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23 janvier 2014 par Vincent

   Avant-dernier classement, mon pote. Il n’est plus l’heure de faire la blague avec des titres grotesques. On doit s’occuper de ce que l’année 2009 a laissé comme traces de pneu au fond du slip de l’histoire musicale.
2009, en fait, mine de rien, ça commence à se rapprocher de nous, et lorsque j’essaie de réunir mes souvenirs de l’époque, je n’ai plus cette impression un peu bizarre, qui me venait lors des tops précédents : celle de fouiller la tête d’une personne qui n’est plus celle que je suis aujourd’hui. Non, là, franchement, 2009, je m’en souviens parfaitement. La fac, le master de didactique des langues (cherche pas, l’intitulé est plus compliqué que le contenu des cours), mon nouvel appart minuscule et sa voisine tarée qui se plaignait quand j’ouvrais un tiroir trop fort, des soirées beuveries autour de la Sorbonne… Ouais. C’est pas si loin, tout ça. Je ne suis même pas encore entré dans une phase purement nostalgique vis-à-vis de cette période. Oh, je fais confiance à mon identité d’emoboy, ça viendra forcément, mais ce n’est pas encore tout à fait le cas.
Passons tout de même au top 10 musical de l’année 2009.

horse-the-band_desperate-living_2009

1) HORSE the band, « Desperate Living » : ouais, c’est encore HORSE the band, ferme ta gueule. Cet album, qui fait suite au mythique Earth Tour, une tournée mondiale organisée à l’arrache sur trois mois et une cinquantaine de pays, a tiré toutes les leçons possibles de cette expérience hors du commun, et s’impose dès la première écoute comme le chef-d’oeuvre total d’un groupe qui restera à jamais incompris. Metal, hardcore, punk, pop, claviers pour Game Boy, grind, tout est là, comme une gigantesque partouze musicale dont les membres ne forment plus qu’un seul organisme difforme, qui hurlerait sa bonne humeur en se pétant les dents contre un mur et confesserait ses pires peurs en souriant. Disque immortel pour groupe immortel. Voici  ce que leur bassiste écrit dans le livre du Earth Tour. Ca résume bien ce qu’est ce groupe : « Through imagination came near immaculate design. Touring for us is as nourishing as the blood-soaked cloths burned to feed the gods of mayan culture. Only we’re more brutal. »

2) Tegan And Sara, « Sainthood » : je l’avoue, j’ai longtemps hésité à mettre ce disque en première position du classement. Ca s’est joué à peu. Il a juste fallu, pour me décider, que je me pose la question de quel disque j’avais réellement le plus écouté entre le HORSE et le T&S. Et la réponse ayant été en faveur du HORSE, hé bien… Bref. Voilà, ça y est. Avec ce disques, les jumelles y sont enfin parvenues. Un album parfait, de bout en bout, sans le moindre titre à jeter, sans la moindre seconde à retravailler. Beaucoup plus frontalement rock que ses prédécesseurs, « Sainthood » fait à la fois figure de monument dans leur carrière, et de simple excellent disque de musique à guitares. Je ne sais vraiment pas qui sur cette Terre pourrait ne pas aimer cet album.


3) Gallows, « Grey Britain » : Bastonnade inattendue que ce deuxième album de Gallows. Le premier disque des Britanniques, sortis quelques temps auparavant, n’avait en effet rien eu de spécialement mémorable, si ça n’avait été, à la rigueur, la voix gueularde et souvent fausse de son chanteur. Une voix qu’on retrouve ici, mais transfigurée, muée, par un miracle qui restera à jamais inexpliqué, en la voix d’un drapeau qui brûle, en la voix d’une foule en colère, en la voix d’un pays qui est en train d’exploser, en la voix d’un monde qu’il serait urgent de raser. Rarement un disque m’a autant donné une impression de violence, de désespoir et de haine noire que « Grey Britain » (oui, je sais, j’aurai dû dire « haine grise », pour la blague). Cet album est un monolithe monochrome couleur nuit, un long beuglement de cinquante minutes, une pluie de coups sonores sur ta gueule, et la certitude que tu ne mérites pas plus de vivre que ton voisin. Metal meets punk meets fuck. Nihiliste, politique, massif, direct, explicite, tendu, frénétique, un monument dans l’histoire de la violence. Rien que ça. Depuis, Frank Carter, le chanteur de cet album, officie dans le groupe de pop-rock Pure Love. Dès le nom, tu sais que ça n’a rien à voir.

