Bryan Lee O’Malley : « Scott Pilgrim »

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13 décembre 2012 par Vincent

sp6   Bon, ce texte arrive méchamment après la bataille, vu que le comics « Scott Pilgrim » a été publié entre 2004 et 2010, qu’il a depuis donné lieu à un film, et que, globalement, il y a de fortes chances pour que vous sachiez déjà tout ce qu’il y a à savoir dessus.
Mais ces derniers jours je me suis relu l’intégral (6 volumes), et je ne sais pas, j’avais envie d’en parler, même vite fait. On va faire comme si vous n’aviez jamais entendu parler de cette histoire, ok ? Ce sera plus simple pour moi.

   Scott a 23 ans, vit à Toronto (Canada, biatches !), et ne branle pas grand-chose de sa vie. Il est bassiste dans un groupe de rock plus ou moins merdique, passes ses journées à jouer aux jeux vidéo, ne bosse pas, partage un appart dégueulasse avec un coloc gay qui dort dans le même lit que lui, et sort depuis quelques jours avec Knives, une lycéenne de 17 ans. Ce qui est une raison suffisante, largement, pour que ses potes se foutent sévèrement de sa gueule.
Aussi, dans ses rêves, Scott rencontre une meuf chelou avec des cheveux bleus et des rollers aux pieds. Au cours d’une soirée, il se rend compte que cette fille existe aussi dans la réalité, qu’elle s’appelle Ramona Flowers, et que c’est en gros la femme de sa vie. Totalement amoureux dès le premier regard, Scott largue Knives, et fait tout pour séduire Ramona. Qui finalement se laisse faire avec plaisir, et accepte de sortir avec Scott…
… A la seule condition qu’il défonce la gueule de ses sept ex maléfiques.

   Et là, ce comics qui s’annonçait jusqu’ici comme une chronique emo et marrante sur des post-ados qui ont du mal à devenir adultes, se transforme d’un seul coup en bande-dessinée de fight, avec l’arrivée du premier ex maléfique de Ramona. Il balance des boules de feu partout, invoque des démons, et ça n’étonne personne. D’ailleurs, Scott se révèle être le meilleur combattant de Toronto (tout le monde était au courant sauf le lecteur, visiblement), et met bien sa branlée à ce premier adversaire.

   Le mix entre le côté « chronique émotionnelle » et le « what’s the fuck?! » généralisé reste par la suite constant, et dosé avec une précision qui fait qu’aucun des deux aspects ne prend jamais le pas sur l’autre. En fait, même si l’histoire n’a pas grand-chose à voir, ça m’a vachement fait penser à la série Buffy, dans le sens où un gros background fantastique est soutenu par une surprenante profondeur de personnages et d’émotions. Ou le contraire, ça marche aussi.

   Vraiment très drôle, imprégnée jusqu’à l’os de références sincères au jeu vidéo et au rock indé, super bien racontée, blindée de personnages secondaires tous plus attachants les uns que les autres, dessinée dans un style ultra manga qui fonctionne à mort, cette bd est l’une des meilleures que j’ai lues ces dernières années, et même si j’arrive trop tard pour que ce soit vraiment utile, il fallait que je le dise.
Le propos réel de « Scott Pilgrim« , c’est les relations amoureuses, et ce qu’elles deviennent une fois qu’elles sont terminées. Les souvenirs qu’elles laissent en nous. Pour un type comme moi qui passe son temps à s’adonner au révisionnisme émotionnel et à la planification d’accidents relationnels, la fin de « Scott Pilgrim » a été surprenament touchante. Il y a une vraie justesse de ton, et un vrai propos derrière le délire de façade. Scott, c’est un peu le connard involontaire qui se cache chez tout amoureux.

   Si tu veux choper ça, c’est édité par Oni Press, qui a sorti un chouette coffret regroupant l’intégralité de la série. Je sais aussi qu’ils sont en train de ressortir la série en couleurs. Je ne sais pas trop quoi penser de cette colorisation, et dans le doute, je te conseillerais de te tourner vers l’édition originale en noir et blanc.

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   Sinon, l’auteur, un Canadien d’une trentaine d’années qui s’appelle Bryan Lee O’Malley, avait auparavant sorti un seul autre album, « Lost at sea« . Je ne peux rien vous en dire, je l’ai commandé la semaine dernière, mais pas encore lu.

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   Comme je le disais au début, « Scott Pilgrim » a donné lieu à une adaptation ciné, sortie je crois l’année dernière, et passée complètement inaperçue. Pourtant, elle est plutôt très bonne, tant en tant que simple film qu’en tant qu’adaptation. Scott est incarné par Michael Cera, et le film est réalisé par les mecs qui s’étaient chargés de « Shaun of the Dead« . Ca reste clairement moins génial que la bd, mais c’est un vrai bon film.

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   Enfin, pour boucler la boucle, un jeu vidéo « Scott Pilgrim » existe également. Il est sorti en dématérialisé sur PS3 et XBox 360, et c’est un beat ’em all qui se la joue à mort old school et est bizarrement très fidèle à l’esprit du comics. Franchement, il doit coûter genre cinq euros, et offre quelques heures de jeu plutôt cool. Fais comme moi, achète tout, et deviens une putain de groupie. Scott le mérite.

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2 réflexions sur “Bryan Lee O’Malley : « Scott Pilgrim »

  1. Matthieu dit :

    si ça peut te rassurer je n’ai découvert Scott que l’année dernière (assez à la bourre aussi, donc), et je n’ai même pas encore fini la BD (j’avais lu le début chez un pote) ni vu le film. Comme quoi, tu peux encore trouver des gens pire que toi !

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