Nieces And Nephews : « S/T »

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9 février 2013 par Vincent

nieces_500_500_80_s   En écrivant mon article d’hier, j’ai été mené à m’intéresser au projet Nieces And Nephews, qui a partagé l’année dernière un split 12″ avec Cassis Orange. Honnêtement, j’étais jusqu’ici passé à côté, ne m’étant à l’époque penché que sur la face Cassis Orange du split. Grosse erreur de ma part, que je vais essayer de réparer aujourd’hui.
En fait, ça fait vingt-quatre heures que je n’écoute que ce disque, cet unique album pondu par Nieces And Nephews en avril dernier. Toute la nuit dernière, toute la journée d’aujourd’hui, ces huit titres, en boucle. Incapacité totale de me mettre autre chose dans les oreilles, pas même le silence. Oh, ça va me passer, hein, mais tant que la flamme brûle, autant propager l’incendie.

   Tout à l’heure j’étais dans le métro, ce disque dans les oreilles, donc, et je réfléchissais à la façon de commencer mon article, à quel angle j’allais prendre. Je me disais que je me voyais bien placer une phrase genre « musicalement, ça ressemble pas mal à du M83. Du M83 qui serait parvenu à écrire plusieurs bons titres à la suite, et pas juste un seul par album« . Ca aurait été cool, petit clash discret de M83 tout en situant un peu les sonorités de Nieces And Nephews. Ouais, je me disais que j’allais partir là-dessus.
Et puis là, en arrivant au taf (oui, j’ai un taf qui me permet de passer mon temps à écrire des inepties sur internet), j’ai vite fait essayé de trouver des infos sur ce groupe, et j’ai découvert que 1) ce n’était pas un groupe mais le projet solo d’un mec de Caroline du Nord qui s’appelle Justin Flythe, et que 2), ce type a composé ce disque depuis sa chambre d’hôpital, où il est resté plusieurs mois sous chimio afin de survivre à un cancer.
Ah. Ok. Bon, bah, je crois que je vais amorcer l’article en parlant de ça, plutôt que de faire des comparaisons à volonté comique.

   Mais bon, ça y est, ladite amorce de l’article est faite, on peut revenir aux vannes sur M83. Ah. Ah.
Les huit titres de ce disque (qui n’en est pas un, puisqu’il n’est disponible qu’en cassette… Ouaip, je parle beaucoup de cassettes, ces temps-ci ; c’est le hasard, juré) sont d’assez longues plages sonores, composées de couches électroniques qui se superposent et se mélangent les unes avec les autres pour tisser un paysage musical vraiment bizarre, à la fois super hivernal et agréable. Comme une étendue infinie de neige pure, tu vois ?
Impossibilité totale d’identifier les instruments à l’origine des sons utilisés, on est à fond dans la « bedroom music » faite sur ordinateur. Sauf que cette fois c’est bien. Tout est trafiqué, déformé, amplifié, et pourtant ça passe nickel, grâce à une sensibilité pop qui réussi malgré tout à survivre à l’avalanche d’effets qui pleut en permanence sur ce disque. Les sons sont saturés et cristallins à la fois, ça crache dans les enceinte tout en parvenant à ne jamais être agressif ou hostile. C’est la BO d’un film triste et beau, un truc filtré, lointain, mais qui jamais n’oublie d’être humain.
Les voix semblent traverser des étendues stellaires avant de nous parvenir, les mots sont difficiles à identifier, et juste, on a l’impression d’un loin voyage en train au milieu d’un désert enneigé, le front posé contre la vitre du compartiment, avec autour de nous des inconnus timides qui n’osent pas nous regarder.

   Sérieusement, faut que tu te procures cette cassette. C’est un truc à écouter tout seul, MAINTENANT, alors qu’il fait encore froid et gris. Tu fous ça dans l’autoradio de ta caisse, et tu roules au hasard sur ces routes qui relient entre elles les petites villes de banlieue parisienne, vers 17H30-18H. Le soleil se couche, le ciel est toujours gris mais à l’horizon il y a un peu de doré, et tout ce que tu peux voir c’est des forêts dénudées, des champs qui à cette saison ne sont que des étendues de terre gelée, et puis, au loin, des rangées de pavillons blancs.
Spleen garanti.

   Je n’ai aucune idée de l’avenir de ce projet. Je sais juste, grâce à cette chouette interview (en anglais), que Justin est a priori sauvé de son cancer. Je sais également qu’il faisait partie, au départ, d’un groupe nommé Lonnie Walker, et qui musicalement n’avait RIEN à voir.
Peut-être que cette cassette restera la seule et unique sortie de Nieces And Nephews. Bien possible. Mais même si c’est le cas, putain, quelle sortie, quoi ! Gigantesque explosion de givre dans ma tête.

   Pour télécharger gratuitement le disque, ou acheter la cassette pour trois pauvres dollars, tu vas sur la page Bandcamp de DiggUp Tapes, le label qui a sorti l’album. Là-bas, tu pourras aussi écouter ces chansons, et te faire vider les glandes lacrymales en moins d’une minute.
Je t’envie de découvrir ce disque pour la première fois.

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