Interview : The New Trust [version FRANCAISE]

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17 août 2012 par Vincent

   Ca fait maintenant huit ans que j’écoute ce groupe, The New Trust. Huit ans que je les fous dans mes listes du type « mes dix groupes favoris ». Huit ans sans qu’aucune de leurs chansons ne m’ait jamais déçu.
   Huit putain d’années à avoir l’impression d’être le seul à les connaître. Je me sens seul. J’ai besoin d’amis. J’ai besoin de partager ce groupe taré avec autant de gens que possible.
   J’ai récemment écrit un Wearing Memories sur eux (lisible ici). Mais ce n’était pas assez. Alors j’ai envoyé un mail à Josh Staples, le chanteur et bassiste du groupe. Et il m’a répondu. Mon mail était blindé de questions. Le sien, blindé de réponses.
   Voici l’ensemble. Ca prend du temps à lire, mais ça vaut le coup, juré.

1) Salut Josh ! C’est un peu la première question connement inévitable, mais est-ce que tu peux présenter The New Trust ? J’ai récemment écrit une espèce de bio sur vous, mais j’ai le sentiment qu’elle est difficile à comprendre pour quelqu’un qui ne vous connaîtrait pas déjà…

   Bien sûr. C’est un groupe qui existe depuis 2003, et qui a été crée par moi (Josh Staples), par Sara Sanger et par Julia Lancer. On a eu quelques autres membres au fil des années, mais nous trois avons été constants.

2) Vous êtes de la Bay Area, en Californie. Beaucoup de groupes que j’aime en sont également originaires. Certains d’entre eux sont d’ailleurs vos amis ou vos frères musicaux (en ce moment je kiffe particulièrement Survival Guide… Je crois que vous les connaissez !). Est-ce que je fantasme, en pensant qu’il existe une « scène de la Bay Area », ou est-ce que c’est quelque chose qui existe réellement ? Et si oui, c’est quoi ses spécificités ?

   Oui, je crois que la communauté musicale de la Bay Area est un phénomène réel, tout comme il en existe une dans la plupart des régions réputées pour ça (Minneapolis, Chicago, Omaha, etc), mais ce qui rend celle-ci unique, c’est qu’elle existe depuis super longtemps, avec toujours un tas de groupes, de tous styles, qui font des excellents albums et qui bossent dur pour que leur musique se fasse entendre.
J’ai grandi dans une petite ville de Californie du Nord, mais mes parents viennent de Berkeley et je suis né à Oakland.  Avoir été un ado dans la campagne du comté de Sonoma, à moins d’une heure de San Francisco et de l’East Bay, m’a permis de voir un max de groupes, en tournée ou locaux, comme Operation Ivy, Victims Family, Green Day, Primus, (garde à l’esprit que c’était la fin des années 80) et tout un tas d’autres groupes géniaux. En tant que jeune type, j’ai pu voir jouer The Beatnigs, Neurosis un nombre incalculable de fois, et dans des petites salles comme le Phoenix Theatre, un bâtiment dans lequel j’ai littéralement passé chaque jour de ma jeunesse. On pouvait voir ces groupes comme ils étaient réellement, s’aidant les uns les autres et juste se baladant dans le coin. Je pense que ça a été un environnement qui a vraiment illustré, pour moi, de quelle façon un réseau organisé par des jeunes motivés pouvait devenir un réel mouvement musical.
Quand j’ai commencé à jouer dans des groupes, j’ai toujours gardé cette région à l’esprit, et souhaité y créer quelque chose d’unique. Et après 22 ans à jouer dans des groupes de la Bay Area, ça me réjouit de traîner et de jouer avec un tas de types qui viennent de Santa Cruz ou d’Eureka, et avec lesquels j’ai tissé tellement de liens le long de la route.
Par exemple, tu prends un groupe comme Survival Guide, formé par nos potes, Emily Whitehurst and Jaycen McKissick, qui ont tous deux un lourd héritage à porter, avec des liens personnels vers The New Trust et The Velvet Teen (mon autre groupe). Emily est la soeur du batteur originel de The Velvet Teen, qui a aussi sorti des disques solos, le génial, et regretté, Logan Whitehurst. Elle a aussi été la chanteuse des célèbres Tsunami Bomb, ainsi que celle de The Action Design, qui ont fait une tournée avec The New Trust en 2009. Un autre exemple, c’est Classics Of Love, un nouveau groupe qui compte en son sein Jesse Michaels, d’Operation Ivy. On a joué avec eux deux trois fois, et si c’est génial de jouer avec une icône locale telle que Jesse – qui est d’ailleurs en super forme créative -, c’est tout aussi génial de jouer de nouveeau avec Max et Morgan, les deux autres mecs du groupe, qui avaient auparavant fait partie de Pteradon, avec qui The New Trust a sorti un split 7″ en 2009. Ca donne vraiment un sentiment de communauté unie, avec une histoire qui s’étale sur des dizaines d’années…

