Versus The World : « Drink. Sing. Live. Love. »

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23 août 2012 par Vincent

   Longtemps, je me suis couché de bonne heure.
   Pardon. Cette vanne, certes d’un très haut niveau littéraire, a déjà été faite mille fois. Mais quand on commence un texte par « longtemps », il est physiquement impossible de ne pas la tenter.
Maintenant que je me suis acquitté de mes obligations, reprenons, s’il vous plaît.

   Longtemps, j’ai cru que si je ne faisais pas de critiques pour les disques que je n’aimais pas, c’était pour éviter de faire le bâtard. Je veux dire, les groupes que j’écoute sont assez souvent des formations confidentielles, dont la réalité humaine est très perceptible. Je ne vois pas vraiment l’intérêt de les blesser par une critique négative de leur travail. Surtout que, ne pas parler d’eux a finalement le même effet que parler d’eux en mal : éviter à mes quelques lecteurs l’écoute de disques que j’estime mauvais.

   Mais en fait, c’était pas ça.
Le truc, c’est qu’ici je ne parle que d’oeuvres qui sont un peu liées entre elles, qui forment une toile à peu près cohérente dans mon sanctuaire mental. Et, par la force des choses, généralement, les portes de ce sanctuaire ne s’ouvrent que pour des groupes ou des auteurs dont j’ai aimé le travail.
Mais parfois, ces artistes ramènent avec eux leur famille et leurs potes.
Et tout comme aucune réunion familiale ne peut se faire sans la présence d’un vieil oncle alcoolique qui passe le repas à lorgner le décolleté de la petite cousine de quatorze ans, aucune généalogie musicale ne serait complète sans son groupe de merde.

   Ainsi, Versus The World, le groupe dont il est ici question, compte en son sein Mike Davenport, qui officiait à la basse dans The Ataris, voilà quelques années. The Ataris, je l’ai déjà dit, c’est mon groupe favori. Donc, forcément, presque par obligation, je m’intéresse aux trajectoires de tous ses anciens membres. Et les gaziers sont nombreux, compte tenu du rythme auquel Kris Roe, la tête pensante du groupe, les use.
Après s’être fait lourdé du groupe pour des raisons obscures, Davenport a fondé Versus The World en 2005 avec quelques potes, et a sorti un premier album la même année, chez Kung-Fu Records. On parlera bientôt de Kung-Fu Records, d’ailleurs.
C’était déjà assez mauvais, et la pochette était vraiment très moche.

   Sept ans plus tard (aucune idée de ce qu’il s’est passé entre temps. Probablement rien), ils reviennent avec un deuxième album, peut-être aussi inintéressant que le premier. Ah, sauf que maintenant y a aussi un mec de Lagwagon dans le groupe. Histoire de rendre la formation encore plus intimement liée à mon panthéon perso.
Sur le vinyle, un autocollant proclame fièrement : « For fans of Alkaline Trio and The Gaslight Anthem« . La comparaison avec Gaslight est une arnaque totale destinée à surfer sur la popularité des mecs du New Jersey, mais celle avec Alkaline Trio est plus pertinente.
Sauf que la plus mauvaise chanson d’Alkaline (et dieu sait qu’ils en ont faites, des mauvaises chansons) enterre la meilleure de Versus The World. Sans les mains et les yeux fermés, même.
Versus The World, c’est du pop-rock avec un gros son et une voix claire qui vire souvent au néo-metal. Je ne plaisante pas. Parfois y a des courts solos (on dit « des soli », je sais) de guitare. C’est très bien enregistré, c’est très produit, et c’est absolument sans aucun intérêt. Grosse dégueulasserie musicale comme ça ne devrait pas être permis.

   Donc bon, voilà. Finalement, il m’arrive de dire du mal d’un disque. Mais pour ça, faut quand même qu’il appartienne à la famille.
D’ailleurs, inutile de dire que j’achèterai également les prochains albums de Versus The World. Qui seront, à n’en pas douter, tous aussi merdiques que celui-ci.

Le site internet du groupe, si vous voulez leur donner une chance quand même.

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2 réflexions sur “Versus The World : « Drink. Sing. Live. Love. »

  1. Matthieu dit :

    Bon mon commentaire n’aura guère à voir avec le sujet de l’article, j’en suis désolé, mais… Tu es sûr qu’on dit « soli » pour le pluriel de « solo » ? J’avais souvent entendu « scénarii » pour le pluriel de « scénario » avant de savoir que la langue française proscrit cet usage, scénario étant maintenant un mot français dont le pluriel est scénarios. Du coup, c’est pas pareil pour solos ?

    • Alors, a priori JE DIS BIEN « A PRIORI », les deux sont acceptés. « Soli » comme « solos ». Moi-même je suis un farouche défenseur de « solos », parce qu’il y a un moment, faut arrêter de déconner : soit un mot fait partie de la langue française et les règles habituelles s’imposent à lui, soit il n’en fait pas partie et il dégage.
      La langue française, tu l’aimes ou tu la quittes.
      C’est comme l’adjectif « vidéo » qui ne prend pas de S au pluriel, là… Non mais pour qui il se prend, lui, putain ?

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