Paranoid : « S/T »

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26 octobre 2013 par Vincent

Paranoid   D’accord, oui, je l’ai déjà plus ou moins dit dans l’article précédent, mais j’aime bien quand des groupes me demandent de parler de leur disque. Ca flatte mon ego en me faisant croire l’espace d’une minute que je suis une sommité du journalisme musical et que l’ensemble de la sphère rock mondiale attend mon avis avant de se prononcer sur telle ou telle sortie.
Et puis après je regarde les stats du blog, et je me rappelle qu’en fait les groupes débutants veulent juste faire parler d’eux dans tous les coins possibles du net, et qu’ils n’ont en réalité probablement pas lu plus d’un article ou deux sur ce blog esseulé. Bah. « C’est la vie » comme disent les Américains. Et puis en plus je suis pas le mauvais cheval, tu as pu t’en rendre compte. Tu veux que je parle de ton groupe ? Ok, je parlerai de ton groupe.
D’ailleurs, ça vient d’où cette expression sur le mauvais cheval, là ? Quelqu’un peut m’expliquer, peut-être ? Tonton Google, certainement. Je devrais aller voir, là, histoire de placer de la bonne grosse histoire du langage en introduction de cette critique…
Ouais, bon, non, en fait tout le monde s’en fout probablement, et en plus, ladite intro de ladite critique part déjà bien assez en couilles comme ça. Reprenons nos esprits, et discutons ensemble (division des tâches : j’écris, tu lis) de ce self-titled de premier album que vient de sortir le groupe Paranoid.

   Avant le mail qu’ils m’ont envoyé cette semaine, je n’avais jamais entendu parler d’eux. Ce qui est en fait plutôt normal, puisque je viens de le dire, c’est leur premier album. Même si, à en croire leur page Facebook, ces Lillois ne sont pas complètement débutants, et jouent ensemble depuis déjà quelques années… Semi-ancienneté qui s’entend d’ailleurs clairement sur ce disque.
Si ma précédente chronique, qui elle aussi faisait suite à un mail, t’a parlé d’un petit EP anecdotique mais sympa, celle-ci a pour sujet un premier album méga solide, une bonne mandale musicale qui ne peut que mettre tout le monde d’accord. Je veux dire, c’est pas l’album du siècle, hein, mais c’est un vrai putain de gros disque de rock, qui fait le taf avec une maestria étonnante. Dès la première écoute, t’as envie de voir les mecs en concerts et de relancer le disque aussitôt la dernière chanson terminée.

   S’inscrivant clairement dans l’héritage grunge, Paranoid envoie une recette connue, mais qui est utilisée de manière franche et décomplexée. Mélodique, abrasif, gueulard et direct, cet album ne contient pas une seule faute de goût sur les neuf chansons au sommaire. Même ça c’est cool : neuf titre, petit album. Une collection de chansons sans rebuts ni trucs qui auraient dû être des faces B. Que du hit en puissance. Exactement ce qu’il faut pour un premier album.
Alors oui, Paranoid est tellement ancré dans l’influence grunge qu’il est un peu difficile de faire ressortir de cet album un titre plutôt qu’un autre, et oui on a connu plus novateur dans l’histoire du rock. Mais putain, sérieux, qu’un groupe français puisse jouer ça avec un tel talent en 2013, ça ne peut que s’applaudir.
Même la prod du disque est cool. Le son est puissant, ça joue sans fioriture ni effets de style à la con… Le groupe ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas, et se contente de faire ce que trop de groupes ne font pas : il y va de toutes ses forces, sur chaque titre. Sérieusement, s’ils passent sur Paris, j’ai envie de les voir.

   Quiconque est un peu sensible au grunge (je crois qu’il reste des gens que ça concerne, genre deux trois, sur la côte ouest française) doit écouter ce disque. Surtout que c’est pas comme si 2013 nous avait fait crouler sous les productions de ce style… Pourtant, ce premier album est là pour prouver qu’avec du vieux, à défaut de faire du neuf, on peut faire du bon. Voire de l’excellent.

   Pour écouter deux titres de l’album, tu peux aller sur le Soundcloud du groupe. Et sinon, ils sont aussi sur Facebook.

On Fire   Je termine cette critique par une note annexe : la pochette du disque me fait pas mal penser à celle d’un EP qui traîne depuis longtemps dans mes playlists. Un cinq titres qui s’appelle « This Time It Is Forever », et qui a été sorti en 2004 par le groupe américain On Fire, dont c’est d’ailleurs resté le seul disque. Je vais pas développer ici, mais cet EP est une défoncerie totale, un joyau méconnu qui fait s’accoupler shoegaze et emo, et tu te dois de le posséder. Il est trouvable sur Interpunk à trois dollars soixante-dix, et tu peux mater un clip ici. Voilà.

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