Synthesis : « Human EP »

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3 juin 2013 par Vincent

a2928130337_10   Quand j’étais plus jeune, à l’époque du lycée, j’allais à pas mal de concerts. Probablement à plus que je n’en fais ces temps-ci, d’ailleurs, mais c’est un autre sujet.
Autre rapport entre le passé et le présent : ni alors ni maintenant je n’ai eu le permis de conduire. Mon expérience des voitures se limite aux banquettes arrières et aux sièges passagers. Je ne sais donc pas vraiment ce que c’est que de conduire la nuit.
Mais par contre, je sais quand même ce que c’est que de rouler la nuit.
Après les concerts, parfois, c’était mon père qui venait me chercher en voiture pour me ramener. Il est cool, mon père ; rien ne l’obligeait à faire ça.
J’étais adolescent, sans le sou, j’habitais en lointaine banlieue, et la supposée gêne de se faire récupérer par l’un de ses parents à la sortie d’un concert de rock était LARGEMENT contrebalancée par le soulagement de ne pas avoir à prendre, pour rentrer, quatre métros, deux trains et un bus, tout ça en courant pour ne pas rester coincé toute la nuit sur un quai de gare au fin-fond des Yvelines.
Je me souviens bien de ces retours nocturnes en voiture. Je ne sais pas pourquoi, ça fait partie des « paysages mémoriels » qui me reviennent souvent. Parfois, juste, je ferme les yeux ou simplement je laisse mes pensées glander toutes seules dans leur coin, et bam, c’est ces retours en voiture qui viennent s’afficher à l’intérieur de mon crâne, sans raison apparente.
Ces longs tunnels qui entourent Paris, comme des grottes d’accès en bitume, béton et néons jaunes.
Les gigantesques publicités lumineuses installées au sommet des immeubles, au loin.
La circulation rare, simplement quelques paires de phares entre deux terrepleins d’autoroute.
Les reflets des lampadaires par-dessus le reflet de mon visage sur la vitre de la portière.
Le vrombissement calme du moteur, et puis les dizaines, les centaines de tags qui couvrent les immenses parois de béton qui cernent Paris.
Le périphérique, l’autoroute, les départementales.
Demi-silence. Demie-chaleur. Demie-fatigue. Nuit totale.

   Je ne sais pas exactement pourquoi mais ce premier EP des Luxembourgeois de Synthesis me fait penser à tout ça.
Peut-être que c’est leur sonorité électro et synthétique qui m’évoque ces longues routes qui ne sont pas faites pour les piétons. Ou la voix calme et chaude de la chanteuse qui me replonge dans l’atmosphère d’attente tranquille de ces nuits de retour à la maison. Ou la langueur et le confort sonore du tout qui, simplement, me rappelle cette époque, ces moments précis. Electro, soul, r’n’b, pop, j’en sais rien. Mais en tout cas, c’est un disque qui te veut du bien.
Les sept chansons de ce disque sont magnifiques. Elles sont faites pour rouler la nuit en leur compagnie, en silence, sans personne avec qui discuter. Juste ce disque, la nuit, la voiture, l’autoroute et toi. Peut-être même qu’elles t’accompagneront jusqu’aux premières lueurs du jour, si tu roules assez longtemps et assez loin ?

   Le label messin Chez Kito Kat vient donc encore de sortir un disque en forme de roquette sonore. Normal, quoi.
Et, avec cet « Human EP » qui fait suite aux fabuleux disques de Soap&Skin, Open Letters ou Decker, 2013 s’annonce comme une année à EP. Ca me va.

   Pour écouter ou acheter le disque de Synthesis c’est comme d’hab : tu vas sur leur page Bandcamp ou sur le site du label, Chez Kito Kat.

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