Impure Wilhelmina : « L’Amour, La Mort, L’Enfance Perdue »

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10 août 2013 par Vincent

impure_amour_(big)

   Ok ok, le nom de l’album est super grandiloquent, pas de souci, je sais, on s’en fout.
La vraie putain de problématique, c’est : BORDEL DE MERDE, POURQUOI J’AI IGNORE CE DISQUE PENDANT TANT D’ANNEES ?!

   En fait je possède la version CD de cet album depuis quasiment sa sortie en 2004. J’avais à l’époque adoré l’album précédent d’Impure Wilhelmina, un disque d’emo sur-violent qui s’appelait « I Can’t Believe I Was Born In July », et que j’avais fait fumer à force d’appuyer sur la touche repeat de mon discman. A l’époque j’étais à la fac, je traînais sur le forum Awesome Board, et c’était ma grosse période emo européen, Amanda Woodward, Maple ou Envy en tête. Oui, je sais, Envy est japonais et Maple c’est plus de la pop que de l’emo. C’est bon, arrête s’il te plaît, sinon cet article n’avancera jamais…

   Donc bref, enthousiasmé par l’album précédent d’Impure Wilhelmina, j’avais bien sûr acheté le suivant, dont il est ici question : « L’Amour, La Mort, L’Enfance Perdue ». Titre sous forme de menu totalitaire et définitif. Je m’attendais à du très grand disque, j’étais chaud, excité, tout ça tout ça…
Et finalement, j’ai dû l’écouter une fois et le ranger dans mon étagère pour ne plus jamais l’en tirer.
Pourquoi ? Comment ? Aucune putain d’idée. Je ne me souviens absolument pas de mon avis de l’époque sur cet album. Est-ce que j’avais été déçu ? Vraiment, impossible de m’en souvenir. Impossible en fait de me rappeler le moindre événement de ma vie qui aurait eu ce disque pour bande-son… Si, à la rigueur, j’ai le très très vague souvenir d’un trajet en train qui me ramenait de la Suisse (pays, d’ailleurs, d’où est originaire Impure Wilhelmina) jusqu’à Paris, pendant lequel j’ai écouté l’album en somnolant, mais c’est absolument tout.
Je me suis rappelé ce disque à l’occasion d’une interview que j’ai récemment donnée et dans laquelle je me suis mis à parler de groupes de cette époque. Le nom d’Impure Wilhelmina m’est revenu en tête, et j’ai eu envie de réécouter cet album. L’une de mes meilleures idées de 2013, je crois.
En fait, mon hypothèse, c’est qu’à l’époque j’avais acheté ce disque en même temps qu’un quelconque autre qui se serait imposé plus facilement à mes oreilles. Quelque chose comme ça. La malédiction des gens qui écoutent trop de disques. Je me demande combien d’autres chefs-d’oeuvre dorment sur mes étagères, attendant que je me rappelle leur existence et que je réalise à quel point je suis passé à côté d’eux…

   Parce que oui, question chef-d’oeuvre, « L’Amour, La Mort, L’Enfance Perdue » se pose carrément là. Bien plus d’ailleurs que l’album avec lequel j’avais connu le groupe, « I Can’t Believe I Was Born In July », qui avec le temps est un peu retombé dans la masse grouillante des disques d’emo-violence « sympathiques mais dispensables ».
Mais putain, les gens, « L’Amour, La Mort, L’Enfance Perdue »… Who who who. Gros disque. Ca commence avec des larsens et des cris, ça se termine avec des larsens et des cris, et entre les deux y a des larsens et des cris pendant une heure, et c’est gigantesque.
Et en fait non, je mens, y a pas que ça. Y a aussi des instants de grâce tremblante, de chant clair et dénudé, qui tombe comme un immeuble en ruines s’écroule au milieu du champ de bataille apocalyptique qu’est cet album. Y a des inspirations, des expirations, des titres qui ne passent que rarement sous la barre des cinq minutes, une âme dans l’organisme vivant qu’est ce disque. Une âme noire et détruite, qui a tout perdu et n’a plus la force de chercher à le retrouver.
C’est un disque d’une noirceur totale, à l’image de sa pochette, une éructation qui transcende le désespoir pour nous montrer ce qu’il y a après : le nihilisme, la destruction, l’auto-destruction, les nuages gris troués par un soleil blanc et froid.

   Difficile à ne pas écouter d’une traite, à décomposer en différentes parties, « L’Amour, La Mort, L’Enfance Perdue » est un album un peu dur d’accès, mais qui sait remercier les gens qui auront réussi à en gravir l’impressionnante falaise. Emo, noise, metal, sludge par moments, il mélange tout pour se faire son identité à lui, une identité en forme de coup de poing dans le ventre assez puissant pour te faire vomir tripes et remords. Sérieusement, je m’en veux grave de m’être privé de ce disque pendant tant d’années.
Et puis ce son de guitare, qui colle tellement à la violence permanente des morceaux… Un son qui rappelle mieux que je ne l’ai jamais entendu ailleurs la nature d’une guitare : des cordes métalliques qu’on fait vibrer. On entend vraiment ça dans leur son, le médiator qui crisse contre les cordes, les doigts qui y glissent et les font gémir. Ca fout à genoux, bordel.

   Depuis, Impure Wilhemina a sorti un autre album en 2008, « Prayers And Arsons », que je n’ai pas encore écouté mais que je vais essayé de trouver au plus vite. Quand je me serai remis de ma redécouverte de « L’Amour, La Mort, L’Enfance Perdue », quoi…

   Pour explorer un peu l’univers décimé et suffoquant du groupe, tu peux aller sur leur site, ou mater ce live plutôt bien enregistré de « The Broken Wing of the Undying Bird » (oui, les mecs aiment visiblement les titres à rallonge), un titre tout à fait représentatif de cet album.

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Une réflexion sur “Impure Wilhelmina : « L’Amour, La Mort, L’Enfance Perdue »

  1. je suis content de voir que vous etes vous aussi anti halouf et pro truand de la galere vive la racaille vive morsay 2017
    Morsay politique http://www.morsay.net

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