Fireworks : « Bonfires »

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6 mars 2013 par Vincent

bonfireworks   Un matin ordinaire, en septembre dernier, l’album « gospel. », du groupe américain Fireworks, est devenu l’un de mes disques favoris.
J’étais au Québec et j’attendais un bus. Vous voyez, en fait, depuis la France j’avais réservé le début de mon séjour là-bas dans un hôtel au hasard. Je me disais qu’en étant sur place, il me serait plus facile de vraiment choisir un hôtel bien placé et pas trop cher, et que ça servait à rien de passer des heures sur internet pour trouver l’endroit idéal alors que je ne connaissais pas la ville ni rien.
C’est ainsi que, pour les deux premières nuits, j’ai dormi dans un hôtel immense, un truc de chaîne, vous voyez, un hôtel pour businessmen. Un truc dont la chambre avait certes une baignoire, mais qui était trop cher pour moi, et en plus situé à plus d’une demi-heure du centre-ville de Québec. Bref, fallait que je bouge.
Pendant les deux premiers jours j’ai erré dans Québec, regardant tout et rien autour de moi, achetant de la bouffe locale, discutant avec des gens, et m’étonnant du fait que là-bas les cigarettes sont plus petites qu’ici d’au moins un tiers. Aussi, le soir, j’allais voir des concerts sous un pont. Mais ça j’en ai déjà parlé.
Et puis aussi, finalement, j’en suis venu à repérer une auberge de jeunesse qui correspondait plus à mon budget et qui avait l’avantage d’être en plein centre-ville.
D’où, donc, au matin du troisième jour, moi à l’arrêt de bus, assis seul sur mon sac de voyage, avec dans les oreilles « gospel.« , le deuxième album de Fireworks.

   C’était un dimanche matin, et au début il n’y avait personne d’autre avec moi. Le ciel était un peu gris, et à mesure que l’attente se prolongeait je commençais à douter d’être au bon endroit. En fait c’était un arrêt situé vraiment en lointaine banlieue québécoise, dans une rue pavillonnaire qui évoquait furieusement les Etats-Unis, avec des pelouses alignées et bien entretenues et des maisons toutes identiques et tout. Dimanche matin oblige, très peu de circulation dans la rue, et même question piétons, à peine un joggueur de temps en temps. Ambiance d’apocalypse tranquille. Et en plus la rue était plus ou moins en travaux, d’où mes doutes quand à la validité de l’endroit où j’attendais mon bus.
Mais en vrai je m’en foutais. J’avais une dizaine de jours devant moi, des jours seuls, à des centaines de kilomètres de ma vie quotidienne, de ce que j’attendais du monde et de ce que le monde attendait de moi. Une dizaine de jours dans un endroit que je ne connaissais pas et qui ne me connaissais pas. Une relation à créer avec cette ville et ces habitants. Le temps était agréable, le paysage suburbain aussi, mon sac de voyage confortable, mes baskets aussi, et merde, je pouvais attendre aussi longtemps que nécessaire, je n’avais rien de mieux à faire.
Surtout que, dans mes oreilles, « gospel.« . Plus précisément, la sixième chanson de l’album, celle qui s’appelle « Oh, Why Can’t We Start Old And Get Younger« . C’est pendant celle-ci, alors que je matais les pavillons du trottoir faisant face à l’arrêt de bus, que j’ai compris que, ça y était, ce disque venait d’entrer dans mon top 10 toutes catégories et toutes époques confondues.

Birthdays and new years
Have just turned into deadlines
And the worst part is
There’s only a month between mine
When I speak, people look at me
Like I’m sending smoke signals
My words don’t come easy anymore

   (Brève explication de texte : je suis moi-même né le 1er février. Trouve une chanson qui décrive aussi précisément ta vie, et on reparle.)

   Pourquoi comment, dur à expliquer, juste, je l’aimais déjà ce disque, et là, par hasard, il s’est trouvé en totale adéquation au moment, au lieu, à ce que j’en ressentais.
Fireworks, sur cet album, livre une musique sublime, un pop-punk désabusé, le journal intime musical de types qui savent bien que, désormais, ils sont trop vieux pour encore regarder « Buffy » en se disant qu’ils pourraient être des personnages de la série, mais qui, en même temps, ne parviennent qu’à moitié à se faire à cette idée.
Et puis tout colle parfaitement, l’artwork, les paroles, les arrangements, l’ordre des morceaux… Tout est exactement comme ça doit être. « gospel. » est un grand disque et, depuis ce matin québécois de septembre, un très gros morceau de mon sanctuaire musical à moi.

   Mais putain, pourquoi je te parle de tout ça, moi ?! Le titre de cet article dit que je dois critiquer l’EP « Bonfires« , en fait ! Celui que le groupe a sorti en 2010, juste avant « gospel.« .
Sur ce vinyle 7 pouces, trois chansons. Trois très chouettes titres de pop-punk, comme je les ai toujours aimés.
Comme je les ai toujours connus, également.
Et c’est là qu’on en arrive à l’explication de pourquoi je te raconte ces histoires d’arrêts de bus et tout ça : parce que tu remarqueras, en reprenant ce fabuleux article à son début, que si je dis que « gospel. » est bien devenu l’un de mes albums favoris, Fireworks n’est pas devenu l’un de mes groupes favoris.
Ouais. Le reste de leur discographie, tout en étant excellent pour les oreilles de n’importe quel amateur de pop-punk, est d’un classicisme très sage, qui les range direct dans la catégorie surchargée des héritiers de New Found Glory. Aucun mal à ça, au contraire, surtout que Fireworks fait super bien le taf, mais pas de quoi non plus en faire un groupe favori, quoi.
Sauf sur « gospel.« , donc. Or, comme cet album est le dernier en date du groupe, il m’est tout à fait permis de croire qu’il ne s’agit pas d’un magnifique accident de parcours, mais d’une promesse pour l’avenir. On verra bien.

   En attendant d’être déçu aux larmes ou, au contraire, de pouvoir légitimement se lacérer le mot Fireworks sur le bras, tu peux quand même écouter ce « Bonfires« . C’est un EP aucunement légendaire, mais tout à fait sympathique. Il s’achète sur le site du label, Run For Cover Records.

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