The Wonder Years : « The Greatest Generation »

Poster un commentaire

15 mai 2013 par Vincent

The-Wonder-Years-The-Greatest-Generation   Ah bah ça y est. 2013 me livre enfin un album à la hauteur de mes attentes, après les déceptions qu’ont été, notamment, le dernier Tegan And Sara et le Pure Love.
En même temps, je suis pas surpris. D’ailleurs, c’est là toute la force de ce « The Greatest Generation » : il ne surprendra probablement aucun des fans de The Wonder Years, mais il confirmera, d’un seul coup, comme une grosse baffe dans la gueule, tout le bien qu’on pensait d’eux sans forcément s’en rendre compte.
Je veux dire, en fait, ces mecs, ce sont simplement, désormais, les chefs de file incontestables (et incontestés, à en croire les critiques dithyrambiques que le disque est en train de collectionner) du pop-punk actuel. Et ce n’est pas grâce à ce nouvel album qu’ils le deviennent, non, ils l’étaient déjà depuis deux disques, je crois. Simplement, là, les points sont mis sur les I, et s’opposer à cet état de faits va devenir une position un peu grotesque.
Je veux dire, merde… Cet album a tout. Il foutra à genoux n’importe qui ayant une affinité même lointaine avec le genre. Il te fera chialer et rire, serrer les poings et baisser les épaules. C’est d’un très grand disque, dont on parle aujourd’hui. Les gosses de Pennsylvanie sont de retour, et ils vont tout niquer.

   L’impression qui prédomine, lors des premières écoutes de cet album à peine sorti, c’est celle de retrouver des vieux potes qu’on n’avait pas vus depuis un an. Un peu comme si c’était le « season premiere » de notre série favorite. Les persos reviennent, font le point sur ce qu’on a raté de leurs vies depuis la saison précédente, on se fait la bise, on se prend dans les bras, et on se sourit en imaginant les aventures qu’on va encore vivre ensemble cette année. Cet album c’est une putain de rentrée scolaire en compagnie de nos meilleurs potes musicaux. C’est ensoleillé, un peu amer quand même à l’idée de s’être encore pris une année dans les cervicales, et ça regarde quand même l’horizon avec un sourire sur les lèvres. On est plus vieux, mais encore jeunes quand même.

   Le pop-punk a évolué, ces quinze dernières années. Blink-182 n’est plus d’actualité (j’aurais même aimé pouvoir dire « n’est plus » tout court, étant donné la piètre qualité de leur récent retour), et les ados que nous étions alors ne sont plus lycéens. On a des boulots, des apparts, des salaires ou des bulletins de chômage, certaines passions sont mortes et ont été remplacées par des peurs.
Et le pop-punk, dans tout ça, n’est plus non plus tel qu’il était. A l’époque, juste avant les années 2000, « Enema of the State » était LE disque rock à écouter. Il s’est vendu par millions, et dans son sillon, des groupes comme New Found Glory ou Sum 41 n’ont pas eu beaucoup d’efforts à faire pour eux aussi ouvrir la voie du grand public à des dizaines de labels et de groupes.
Mais aujourd’hui, sérieux, quel lycéen écoute encore ça ? Oh, il y en a sûrement quelques-uns, hein, je te demande pas de me donner des exemples autour de toi, je suis sûr que ça existe… Mais pas autant qu’à notre époque, j’en suis sûr, de ça aussi. La pop ou le rap ont un public qui se renouvelle en permanence, qui injecte du sang neuf tous les jours dans leurs scènes respectives. C’est pas le cas du pop-punk.
En bonne partie, les mecs qui en écoutent aujourd’hui sont, je crois, ceux qui en écoutaient hier. Sauf que, comme je le disais, ils ont quinze ans de plus.

   Et avec quinze ans de plus, t’as parfois un peu de mal à encore t’identifier aux incessantes chansons d’amour de New Found Glory.
Et c’est là qu’interviennent les mecs de The Wonder Years. Ces mecs dont le récent split avec Ahead Of The Weather s’appelait d’ailleurs ironiquement « Punk Is Dead. Get A Job. ».
The Wonder Years, dans ce disque comme dans ses deux précédents albums, nous raconte leur vie quotidienne, faite de retours nostalgiques dans leur ville d’adolescence, de souvenirs déçus par la réalité présente, de promesses qu’ils se sont faites lorsqu’ils étaient ados et qu’ils n’ont pas tenues une fois devenus adultes. Ca évoque le boulot, la solitude, l’amertume, la peur de l’avenir qui a remplacé l’excitation que ce concept évoquait auparavant. The Wonder Years parle de nos vies de quasi-trentenaires, putain.
Et ils le font cependant avec toujours cette énergie ensoleillée et cette cavalcade mélodique inhérentes au genre. Un genre qu’ils ne trahissent aucunement, mais qu’au contraire, ils font évoluer avec son public, enfin.

   « The Greatest Generation » est un énorme album. L’un des plus importants que le pop-punk ait enfantés depuis dix ans. Suffit d’écouter la dernière minute de la chanson « The Bastards, The Vultures, The Wolves » pour s’en convaincre, avec cette seule phrase, « I came here looking for a fight » répétée ad nauseam.
Ouais. On est tous venus ici pour se battre, et finalement l’adversaire nous a terrassés, comme il a terrassé des générations et des générations de gosses avant nous. Mais nous sommes tout de même toujours là. Fatigués, brisés, nos sourires un peu édentés… Mais on est toujours vivants.
Ce disque raconte tout ça, mec. Et il le fait avec un talent et une justesse qu’aucun autre groupe actuel n’a, je crois.
Bref : premier must-have incontestable de 2013.

   Pour choper ça, tranquille, tu vas sur le site du label, Hopeless Records, et tu te débrouilles. Aucune chance que tu le regrettes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :