Katy Perry : « Prism »

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31 octobre 2013 par Vincent

PRISM   Ok, c’est Halloween, on s’en bat les couilles, on parle du nouveau Katy Perry.
Ceux d’entre vous qui ont lu mon dernier roman (« Tifenn : 1 – Punk : 0 », roman génial, dispo pas cher, bientôt les fêtes, pensez aux cadeaux) le savent déjà : j’aime beaucoup la musique de cette fille. Je veux dire, je l’aime vraiment, au premier degré, et pas juste de manière ironique pour faire savoir au monde que je suis resté un grand enfant et que j’aime les années 90 et que blablablublublo, ironie 2.0, on rigole on rigole, bande de fils de pute j’emmerde votre second degré sarcastique de merde.
J’aime la musique de Katy Perry de la même façon et pour les mêmes raisons que j’aime la musique de Touché Amoré ou de Fireworks : parce qu’elle me fait ressentir des trucs, parce que j’ai l’impression d’y vivre des souvenirs fictifs, parce qu’elle m’évoque des images et fait échos à des trucs que je connais mais sur lesquels je n’avais jamais mis de mots ou de mélodies. J’aime sa musique, point, fin de la justification.

   Enfin non, pas vraiment fin de la justification. Parce que je sais très bien l’effet que produit le fait qu’un type comme moi, labelisé « fan de rock », parle de Katy Perry. On se demande où est le piège, où la chute de la blague va tomber. Mais il n’y a pas de piège, pas de chute à pas de blague.
Je crois qu’en fait, jusqu’ici, Katy Perry a bénéficié et souffert à la fois d’une image qui ne correspondait pas tout à fait à la réalité de sa musique. L’image d’une fille super mainstream, qui passe dans tous les médias, vend des millions d’album et donne dans le consensus mou pour bande-son de supermarchés. C’est pas tout à fait faux, bien entendu, je ne peux pas nier sa réalité médiatique. C’est en effet une artiste dont vous voyez les clips le matin en allumant M6 et que vous entendez en faisant vos courses (le prix du kilo d’oignons a encore augmenté, bordel de merde). Mais musicalement, je crois sincèrement qu’il y a eu une légère maldonne. A ses débuts, Katy Perry n’était pas une artiste de « variété », avec tout ce que ce mot porte de connotations péjoratives. Sa musique s’est en réalité toujours beaucoup plus rapprochée d’un rock sucré, en réalité pas bien loin, sur certaines chansons, de ce qui fait que j’aime d’amour le pop-punk.
Sérieux, suffit d’écouter des titres comme « Long Shot » ou « Fingerprints » pour s’en convaincre. Sa présence, il y a quelques années, sur la scène du Warped Tour n’avait rien d’une aberration. C’est en réalité plutôt l’image médiatique qu’elle a eue par la suite qui me semble être une anomalie.

   Après ça, avec son album « Teenage Dream », elle s’est peut-être un peu beaucoup mainstreamée, d’accord, mais ça restait cependant très racé, avec des influences qui piochaient bien plus largement dans la pop indé que dans la dance r’n’b qui biberonne mille autres artistes habituellement assimilés à Perry. Les arrangements, la structure de l’album, les mélodies, les paroles, même (si on oublie l’historique métaphore du sac en plastique sur le single « Fireworks », monument de poésie complètement pétée)… J’adore ce disque.
Et toujours, comme ceux qui l’avaient précédé, il ne correspondait que très partiellement à l’image que Katy Perry se trimbalait dans l’inconscient collectif.

   « Prism », ce troisième (ou quatrième, ça dépend comment tu comptes) album, correspond quant à lui totalement à cette image.
Banal, chiant, boursouflé de titres de remplissage et d’arrangements pompeux, déjà entendu mille fois, sagement consensuel, probablement composé par des marketeux de maison de disques. « Prism » est un album inutile, calibré pour le succès, comme il en sort des dizaines chaque année des usines à dollars des majors.
C’est même pas un disque spécialement mauvais, hein. Ni plus ni moins que tous les autres trucs que tu peux entendre sur Fun Radio ou NRJ 12. C’est juste une putain d’énorme déception personnelle. Un disque qui me dit que, désormais, il ne me sera plus vraiment possible de dire à mes potes « mais non, mais vous comprenez pas, en vrai, Katy Perry c’est super bien !».
Non. Maintenant, en vrai, Katy Perry, bah c’est exactement comme vous pensez que c’est.

   Et puis c’est quoi tous ces arrangements à la con ? Genre un peu de musique indienne ici, un peu d’eurodance là, et puis tiens, un titre hip-hop, et là, si on glissait quelques sons vaguement tribaux ? C’est un disque qui suit une recette, et qui fait bien gaffe à ratisser le plus large possible pour que tout le monde ait une raison de dépenser ses roros. Je suis dégoûté.

   Et, oui, je me rends bien compte que je donne dans le classique « c’était mieux avant, quand ça n’appartenait qu’à moi ». Et que donner là-dedans quand on parle de Katy Perry, c’est assez grotesque. Désolé.

   De ce disque, je ne sauve que le titre « Ghost », qui me semble bien plus instinctif et sincère que les autres, et un reste d’amour que j’ai toujours pour Katy Perry, quoi qu’il en soit. Il me semble en effet possible que « Prism » soit simplement un manque d’inspiration passager, qui lui aurait fait remettre les clés du disque à ses producteurs. Je veux dire, elle avait déjà les multimillions avant, alors je ne vois pas pourquoi elle aurait décidé d’un seul coup de se vendre et de faire de la merde. Il n’y a rien de plus à y gagner que ce qu’elle a déjà. J’ai envie de croire qu’elle peut redevenir une fille que j’aime écouter.

   Si ça te chante, tu peux aller sur son site officiel. Probable que tu puisses y trouver un lien pour acheter l’album, si t’es ce genre de déviant. Et puis je te laisse avec aussi le clip du premier single, « Roar ».
Quoique, non, en fait, c’est inutile. Le titre est sans intérêt et le clip est moche. Et en plus, t’as déjà dû le voir mille fois sans même le vouloir. Alors, plutôt, tiens, écoute ce remix pop-punk de ce même single. C’est beaucoup mieux. J’aurais aimé que l’album sonne comme ça. Mais bon. Y a un tas de trucs que « j’aurais aimés », dans ma vie, et ça n’a jamais rien changé à rien. Alors contentons-nous de ce remix, et attendons la suite. Avec encore de l’espoir, et quand même un peu d’anxiété.

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