y a du soleil qui saigne des cordes de guitare, ça parle du fait de vieillir, de changer, ça parle de la ville où on a grandi et de la peur obsédante d’avoir raté sa vie en manquant la bonne sortie. Bref, exactement comme The Wonder Years, Fireworks ou, encore une fois, les trois autres groupes cités en début d’article.

   Et alors ? Je n’y vois aucun problème. Depuis quelques années, toute cette nouvelle génération de groupes s’occupe de donner une nouvelle identité au pop-punk. Plus mature, moins portée sur les seules histoires de coeur et musicalement plus proche du punk-folk que de la bande-son pour sous-American Pie.
Oh, ne me comprenez pas de travers, hein : j’aimais déjà beaucoup ça, quand ça parlait de filles, de skate et de plage. Mais le style est arrivé à un tournant, au milieu des années 2000, en perdant l’énorme poids commercial que Blink-182 lui avait donné pendant quelques années. A nouveau à l’écart des projecteurs, il a eu l’occasion de se redéfinir un peu, de creuser des sillons plus personnels et intimes. Et ses groupes comme ses fans avaient visiblement autant l’envie que la maturité nécessaires à cette évolution.

   Et aucun problème, à mes yeux, à ce que tout un tas de groupes s’engouffrent aujourd’hui dans cette brèche. Le punk, le rock indé, le metal… Tous ces styles que j’aime, je les aime en partie parce qu’ils fonctionnent sur un principe de « scène », comme on dit. La scène punk. La scène metal. La scène de l’emo-skatecore ouest ukrainien. Tu vois le genre. Ca fonctionne sur un renouvellement permanent des groupes, sur une incroyable abondance de nouveaux noms et de nouveaux disques. Même lorsque l’actualité semble calme, il y a moyen de trouver de nouveaux trucs à écouter tous les jours, très facilement. Pas forcément des bons trucs, mais c’est même pas ça la problématique, en fait.
Parce que le punk n’a cessé de me répéter, depuis qu’on s’est rencontrés, qu’on pouvait faire ce qu’on voulait du moment qu’on y croyait, que pour être heureux il ne devait pas y avoir de patte blanche à montrer ni de club secret auquel adhérer. Et tous ces groupes qui apparaissent chaque jour, ils confirment ça. Ils me le rappellent, à chaque nouvel EP sorti à l’arrache, à chaque nouvelle chanson chantée à pleins poumons.
En fait, ça peut sembler bizarre, mais je suis content qu’il y ait tant de groupes qui se ressemblent, je voudrais même qu’il y en ai encore plus. Parce qu’au final, ils appartiennent tous à une espèce d’énorme famille. Une famille un peu difforme, d’accord, mais une famille à laquelle je me sens moi-même appartenir depuis plus de dix ans. Et la musique de tous ces groupes semble indiquer que la famille est en très grande forme, depuis un ou deux ans. Knuckle Puck en est la preuve du jour. Et j’en suis très heureux.

   Pour être rapidement plus précis concernant leur EP, celui-ci contient quatre chansons plus deux versions acoustiques, les paroles contiennent deux trois punchlines emo, et le titre « No Good » est l’hymne incontestable du disque.
Le chanteur a une voix qui rappelle un peu celle de son confrère de Rise Against, et putain, je trouve la pochette super belle, encore une fois. Super belle et en parfait accord avec l’ambiance du disque. J’ai envie d’écouter ces chansons en faisant du vélo au milieu des champs autour de chez mes parents. J’ai envie de l’écouter en été et de boire des bières assis dans l’herbe. Envie de revivre l’espèce d’excitation un peu douce-amère que je ressentais au début du mois de septembre, à la veille d’une rentrée scolaire. J’ai envie de sentir la chaleur électrique de ce ciel d’orage qu’on voit sur la photo. J’ai envie de retourner aux Etats-Unis et d’y errer avec les bras couverts de sueur et cet EP dans les oreilles.
Ces chansons puent l’espoir, la nostalgie, la sincérité, le sourire un peu ironique et la fin de l’été. Et peu importe que la musique de Knuckle Puck ressemble à celle de dix autres groupes. Ce coup-ci c’est eux qui la jouent, eux qui l’utilisent pour y raconter leur vie. C’est ce style que j’aime, ces émotions que je recherche. Je ne compte pas m’en lasser.

   Pour le reste, tu te prends en main : le disque est disponible en téléchargement gratuit sur leur page Bandcamp. Tu pourras aussi y trouver deux trois autres trucs sympas, comme leur (lui aussi excellent) premier EP, ou les deux titres d’un split qu’ils viennent tout juste de sortir avec le groupe Neck Deep.
Nous, on se retrouve bientôt. Probablement pour parler d’un autre groupe qui sonnera à peu près comme celui-ci. J’ai sincèrement hâte.

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