Meg & Dia : « Something Real »

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12 mars 2013 par Vincent

00014217-552677_catl_1200   Quand t’apprends que les Meg et Dia dont il est question dans le nom du groupe sont soeurs, normalement, ton esprit fait le lien avec un autre groupe. Non ? Putain, t’es vraiment en train de gravement voguer dans des sphères cérébrales inconnues des masses, alors, mec.

   Mais en même temps, t’aurais plutôt raison de ne pas faire le rapprochement. Parce que même s’il s’agit globalement de pop-rock dans les deux cas, Meg & Dia ont un son bien plus radiophonique et calibré que Tegan & Sara. Bien plus radiophonique, bien plus calibré, et bien moins subtil, ne nous le cachons pas. Meg & Dia n’est pas un grand groupe, et ce « Something Real » n’est pas un grand album. Pourtant, je sais pas, aujourd’hui c’était de lui dont j’avais envie de parler.

   Je ne me souviens même plus de pourquoi je l’avais téléchargé acheté. Sûrement sur un coup de tête. Sûrement parce que ce qui est cool avec le téléchargement l’achat de disques, c’est que t’as le droit à l’erreur. Et une erreur, « Something Real » en est presque une. Presque.
Sorti en 2006, c’est le deuxième album des soeurs de l’Utah (qui sont bien sûr accompagnées d’un groupe, mais j’imagine que « Meg & Dia & A Bunch Of Guys » c’est un nom moins cool, pour un groupe), et il s’ouvre sur une chanson qui s’appelle « Monster », qui est le single de l’album, et qui est excellente. En même temps, je connais peu de disques qui ont fait le choix de mettre leur titre naze en morceau d’ouverture.
Tiens, je me souviens, maintenant. C’est parce que j’avais vu le clip de « Monster » que j’avais téléchargé acheté le disque. Je te tends le même demi-piège :

   Demi-piège seulement pour deux raisons :

1) « Monster », s’il s’agit effectivement d’un très chouette titre de pop-punk radiophonique, ne tient cependant pas du chef-d’oeuvre générationnel. La faute en grande partie à cette voix. Dia, la chanteuse du groupe, maîtrise parfaitement son organe, pas de souci là-dessus… Mais justement, c’est presque trop maîtrisé, y a un petit côté « chant tragique à la Evanescence » qui ombre légèrement la qualité pop-rock et juvénile de ce titre, et globalement du reste de l’album… Même si, forcément, ce défaut ne prend réellement son sens que sur les titres les plus rock. Et y a quand même une chiée de chansons plus calmes, à la limite de l’acoustique.

2) D’autre part, si « Something Real » n’est effectivement pas grand disque, ce n’est pas un mauvais disque non plus. Sorti à l’époque sur Doghouse Records, Meg & Dia y livre une dizaine de bonnes chansons, un pop-punk féminin mâtiné d’arrangements un peu tragiques et pas dégueulasses, le tout avec des paroles pas mal, à la surprise générale, et un goût globalement acceptable qui permet de mettre ce disque en fond sonore sans redouter trop fort le jugement moqueur de ses amis.

   En fait, il est difficile de mettre le doigt sur là où ça pêche réellement. Je veux dire, toutes les chansons sont au moins acceptables, voire bonnes pour certaines, aucun aspect du disque n’est réellement rédhibitoire (à part peut-être ce chant trop sérieux sur les morceaux les plus énervés)… Non, je sais pas exactement.
Peut-être qu’en fait, le problème, c’est que si ce disque avait été chanté par un mec, il n’aurait jamais eu aucune chance d’être traité ici ? C’est moche, et ça dit sûrement plus de choses sur moi que sur elles, mais j’arrive pas à me défaire de cette idée. Je veux dire, toute la personnalité de la musique de Meg & Dia, toute son originalité, est contenue dans le fait que ce sont des filles. Fin. Pour le reste, c’est un disque de pop-punk anecdotique et sympathique.

   Sauf que. Encore.
Alors que je viens d’écrire mon paragraphe précédent, et que, même en le relisant, je pense toujours ce que j’y dis, je me dis que je suis injuste. Là, tout en tapant cet article, j’écoute le titre final de l’album, « Setting Up Sunday », et ce chant chuchoté au milieu… Non, en fait, ces filles ont un truc à elles. Simplement, ce truc, on ne l’entraperçoit que par touches fugaces, sur ce disque. Il apparaît une demi-seconde pour redisparaître aussitôt derrière le classicisme pop-rock. Comme des rayons de soleil derrière des nuages gris. Mais y a dans ce disque un potentiel qu’on devine parfois, la possibilité de créer un monstre incroyable, une fusion surréaliste de Vanessa Carlton et de Northstar.
En fait, je crois que je devrais télécharger acheter leurs disques suivants, non ? Ca aurait un sens, vu ce que je viens de dire. En plus, le disque qui a fait suite à celui-ci a une très jolie pochette, je trouve :

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Sur ces bons mots, je te laisse avec une info très marrante : Dia, la chanteuse, a été la gagnante de l’émission The Voice aux Etats-Unis, il y a genre deux trois ans. C’était bien après la sortie de ce disque, et ça explique pas mal le fait que la page Wikipedia de Meg & Dia, qui n’est pourtant pas vraiment un groupe culte, soit aussi fournie.
D’ailleurs, sa victoire semble avoir mis fin au groupe, qui aux dernières nouvelles n’existe plus. Pop-punk is dead, get over it and start making money.

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