Split Topsy Turvy’s / Sidewalk

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21 novembre 2013 par Vincent

Topsy Turvy's Sidewalk    Envoyé par l’ami Mickson, responsable en chef du label Shotdown, ce split-cd sorti le mois dernier réunis deux groupes dont, je le confesse sans honte, je n’avais jamais entendu parler auparavant.
Quatre titres pour les Hollandais de Sidewalk, quatre titres pour les poitevins (ça veut dire « les habitants de Poitiers » ; j’ai vérifié sur Wikipédia) de Topsy Turvy’s, même pas vingt minutes au chrono, ça va, mettre fin à mon ignorance n’était pas trop impliquant.

   Bon, alors, commençons direct par la sale nouvelle : mauvaise idée que d’avoir ouvert le disque avec les morceaux de Sidewalk. Parce que, ouais, certes le nom du groupe me les rendait d’avance sympathiques, rapport au zine du même nom que j’ai sorti il y a quelques années, mais sérieux, en vrai, leurs quatre chansons me sont hyper relous. Pourtant, je l’ai dit, ça va vite, en dix minutes c’est plié, mais dix minutes c’est long quand t’as constamment envie de zapper vers la piste suivante.
Pour te donner une idée et te permettre de te faire ton avis, je peux tenter quelques rapprochements plus ou moins hasardeux entre la musique de Sidewalk et le punk-rock américain du début des années 90. Tout ça sonne pas mal comme un Pennywise des débuts, ou même, plus encore, comme du Screaching Weasel. C’est pas spécialement un compliment, dans ma bouche.
Je n’aime pas tellement cette période du punk. Le style s’était mélodisé, d’accord, mais il n’était pas encore prêt à vraiment s’approcher du mot « pop », et au final il a passé quelques années dans un état bizarre, qui n’a pas légué, à mon sens, beaucoup de disques intéressants à réécouter aujourd’hui. Il avait perdu la morgue des débuts et n’avait pas encore trouvé l’énergie ensoleillée qui allait venir avec l’essor mainstream de The Offspring ou Green Day.
Bref, pour en revenir à Sidewalk, donc, je comprends à quoi ça renvoie, j’imagine quels disques ont dû être saignés par les membres du groupe, mais ça ne parvient à aucun moment à me plaire. Désolé. Reste que, de ton côté, si Screaching Weasel, Squirtgun ou The Queers (au hasard dans la masse de groupes un peu interchangeables de l’époque suscitée) sont des noms qui te parlent, y a moyen que tu trouves ton compte dans les quatre titres des Hollandais. Pour ma part, je vais me contenter de continuer à approuver le nom du groupe, et c’est tout.

   Par contre, je le disais plus haut, ouais, mauvaise idée que d’avoir ouvert le disque avec les morceaux de Sidewalk, parce que ceux de Topsy Turvy’s sont vachement mieux.
   Mieux joués, mieux chantés, mieux composés, plus maîtrisés, plus mélodiques, plus bruyants, mieux tout, plus tout. Topsy Turvy’s est un groupe de punk-rock mélo dans les règles de l’art, qui sait faire dissoner et sourire ses compos dans le même couplet.
Fondé en 2008, les mecs (et la fille, la bassiste du groupe assurant d’ailleurs une bonne partie du chant, ce qui participe clairement à la fraîcheur du groupe) ont déjà quelques kilomètres au compteur, et plusieurs EP à leur actif. Pas encore d’album, a priori, mais une discographie relativement conséquente pour qui voudrait se pencher sur leur cas. Je compte être ce « qui », dans les prochains jours.
C’est marrant, puisque c’est la journée « comparons des groupes les uns aux autres », Topsy Turvy’s me fait penser à d’autres formations françaises du même genre, comme les défunts Hogwash ou Uncommonmenfrommars. De là à me lancer dans une théorie sur le punk mélo à la française, c’est un peu prématuré.
Et puis en plus, Topsy Turvy’s apporte, par rapport aux groupes suscités, quelques éléments bien à lui : les différentes voix qui se complètes, le sourire en coin un peu juvénile qu’on entend au détour des refrains, l’impression que les guitares roulent à blinde sans jamais risquer d’accident de la route… Ca ne réinvente rien, mais c’est parfait comme ça. La chanson finale, « Too Early To Wake Up », a d’ailleurs toutes les qualités requises pour servir de titre d’ouverture à un teen movie.
Franchement, si ce split n’avait été qu’un EP quatre titres de Topsy Turvy’s, je l’aurais tout autant aimé. Plus, même, peut-être.

   Pour écouter tout ça, bon, mille adresses possibles, parce que comme souvent avec les petites productions européennes, y a eu environ deux cents labels sur le coup (sept, plus précisément).
Ce que je te conseille, c’est déjà d’aller sur la page Bandcamp de Topsy Turvy’s. Toute leur discographie y est en écoute et en téléchargement gratuit, ce split compris. Tu peux aussi visiter leur site perso, si t’es d’humeur à creuser le sujet.
Ensuite, question labels, tu peux aller par exemple chez Smalltones Records ou chez les beaux gosses de la team Crust Caviar. Ils sauront t’aiguiller dans la bonne direction pour faire la bien-heureuse acquisition de ce cd, si tu demandes à parler à Mickson.
Et pour finir, puisque tu ne devrais pas me faire confiance aveuglement, tu iras toi-même écouter Sidewalk, et tu décideras une bonne fois pour toutes si je dis de la merde ou si je suis au contraire le Très-Saint-Détenteur-de-la-Vérité. Pour cela, hop, leur site internet, assez mal foutu mais qui fonctionne.

