Split Alone With King Kong / S8N

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4 janvier 2013 par Vincent

Pochette2    Hey ! La nouvelle année ! Les cotillons ! La joie ! Les bonnes résolutions ! 2013 ! « Ohlala, qu’est-ce je me suis mis, le soir du 31 !« .
Fermez. Vos. Putain. De. Gueules.
Merci.

   Bon, vous avez dû le remarquer, je n’ai pas cédé à la tradition du top de fin d’année. La raison en est simple : c’est un truc qui, en général, me remplit de honte et me donne envie d’arrêter d’écrire sur internet. Je m’explique.
Quand je consulte les pages de gens dont j’aime les goûts musicaux et la manière qu’ils ont d’en parler, invariablement, en fin d’année, ils livrent leurs tops. Et dans ces listes, TOUJOURS, ne se trouvent que des disques que je n’ai pas écoutés, et dont, même, j’ai l’impression de n’avoir jamais entendu parler. Les mecs sont dans des profondeurs souterraines qui sont juste inimaginables pour le fan de Papa Roach que je suis, et je me sens tout honteux, à côté d’eux, de perdre mon temps et mon énergie à parler de groupes dont, de toutes façons, mes lecteurs savent déjà tout.
Ok, je suis un peu injuste avec moi-même, mais il y a derrière ça une réflexion de fond qui revient souvent lorsque j’écris pour Survivre la Nuit.
Je me demande si ça a le moindre intérêt d’écrire mon amour de tel ou tel disque, si le disque en question est déjà chroniqué sur 816 sites différents. En quoi ma voix supplémentaire a-t-elle le moindre intérêt ?
Le but de Survivre la Nuit, encore plus sous sa forme présente, est de parler de disques et de livres que j’aime, et, si possible, de les faire connaître à d’autres personnes. C’est tout. Rien de plus rien de moins. Si cette possibilité de « faire connaître » disparaît, par exemple dans le cas d’un album tellement connu qu’il devient superflu d’encore en parler, alors, à quoi bon ? Je n’en sais rien. Je n’ai pas atteint la conclusion de ma réflexion, en fait, c’est du work in progress.
Les blogs musicaux n’ont pas vocation à être des magazines généralistes, je crois. C’est notre rôle, modeste mais utile, de chercher loin, de fouiller profondément, histoire de, réellement, faire connaître.
J’espère y être parfois arrivé.
J’espère encore pouvoir le faire.

   Mais trêve d’inepties, on passe au disque du jour.

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   Tu n’as sûrement pas remarqué, parce que tu ne remarques jamais rien, mais cette pochette n’est pas exactement la même que celle postée en tête de l’article. Les deux mecs ont échangé leurs places. Non mais je te le dis, quoi, histoire de faire mon travail à fond, c’est tout, le prend pas mal.
Les deux mecs en question, c’est Thomas Rocton et Florian Schall, qui se partagent ce disque assez génial, dernière production du label Chez Kito Kat pour l’année 2012.
Thomas Rocton, c’est l’homme derrière le nom de code Alone With King Kong. J’en ai déjà parlé ici et .
Florian Schall, c’est l’un des deux types derrière Twin Pricks. Je l’ai interviewé ici. S8N, c’est son projet solo, dont ce split est la première sortie du bois.

   Laisse tomber, ce disque tue.
Ca commence par six titres d’AWKK. Six chansons d’un pop-rock discret, racé dans ses arrangements, un truc que j’ai envie de qualifier d’ « assez anglais » sans trop savoir ce que je veux dire par-là. Ca sonne comme un retour chez soi via le train de banlieue, un matin de printemps, vers 7H30, alors que tu peines à éponger l’alcool bu pendant la nuit, tu vois ? Joyeux et mélancolique à la fois. T’as le front contre la vitre, l’haleine chargée, pas encore envie de dormir, et tu regardes le soleil se lever sur les champs autour de ta ville en te souvenant que tu y vis depuis quinze ans et qu’elle n’a pas changé, mais toi si, et tu ne sais pas quoi en penser.
Digression.
Pour la première fois, j’aime totalement et sans réserve un disque d’Alone With King Kong. Voilà. C’est fait.
Jusqu’ici je restais un peu à la porte de la musique de Thomas, peut-être à cause d’arrangements trop nombreux et trop compliqués pour moi. A cause, paradoxalement, d’un talent de musicien trop visible, qui me semblait écraser le côté « pop » que j’aime dans la musique.
Ici, enfin, je trouve l’équilibre parfait, et j’ai méchamment fait tourner ces six premières pistes du split. En fait, dès la première écoute, j’ai compris que mon avis sur AWKK venait de changer. Ca s’est passé pendant la première chanson du disque, « Private Jokers« , à 2 minutes 04, pour être précis. T’écouteras, tu verras de quoi je parle. C’est du sucre auditif.

