Junior Battles : « Idle Ages »

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23 février 2014 par Vincent

Junior Battle Idle Ages   J’ai bien conscience que je vous fais souvent le coup du « ce disque est le meilleur que j’ai écouté depuis des mois / des années / ma naissance ». Que voulez-vous que je vous dise ? Désolé. Je m’enthousiasme vite et fort, et je préfère généralement parler de disques que j’aime plutôt que de descendre des groupes qui ne m’ont rien fait. Donc les deux trucs ensemble, ouais, on se retrouve régulièrement avec des jugements hâtifs qui font de n’importe quel EP à peu près potable un disque monumental que tout le monde se devrait d’avoir.
Après, j’ai la naïveté de croire qu’à force de me lire, vous avez commencé à comprendre le truc, et à modérer ma joie juvénile de votre méfiance bienveillante. Et puis en plus, merde, à chaque fois je vous mets un lien pour écouter le groupe dont je parle, donc au final, fermez vos gueules, quoi ! Soyez vos propres critiques musicaux, bordel…
Enfin, bref. Pour atténuer un peu cette sale manie, je vais essayer, aujourd’hui, de mesurer un peu plus que d’habitude mes propos.
L’album « Idle Ages », du groupe canadien Junior Battles, est ma meilleure découverte pop-punk depuis deux ans.
Merde. Raté.

   Sorti en 2011 et découvert par moi ces dernières semaines au hasard d’internet, « Idle Ages », en plus d’avoir une pochette que je trouve absolument parfaite, se trouve au croisement des styles de Blink-182 et Hot Water Music.
Là, normalement, tu devrais déjà être en train de chercher un moyen de te procurer ce disque et je pourrais arrêter ma critique. Mais je suis un type professionnel, donc je vais te donner encore deux trois infos.
Premier album du groupe après quelques EP et splits, « Idle Ages » fait pourtant preuve d’une subtilité assez folle et d’une finition juste parfaite. Les douze titres sont cohérents les uns avec les autres, formant une ambiance qui renvoi à cette idée présente sur la pochette, celle de la petite ville suburbaine à l’américaine. Les mélodies sont super catchy sans être putassières. Les arrangements surprennent mais ne font jamais tomber le groupe dans le « regardez-moi regardez-moi j’ai mis de l’accordéon sur mon refrain je suis un fou ».

   Et puis, si le groupe s’inscrit sans le moindre doute possible dans le pop-punk pur et dur, il marque pourtant son album d’une identité personnelle qui éclate aux oreilles dès la première écoute. Immédiatement, on sait qu’on écoute du Junior Battles et pas autre chose, et ce même si on vient juste de découvrir le groupe. La marque des bons.

   Bref, « Idle Ages » doit probablement être l’un des tous meilleurs disques du genre à être sortis en 2011.
Et, à nouveau, je pourrais m’arrêter là, parce que tout a été dit, et tu pourrais filer loin d’ici pour télécharger cette gentille tuerie à ajouter à ta collection virtuelle.
Mais non. Moi j’en n’ai pas encore fini.

   Parce qu’avec ce disque, Junior Battles vient de fracasser la porte de mon panthéon intérieur et de s’y installer tranquille, les pieds sur le canapé, sans rien demander à personne, s’imposant dès les premières écoutes au premier rang de la photo de classe. Regardez-le, il est là, entre Fireworks et The Wonder Years, pendant que The Get Up Kids lui fait des oreilles d’âne !
Dur à expliquer, ce qui différencie un « simple » excellent album d’un album qui parle à l’intime. Il ne suffit pas d’une phrase bien tournée qui rentrerait en résonance avec un truc personnel, ni d’une mélodie qui nous toucherait plus que les autres, ni d’une pochette qui nous rappellerait notre enfance ou je ne sais quoi. Non, il faut généralement tout ça en même temps, plus d’autres trucs, sûrement, sur lesquels je n’ai même jamais pu mettre le doigt. La recette est rare, mais généralement, je la reconnais immédiatement lorsque je la rencontre. « so long, Astoria. ». « The ’59 Sound ». « Gospel. ». « A City By The Light Divided ». « Something To Write Home About ». « Enema Of The State ». Et maintenant « Idle Ages », ouais. Pas d’hésitation. Pour une fois j’assume complètement mon enthousiasme, et je te le balance avec une totale confiance. Merde. Même le titre de l’album donne l’impression d’un disque fait pour rester, non ?

   Lorsque je l’ai écouté pour la première fois, ce disque m’a fait penser à mon année de troisième, je ne sais pas pourquoi. A ma découverte de ce que pouvait réellement être « une bande de potes », à mes premières écoutes de Blink-182, à cette séance de ciné, un soir de pluie avec des amis, pour aller voir « Souviens-toi l’été dernier 2 ». A la série « Buffy contre les vampires ». A nos explorations des égouts de la ville, quelques semaines avant la fin de l’année scolaire. A cette soirée chez Marie, pour fêter la fin de cette même année, et donc la fin du collège. A ces vacances d’été dont j’attendais le commencement avec un étrange mélange d’impatience et de peur.
Ouais, les mélodies et les paroles de cet album me font repenser à tout ça, et à ce qui sépare cette époque de celle que je vis actuellement. Il me fait réfléchir à qui je suis désormais, et à ce que ça signifierait du point de vue de l’ado de quinze ans que j’étais alors.
Cet album, il me fait me dire que, putain, je viens de découvrir un grand disque.

   Pour l’écouter en intégralité et le télécharger gratuitement (ou en payant, d’ailleurs, si t’as les poches pleines et l’âme généreuse), tu vas sur la page Bandcamp du groupe. Et si tu cherches une version plus tangible de l’album, le site de leur label, Paper + Plastick, sera là pour répondre à tes attentes.
Moi, ça y est, ce coup-ci, j’en ai vraiment terminé pour aujourd’hui. Je retourne écouter mon nouveau disque favori.

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