   Sur ce, je ne te laisse pas encore, parce que je vais profiter de cet article pour parler en paragraphe bonus d’un récent zine écrit par le même Mickson que celui dont il était question plus haut.

macandcheese_cover    Ca s’intitule « Mac & Cheese », et pour être vraiment précis, ça n’a pas été écrit par Mickson, mais par Mickson et Thierry, un pote à lui avec lequel il a partagé ce zine, qui mélange sur une grosse trentaine de pages textes persos, chroniques de disques et interviews (Pauline, du zine Cosmic Kiss, Gabrielle de la distro I Lost My Idealism et Phoenix du zine Jet Black).
Outre le fait que l’un des deux auteurs soit également l’un des « producteurs » (…) du split Topsy / Sidewalk, si je parle de « Mac & Cheese » ici, c’est aussi parce qu’il me semble que ce zine et ce split partagent pas mal de points communs pour ce qui est de leur « rapport à l’existence ». Oui, j’utilise de grands mots, je sais, mais je vais tenter de les justifier.

   Ce que je veux dire par-là, c’est que ni le disque ni le zine ne sont destinés à bouleverser les codes et l’histoire de leurs médium respectifs (ça se met au pluriel, « médium » ? J’en sais rien). Ce sont avant tout des oeuvres dont l’existence n’est justifiée que par le fait qu’elles vivaient déjà dans la tête de leurs auteurs, et que ces derniers avaient le désir de leur faire voir le jour. Et ça me semble être une très bonne raison pour sortir quelque chose.
En première instance et en dernière, peu importe le public, les enjeux financiers, les critiques et le succès ou son absence. En première et en dernière instance, les gens qui écrivent, composent, chantent, dessinent, le font simplement parce qu’ils le font, voilà tout.
La scène punk a toujours permis et facilité ça. Tout le monde y a un label, un groupe, un blog, un zine, tout le monde va à des concerts et en organise. Alors ouais, d’accord, ça crée une effervescence constante qui permet à des groupes qui n’auraient peut-être pas dû quitter leur garage de sortir des disques et de faire des tournées, mais… Et alors ? Tant mieux pour eux, non ? Et de toute façon, c’est un bien faible prix à payer pour tous les bons côtés du truc. Pour la possibilité ainsi offerte de mettre à bas le « sacré » de la musique ou de l’expression artistique quelle qu’elle soit pour la remettre à sa place de truc dont n’importe qui peut s’emparer.

   Bon, pour te dire la vérité, ce n’est pas tout à fait de ça que parle « Mac & Cheese ». Mais en même temps, ce n’est pas non « pas de ça », dont il parle. Sa simple existence, tout comme celle de ce blog, d’ailleurs, renvoie à ce sujet, au fait qu’en vérité, n’importe qui peut s’exprimer, donner son avis, prendre la parole, que ce soit pour éclairer d’un lumière nouvelle un sujet social, pour simplement faire des critiques de disques, ou pour dire de la grosse merde par kilos entiers. Dans les trois cas, tu peux parler, y a pas de souci. On t’écoutera ou non, ça dépendra de toi et de notre humeur du jour, mais tu peux parler. Et puis j’adore cette idée d’une multitude d’inconnus s’échangeant sans vraiment le savoir leurs états-d’âmes et leurs réflexions par disques et zines interposés.
Et j’ai beaucoup aimé lire ceux de Thierry et Mickson, me concernant.

   Pour télécharger gratuitement « Mac & Cheese » (qui n’est dispo qu’en version .pdf, malgré la mise en page très cut & paste), tu retournes sur le site de Crust Caviar, le lien est sur leur page d’accueil !
Moi je te laisse après cet article un peu long, et je te dis à bientôt. Comme d’hab.

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2 réflexions sur “Split Topsy Turvy’s / Sidewalk

  1. Sidewalk dit :

    Hello ladies and gentleman!

    We from Sidewalk punk rock have some great news to announce:

    We’d like to present the new lead singer of Sidewalk! Also known under his name Jesus, the name of our newest member is Gerko Kamminga! He’s been involved in the band quite some time already, and when Bouke was quitting, the choice was not hard. Raised as choir boy and ballet dancer, 20 year later he is now a punk rock singer and skateboarder.

    Our first show with Gerko is in Amsterdam on April 4th. We spent lots of hours in the rehearsal room, so we can continue our high energy live shows.

    More shows will be announced soon and in september we’ll hit the road again for an European tour. Till then, we invite you to come to the gig in The Cave in Amsterdam next friday to welcome Jesus in the band!

    https://www.facebook.com/events/631414820227803/?fref=ts

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