3) J’aimerais revenir un peu dans le passé du groupe, si tu veux bien ! J’ai découvert The New Trust alors que le label Slowdance Records existait encore. Plus tard, je suis devenu ouf en découvrant que toi, Josh, tu avais auparavant joué dans un groupe que je connaissais déjà : The Wunder Years. Ma rencontre avec The Wunder Years remonte au désormais disparu zine Section M, qui couvrait l’actu de la Bay Area à la fin des années 90. Tu t’en souviens ? Je suis toujours un gros fan de The Wunder Years, et depuis ma première écoute de « Pitstops on the road less travelled » (le seul véritable album du groupe), j’ai beaucoup creusé l’histoire du groupe et de ses membres. Tu peux m’en dire plus sur cette époque ? Sur ta version à toi du paysage musicale de la fin du vingtième siècle ?

   Wow ! The Wunder Years a été une expérience géniale, même si je n’ai fait partie du groupe que pendant une petite année. Brian Moss, le chanteur, jouait auparavant dans un groupe qui avait beaucoup joué avec mes anciens groupes, également. C’était un jeune gars de Berkeley quand nous nous sommes rencontrés, et on est rapidement devenus amis. J’étais au premier concert de The Wunder Years, en 1998, et je les ai trouvés mortels ! Plus tard, en 2000, Brian m’a demandé de le rejoindre et j’ai été partant. Mon ancien guitariste, Shane Stevens, m’a suivi, et la meilleure batteuse de Santa Rosa, Caitlin Love, allait jouer de la batterie dans ce nouveau line up, également. On répétait dans la maison de Caitlin et ses potes traînaient toujours dans le coin quand on jouait. C’est en fait comme ça que j’ai rencontré Julia Lancer ! The Wunder Years a fait deux grosses tournées US et enregistré un EP avec Bill Stevenson (des Descendents et de Black Flag) avant de splitter en 2001. Notre nom actuel vient en fait d’une chanson que Brian Moss avait écrit dans les années 90, appelée « New Trust ». J’en ai fait une reprise, que je t’enverrai. Tu pourras la poster, si tu veux !
[cette chanson est dispo ici, gratuitement]

4) Maintenant, revenons-en au présent… Enfin, pas trop vite, non plus ! Votre premier disque en tant que The New Trust a été un EP, en 2004. Comment le groupe a commencé ? Vous étiez potes depuis longtemps, Sara, Julia et toi ?