4) Gasoline Heart, « Nostalgia Ain’t What It Used To Be » : Gasoline Heart est un excellent groupe inconnu de rock américain. Ils chantent le quotidien des gens fatigués, les grands espaces, l’autoroute, les regrets, les choses qu’on n’arrive pas à oublier, les espoirs qu’on a, les chambres d’hôtel minuscules et le soleil qui se lève au-dessus de la ville après une nuit d’insomnie. Tous leurs disques sont bons mais celui-ci est leur meilleur. Voilà une vidéo pour te le prouver. C’est l’outro de l’album, et elle n’en est pas super représentative, c’est beaucoup plus rock normalement, mais c’est une belle chanson et j’aime bien la vidéo, avec les bruits de voiture derrière et tout ça. J’ai l’impression d’être assis à côté de lui.


5) Allison Weiss, « Was Right All Along » : contrairement aux quatre disques précédents, cet album n’est ni un chef-d’oeuvre, ni une expérience auditive inoubliable, ni aucune autre de mes exagérations habituelles. Non, c’est juste l’enchaînement de dix excellentes chansons de pop-folk-rock-whatever, chantées par une post-adolescente un peu morveuse et très attachante. Tous ses nombreux disques ne sont pas aussi excellents que « Was Right All Along », mais avec celui-ci, tu peux y aller les yeux fermés. Certains titres vont te rester en tête pendant des années. Sa présence dans ce classement en est la preuve.

6) Matt & Kim, « Grand » : alors oui, on sera tous d’accord avec le fait que, putain, la chanson « Daylight » a servi de bande-son à bien trop de films, de séries et de pubs pour encore toucher qui que ce soit. Mais reste que cet album dans sa globalité, et même ce duo dans sa globalité, en fait, est à peu près ce qui se fait de mieux en matière de pop mainstream.

7) Thursday, « Common Existence » : han ! Un album de Thursday qui ne se trouve pas dans le top 3, mais qu’est-ce qui se passe ?! Bah il se trouve qu’après la double-claque « War All The Time / A City By The Light Divided », ce cinquième album a été une légère déception. Oh, ça expérimente toujours, ça frénétise toujours, ça emporte toujours, pas de souci, mais reste que, ouais, c’est un tout petit peu moins bien que les albums précédents. Après, un album décevant de Thursday, ça reste toujours meilleur que 95% de la production musicale mondiale.

8) Teenage Renegade, « Is There Life After High School? » : mon album favori dans la longue et éclectique carrière de Nasty Samy, ici guitariste et compositeur pendant qu’Erin, sa femme, chante. Pop-punk assumé, feeling 90’s, et un album en forme de bande-son pour le meilleur teen-movie possible. Chacune des chansons de cet album aurait pu servir de générique à la série « Buffy ».

9) Soap&Skin, « Lovetune For Vacuum » : la première vraie pierre posée par une Autrichienne très bizarre, qui fait du piano en appuyant trop fort sur les touches et en chantant avec une voix de fantôme énervé assez inquiétante. Tout l’album n’est pas parfait, certains titres font figure de remplissage, mais déjà, tous les signes étaient là, toutes les étoiles étaient alignées et les augures formels : la suite allait déchirer. Ca n’a pas manqué.

10) Fit For Rivals, « Steady Damage » : ça fait quatre ans maintenant que j’attends le successeur à ce premier album. Il est toujours prévu, mais je commence à m’impatienter. Parce que le punk ‘n’ roll de cet album, cette voix féminine beuglante et grasse, ce groove métallique, ce très séduisant manque de subtilité complètement adolescent, ces dix chansons que tu peux te mettre en boucle toute la journée… Ouais, vraiment, j’attends la suite.

   Et voilà. Plus qu’un seul top et on en aura fini. Ah, et, non, il n’y aura pas de « Top 10 des années 2001-2010 », parce que faut pas déconner non plus. A demain pour le dernier chapitre, donc.

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