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   Suite à cette première claque, le mouvement retour du split : S8N. Au passage, lorsque j’ai enfin compris comment prononcer ça, j’ai décidé qu’il s’agissait du meilleur nom de groupe de 2012.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce nouveau projet de Flo. Un premier clip avait précédé la sortie du disque, et j’avoue qu’à ce moment-là, ça ne m’avait pas plus emballé que ça. Ca ne m’avait pas non plus déçu, juste, je n’étais pas parvenu à en penser grand-chose. C’était un truc lo-fi, acoustique, plutôt cool mais sans aspérités particulières, et j’avais un peu peur que S8N ne soit en fait que l’exutoire solo d’un mec qui a fait partie de mille groupes. Une manière d’enregistrer des démos et de faire croire qu’il s’agit de disques terminés, un peu comme le font la plupart des chanteurs lorsqu’ils sortent des disques sous leur nom propre.
J’avais tort. Et même la chanson qui avait eu le droit à son clip, « Curse In Words« , prend un sens nouveau, entourée par ses cinq soeurs musicales, révélant qu’en fait, la version vidéo n’était, elle, pour le coup, qu’une démo.
S8N, comme AWKK, est certes un projet solo, mais ne se limite cependant aucunement au classique guitare sèche/voix, et allume des incendies dans toutes les directions. La voix de Florian, aussi sur le fil et émotionnelle que dans Twin Pricks, s’assure de plus en plus dans le chant. Ici, plus aucun artifice de mélodies électriques ou de cris, le mec se dévoile juste comme un putain de chanteur. Genre, merde, écoute « Mistaken Identity« , c’est chaud comme c’est bien.
Rock, pop, voire folk sur certains passages, c’est comme tu veux. Ces six chansons tiennent carrément la route mises à côté de celles d’AWKK.

   Les deux projets sont d’ailleurs méga cohérents, ainsi réunis. Le même faux dépouillement, la même générosité vocale, la même maîtrise musicale, la même impression matinale, la même envie de les avoir dans ses écouteurs pendant les journées pluvieuses.
Les différences se situent plus au niveau des ambiances, Alone With King Kong me semblant, sur ce disque, plus sombre que S8N (un comble quand on sait que Florian a utilisé des visuels lovecraftiens pour présenter son projet…), moins enthousiaste quant à l’avenir. Je ne parle pas des paroles, hein, ni des mecs, juste de l’ambiance musicale. S8N, au contraire, me donne envie que l’été revienne vraiment vite.
En tout cas, des deux côtés du disque (je déconne, en fait c’est malheureusement un cd), c’est mortel. Si j’avais fait un « top 2012« , ce split aurait été dedans.

   Pour écouter, voire télécharger gratuitement ces douze chansons, tu peux aller sur le Bandcamp d’Alone With King Kong, ou sur celui de S8N.
Sinon, tu peux aussi acheter le cd via le site du label Chez Kito Kat, qui, sans surprise, est responsable de ce brasier musical.
En guise d’au revoir, un clip de « Filler« , une chanson de Minor Threat que Thomas et Flo reprennent ensemble. Malheureusement, le titre n’est pas sur le disque, mais tu peux le télécharger grâce aux liens du dessus, tout comme une autre reprise commune, elle de Fleetwood Mac.

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Une réflexion sur “Split Alone With King Kong / S8N

  1. Control dit :

    Vazy, casse pas les couilles et poste un top, merde!

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