History On Repeat : « So Long, Future Boy »

Poster un commentaire

7 mars 2013 par Vincent

2240487891-1    Tout à l’heure j’étais en pleine investigation, gros journalisme à fond, parce que tu le sais bien : sur Survivre la Nuit, ça ne plaisante pas. En fait j’écoutais les premiers extraits du prochain album de Nightmares For A Week, qui va sortir dans quelques jours sur le label Broken English. Ils sont cool, ça augure d’un bon disque.
Ce travail effectué avec le sérieux qui caractérise ce blog, j’ai ensuite un peu plongé dans les archives du label, et je suis tombé sur cet EP, sorti en 2010. Je ne connaissais pas du tout le groupe, History On Repeat, pas même de nom, mais les quatre titres contenus sur ce disque (a priori uniquement dispo en dématérialisé) ont été un coup de foudre musical immédiat.
Là ça doit faire deux heures que je n’écoute qu’eux, en boucle.

   Pourtant, t’inquiète, il ne s’agit pas d’un chef-d’oeuvre passé inaperçu, ni d’une pierre angulaire de la musique rock, hein, loin de là. Non, « So Long, Future Boy » n’est qu’un EP de pop-punk américain parmi d’autres, et tu es d’ors et déjà autorisé à ne pas lui accorder plus d’attention que ça.
Alors pourquoi je le kiffe à ce point ? Parce que, dans sa sonorité, dans l’espèce de gravité un peu théâtrale qui y est donné au pop-punk, cet EP me rappelle les grandes heures du label Drive-Thru Records.

   Tu t’en souviens ? Des groupes comme Finch, The Starting Line, Homegrown. Le terreau de mon imaginaire, là d’où viennent tous mes délires sur les pavillons américains et les séries télés parlant d’adolescents amoureux. Ouais. Tout vient de là. De cette époque, à la fin du lycée, où j’ai découvert cette musique, où je lisais les critiques de Nathalie Vincent dans Rocksound avec l’impression qu’elle était mon alter-ego. Les vrais se rappelleront.
Des albums destinés à devenir des classiques pour moi, des disques qui me racontaient des histoires d’adolescents californiens en train de vivre les années les plus intenses, belles et dramatiques de leurs vies. Ils faisaient du skate, tombaient amoureux, étaient tristes, heureux, seuls, avec leurs potes. Ils mettaient tout ça dans des chansons et moi je les écoutais et essayais de me reconnaître en eux, d’en faire les pages du journal intime que je n’écrivais pas.
Y avait un son vraiment spécifique à cette époque du pop-punk. Ca le mélangeait à quelque chose de très lisse, un son cristallin et tragique qui se matérialisait aussi dans certaines pochettes, dans les clips, les paroles souvent trop vagues et générales pour être honnêtes… On n’était clairement pas dans l’intimiste. La prod était super propre et radiophonique, ça se prenait au sérieux, trop peut-être, j’en sais rien, mais en tout cas, ça correspondait exactement à ce que je vivais. Ou plutôt, à ce que je ne vivais pas, puisque ma vie à moi était celle d’un ado de banlieue parisienne, mais à ce que j’aurais voulu vivre.

   Aujourd’hui Drive-Thru Records n’existe plus, ces groupes non plus, pour la plupart (quoiqu’en avril prochain, je vais voir The Starting Line en live… C’est tellement surréaliste que je ne peux pas être déçu, même s’ils ont pris dix ans et trente kilos), et ce style de musique lui-même est tombé en désuétude, ridiculisé par la frange DIY du punk qui n’y a vu (probablement à raison, du moins en grande partie) qu’une tentative commerciale de rendre notre scène plus « MTVisable ». C’est une époque musicale qui n’appartient plus qu’à mes souvenirs, et probablement à ceux de quelques autres types dans mon genre à travers le monde. Même Rocksound est mort.
Tiens, d’ailleurs, Nathalie Vincent, journaliste à Rocksound, existes-tu toujours ? J’aimerais t’interviewer sur cette époque, ce serait marrant.

   Bref, tout ça pour en revenir à l’EP d’History On Repeat. Sans rien inventer (c’est un euphémisme), ce disque me renvoie en pleine gueule cette époque, ces influences. Impossible que ces gosses de l’Iowa n’aient pas, eux aussi, saigné les disques de The Starting Line ou le premier album de The Used.
Je ne pensais pas un jour réentendre ça. Putain ça fait plaisir.

   A priori, depuis ce disque, pas grand-chose, même si un album est attendu pour cette année.
Mais pour l’heure, ce que tu vas faire, c’est aller sur cette page Bandcamp, et écouter ces quatre chansons (plus un radio edit qui ne sert à rien) qui sentent bon l’année 2002.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :