Hooligans! : « Heroes of Hifi »

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23 mars 2013 par Vincent

hooligans    Ce disque est très étrange.
En fait c’est Mickson qui me l’a conseillé. Mickson, peut-être que t’as pu le lire quand le blog « Allô Mike ?! Toujours dans le jazz ? » était encore en ligne. C’était un blog vraiment très cool, dans lequel le susnommé Mickson et le ci-nommé Nasty Samy publiaient leur correspondance, discutant par mails interposés (et publics, donc) de musique, de films, de culture américaine… C’était bien.
Aujourd’hui le blog n’est plus. Mais ce n’est qu’à moitié grave, en fait, parce que Nasty Samy vient justement de publier la version papier de ces « Liaisons Dangereuses » version punk. Tu peux choper ça ici. Je t’encourage fortement à le faire.
Mais revenons à l’album de Hooligans!, si vous le voulez bien.
Donc, oui, c’est Mickson qui me l’a conseillé, ce disque. En fait non, même pas, il m’a juste filé un lien pour l’écouter, à la fin d’un mail, sans rien m’en dire de plus. Et c’est très bien ainsi. Parce que tu vas voir, ce groupe, c’est le gros mystère.

   Déjà, donc, ils s’appellent Hooligans!, et cet album, qui est leur premier disque, s’appelle « Heroes of Hifi ». Si t’ajoutes à ça qu’ils sont soutenus par un label qui se nomme Metalcore Promotions, tu te retrouves au final avec un tel amoncellement de noms grotesquement ordinaires que dénicher des infos à leur sujet tient de l’exploit.
Mais bizarrement, je trouve ça très agréable de ne rien savoir sur eux (juste que Metalcore Promotions est basé dans l’Arkansas et que l’album a été publié sur le net début 2013). Parce que tu vas voir si t’écoutes (cette phrase est pas mal : relis-la si t’as pas compris), « Heroes of Hifi » est un album assez exceptionnel.

   En fait, la seule question que je me pose vraiment, c’est de savoir à quel point ce disque est ou non une blague.
En fait, ici, on a tout simplement la synthèse parfaite, le « How To » du pop-punk, du metalcore et du screamo radiophonique. Ouais ouais, ces trois genres mélangés, genre en permanence, et avec une maîtrise des styles qui confine au prodige. Soit les mecs ont fait partie de dix groupes auparavant, soit ils ont appris par coeur tous les disques que Victory Records, Drive-Thru, Roadrunner et Vagrant ont sorti depuis quinze ans. C’est complètement hallucinant.
Donc, clairement, hein, aucune originalité nulle part. Mais peu importe tellement Hooligans! écrase tous les groupes qui les ont inspirés. Parfois c’est simplement le temps d’un couplet, parfois d’un titre entier. L’album part dans tous les sens, ça passe d’un style à l’autre sans sourciller, ça fait des beuglements de coreux en plein milieu d’un titre pop-punk, et personne ne se pose la moindre question. Prodigieux, je te dis.

   Pour quiconque ne connaît pas les styles ici visités, ce disque est une assez parfaite initiation.
Et pour quiconque les connaît, c’est une putain de fête entre potes, un samedi soir de printemps, avec un stock de bières illimité.

   Maintenant, pourquoi je me pose la question du sérieux ou non de ce disque…
Je sais pas trop, en fait. Une intuition. Déjà, les titres des chansons, qui sont des jeux de mots tous plus cons les uns que les autres. Quelques exemples : « Jim Carrey Me Home Tonight » ; « I Hope You Audrey Hepburn In Hell » ; « Cut To The Chevy Chase »…
Ensuite, cette pochette, qui parvient à la fois à faire de l’oeil aux teen-movies de la fin des années 90 et à parodier magnifiquement les logos de tous les groupes à la Hit The Lights ou Parkway Drive.
Et puis ce mélange des styles, à la fois bâtard et génial… Merde, sérieusement, écoute « Tara Reid Between The Lines » (…) et dis-moi que cette chanson a été composée au premier degré…

Et merde, c’est le tout premier disque du groupe, et pourtant, ces douze titres, c’est douze tubes complètement parfaits ! Parfaits parce que totalement pompés à droite et à gauche. Je veux dire, tu peux presque reconnaître les plans de gratte et les intonations du chant, ça renvoie à mille cinq cent autres groupes qui les ont précédés… Et en même temps, c’est fait tellement ouvertement, ce pompage général, que ça en devient un vrai tour de force. Avoir réussi à harmoniser tout ça, à faire un disque aussi in your face et cohérent avec un matériau de base à ce point foutraque, ça mérite respect éternel. On n’est jamais loin de la parodie sans non plus jamais y tomber. Putain de numéro d’équilibriste.

   Et puis, enfin, y a donc le fait que ce groupe sort de nulle part, ne fait aucune promotion, n’a pas de label… Pourtant le disque est méga-produit et commercialement complètement viable, je pense. Super bizarre. Si Mickson ne m’en avait pas parlé, sérieux, j’aurais eu aucun moyen de découvrir Hooligans!.

   Mais bon, je parle, je parle, et toi t’as toujours pas écouté cet album difforme et jouissif. Bonne nouvelle (qui va encore une fois dans le sens du degré et demi avec lequel a, selon moi, été crée ce disque) : il est en écoute intégrale et téléchargement gratuit sur la page Bandcamp de Metalcore Promotions. Fais-toi plaiz, jeune, cet album est là pour ça.

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