De l’année mon 2013 top 2005

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14 janvier 2014 par Vincent

   Je viens de passer une heure, montre en main, à essayer de comprendre comment intégrer une playlist Spotify à mes articles. Je n’ai pas réussi. Je me sens faible, vieux, et un sentiment de défaite gris et pesant m’a envahi.
Mais bon, on a tous regardé « Les Chevaliers du Zodiaque » quand on était petits, et on sait bien qu’un guerrier n’est rien sans ses coéquipiers.
Merci donc à Laure, qui est venue à ma rescousse et a résolu le problème en hébergeant elle-même les playlists du « vieux monsieur qui comprend pas l’interweb » que je suis visiblement devenu.
Mais trêve de bavardage technologico-honteux, on a un putain de top 10 à faire au sujet de l’année 2005.

  2005, c’est l’année de ma première nouvelle publiée, une publication assortie, histoire de bien faire les choses, d’un prix littéraire. C’est aussi le début de « Terrortriste », ce fanzine historique qui a marqué la face du monde, et puis ma rencontre avec une fille qui a marqué la mienne, de face.
Aussi, hmm, quoi d’autre… Bah je sais plus vraiment. C’est ce que je disais hier, l’année 2005, c’est vraiment une espèce de semi trou noir mémoriel que je ne m’explique pas. Je n’étais pas spécialement triste ni rien, au contraire, même, mais je ne me souviens de rien d’autre que de moi-même accroupi par terre dans ma chambre avec des ciseaux à la main pour faire la mise en page du suscité fanzine. Ah oui, et je crois que j’ai passé beaucoup de temps à sécher les cours, à traîner dans le centre commercial près de ma fac, et à travailler à la poste, aussi.

   Pour te dire toute la vérité, j’ai même limite galéré à trouver dans mes étagères dix disques que j’avais envie de mettre en avant. Et j’ai vérifié en checkant les années suivantes, c’est vraiment pas dû à mon état d’esprit du jour, mais bien à l’année 2005 précisément, hein ! En fait, les disques de ma collection qui datent de cette époque, pour la plupart, je ne les ai écoutés que deux ou trois fois avant de passer à la suite. Très étrange. J’aimerais vraiment comprendre pourquoi j’ai un an, comme ça, qui est passé à la trappe de mes archives mentales…
Ouais, bon, je suis en train de me perdre en considérations sans intérêt, je crois ! Passons donc directement au top 10 de cette année un peu vaporeuse qu’a été 2005.

Gratitude
1) Gratitude, « Gratitude » : l’une des deux seules évidences de ce top. Le meilleur disque, selon moi, de toute la discographie (pourtant conséquente) de Jonah Matranga. Power-rock surpuissant, mélodies immortelles, voix évidemment en cristal avec le gars Jonah. La formule « en groupe et avec des grosses guitares » lui convient parfaitement, et elle est ici au top de ce qu’on peut en attendre. Ce disque, c’est tube sur tube sur tube. Bien entendu, le groupe n’a jamais donné suite et chacun en est retourné à sa carrière solo. Chienne de vie.

2) Scarling., « So Long, Scarecrow » : puisque l’ordre de ces tops 10 a un certain sens, en deuxième place on retrouve la seconde évidence de ce classement. Jessicka qui fait « bap bala bababamala bababalapa » sur la chanson « Bummer », ce shoegaze gothique, ce pop-rock brumeux, ces chansons qui ont à la fois la forme d’un bonbon et d’une lame de rasoir… Tu sais déjà ce que j’ai vécu avec ce disque si tu es un lecteur fidèle. Et si tu ne l’es pas, sache juste que cet album est racé comme une fille trop bien pour toi qui te jette un sourire de mépris bienveillant lorsque tu la regardes passer dans la rue. Classe musicale à l’état brut.

3) The Rise, « Reclamation Process » : si je me souviens bien, j’ai découvert ce groupe grâce à MySpace. Putain. MySpace. 2005. C’était avant Spotify, ça, AH ! L’ancien temps, je m’en souviens bien, assieds-toi et écoute, mon petit… Bon, bref, cet album, c’est une frénésie de hardcore electro complètement survolté. Mais vraiment, hein, t’as l’impression de te prendre des coups de jus pendant l’écoute tellement ça grésille et ça hurle dans les enceintes. Ca se cogne dans les murs, ça crie à s’en faire saigner les cordes vocales, ça pose les doigts sur dix claviers en même temps tout en frottant les cordes de sa guitare contre les amplis, et putain, c’est mortel. La bande-son d’une meurtre de masse commis sourire aux lèvres.

4) Impure Wilhelmina, « L’amour, La Mort, L’Enfance Perdue » : been there, done that, je ne vais donc pas m’étendre. Simplement, voilà, cet album c’est un monolithe musical de noirceur pesante et de désespoir gluant, un monument construit en l’honneur de la boue qui stagne au fond de nos coeurs à tous. Quand l’album commence, tu mets donc genou à terre, tu baisses la tête, et tu te prépares à te faire arracher les tympans, merci.

5) Before Braille, « Tired Of Not Being Away From Here » : au début tu crois que c’est du pop-rock, et puis au bout d’un moment tu commences à te dire que ça joue quand même fort, et puis finalement tu n’en as plus rien à foutre et tu te mets juste à danser en criant pendant que les nappes électriques de ce chef-d’oeuvre inconnu te recouvrent les unes après les autres. Power-rock, rock indé, emo rock, whatever, gros disque, c’est tout.

6) Eisley, « Room Noises » : ok, là le classement du jour va commencer à devenir polémique, parce qu’en vrai je sais bien que ce disque n’est pas parfait et contient pas mal de chansons de remplissage. Mais merde, Eisley, quoi ! Ce groupe que j’ai toujours voulu aimer à la folie, et qui ne m’a jamais laissé faire, à sortir à chaque fois des albums tièdes dont l’une des faces est immanquablement à jeter. C’est avec ce premier album que j’ai découvert cette famille de fées chanteuses, et bordel, la bonne partie du disque, je peux te promettre que je l’ai rayée à force de la rejouer. Alors ouais, album imparfait, mais qui mérite quand même que je parle de lui.

7) Hell Is For Heroes, « Transmit Disrupt » : cet album, en fait, je l’ai découvert très récemment, alors que pourtant j’avais acheté le premier disque du groupe, sorti deux ans plus tôt, dès sa sortie, et je l’avais clairement adoré. Une autre bizarrerie à mettre sur l’ardoise de ma discothèque 2005, je suppose… Hell Is For Heroes effectue sur les douze titres de « Transmit Disrupt » un tour de force assez admirable, en livrant un disque galvanisant, à la fois électrique et intime. Et puis en plus, réussir à faire un album de bon goût quand on est le cul entre le neo et l’emo, ça force le respect.

8) Rhesus, « Sad Disco » : tu en as peut-être oublié jusqu’au nom, mais Rhesus fut un groupe dont, si tu avais de la chance, tu pouvais voir le clip sur M6 aux petites heures de la nuit. Ouais, ok, c’est bon, je sais, on peut laisser tomber le « peut-être », tu as clairement oublié. Bah Rhesus, c’était un trio mixte de pop-rock français qui chantait en anglais la nostalgie, l’été et l’amour, et ce premier album est probablement trop sucré pour les diabétiques. Quand je le réécoute, j’ai presque enfin des souvenirs de 2005 qui me reviennent. Ca a été une belle année, en fait. Et ce disque est toujours un bel album.

9) Minsk, « Out Of A Center Which Is Neither Dead Nor Alive » : des titres de dix minutes qui pèsent dix tonnes. Des cordes de basse qui vibrent assez fort et assez longtemps pour faire trembler le sol. Des statues païennes hautes de milliers de mètres. L’impression d’être écraser par le doom des Cavaliers de l’Apocalypse, le sludge des Grands Anciens. Et dire que l’album suivant allait être encore mieux… Mais ça, à l’époque, je ne le savais pas, et je me contentais de sentir les gigatonnes m’écraser la cage thoracique.

10) Meredith Bragg & The Terminals, « Vol. 1 » : marrant. Cet album, j’en oublie souvent l’existence, jusqu’au moment où je retombe dessus par hasard, et où je me souviens qu’il s’agit d’un des tous meilleurs disques de folk acoustique que je possède. Des chansons discrètes, touchantes, jouées avec pudeur et émotion à la fois. Aucune révolution à l’horizon, mais la sensation qu’une main serre ton coeur un peu fort. Et puis putain, il chante bien, Meredith… Tiens, d’ailleurs, je t’ai un peu parlé de lui y a pas longtemps, tu te rappelles ?

   Bon, hé bien voilà, finalement, dossier bouclé pour 2005. Ca n’aura pas été sans mal, pour des raisons contraires aux tops précédents. Bref, soufflons, et disons-nous à demain ! Vous verrez, ça coulera beaucoup plus facilement, a priori…

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2 réflexions sur “De l’année mon 2013 top 2005

  1. Le morray dit :

    Fils de pute morray !

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