   Hé bien, Sara et moi nous nous connaissons depuis que nous sommes ados, et nous nous sommes mariés en 2000. Comme je l’ai déjà dit, on a rencontré Jules alors qu’elle traînait avec The Wunder Years. Elle jouait alors de la batterie dans un groupe punk appelé Dirty Together, et travaillait dans un café où Sara allait souvent. Notre bon pote Michael Richardson, du groupe Benton Falls, traînait lui aussi là-bas. Alors que j’avais des fantasmes dingos autour de l’idée de fonder The New Trust avec des anciens membres de The Wunder Years, Caitlin et Shane à la batterie et à la guitare (en sachant qu’ils vivaient tous les deux à 500 miles de moi et dans des directions opposées), Sara a eu une meilleure idée en demandant à Julia et Michael de créer ce groupe avec nous. La soeur de Sara jouait également du piano, dans le line up originel de The New Trust, et j’avais un autre fantasme, qui était de disposer le groupe sur scène de manière à former un pentagramme. La batterie et le clavier aux deux pointes à l’arrière, les guitares sur les côtés et moi à la basse au centre. 666 ! Mais Danielle était trop occupée pour rester dans le groupe, et mes visions sataniques ont été foulées au pied.
L’un de nos premiers objectifs était de faire les choses rapidement, alors, en février 2003, on a commencé à jouer quelques titres sur lesquels j’avais bossé les années précédentes. Et en mai, on avait déjà enregistré notre premier EP et on jouait notre premier concert. Quelques semaines plus tard, pour notre deuxième concert, on avait des CD à vendre. On a vendu et distribué genre 500 CDR de ces huit chansons (sous le titre « We are fast-moving motherfuckers. We are women and men of action.« ), avant de presser 1000 CD à notre compte. On a fait une tournée US avec ce disque, en 2003, en compagnie de The Jealous Sound. Puis Slowdance Records, à Portland dans l’Oregon, a finalement aimé le disque et a ressorti « …fast moving » pour le présenter à un public un peu plus large.

5) Puis, trois ans plus tard, vous avez sorti votre premier album, « Dark is the path which lies before us ». Ce disque est l’un de mes favoris, tous groupes confondus, et on va entrer dans ses détails, mais d’abord… Cet album marque aussi le début d’un incessant ballet de changements pour la place de deuxième guitariste du groupe ! Depuis lors, vous n’avez jamais enregistré deux disques avec le même. C’est quoi l’histoire avec eux, vous les ligotez dans le coffre et vous les utilisez comme cendriers quand vous êtes en tournée, ou quoi ?

   En fait, Michael a écrit la plupart des chansons de « Dark Is The Path » avec nous (je vais t’envoyer une version enregistrée avec lui [Vous pouvez la choper ici, cadeau]) et a aussi joué sur notre 7″ « Wake Up It’s The Nineties« . Il nous a aussi accompagnés pour une tournée européenne de trois semaines avec des potes de label de Benton Falls, Red Animal War, des Texans. Il voulait quitter le groupe pour se concentrer sur sa propre musique, mais on avait réussi à le convaincre de rester pour une dernière tournée en 2005, avec Minus The Bear. Après laquelle il est parti. On est toujours super potes, et récemment lui et moi nous nous sommes retrouvés au sein de The Jealous Sound. Notre pote Matthew Izen, du groupe Polar Bears a ensuite pris sa place de guitariste, et a fini par jouer sur l’album. C’est lui sur la pochette de « Wake Up It’s The Nineties« , en compagnie de Zack, de Dirty Together.

6) Ok, donc, « Dark is the path which lies before us » ! Tout d’abord : incroyable pochette, et incroyable packaging pour la version vinyle. Elle se compose de quatre 7″ dans des pochettes séparées. Sur chacune d’elles est imprimée une photo de l’un des membres du groupe tenant une machette, et entouré d’un tas de personnes. Qui sont ces mecs et ces filles ? Quelle était l’idée derrière cet artwork ?

   Merci ! Le concept de l’album est une extension de l’une des chansons, « When The Dead Start Rising« , qui est un appel aux membres de notre communauté afin qu’ils mettent leurs différences de côté et se concentrent sur les vrais problèmes… Comme, en l’occurrence, une invasion de zombies. Pour faire simple, les photos représentent ceux que nous prendrons avec nous lorsque la sérieuse merde s’abattra sur nous. On a demandé à beaucoup de nos amis et de notre famille d’apparaître dans l’artwork, et chaque membre a choisi son posse. Donc, dans le portrait de Julia, on a sa mère, son copain de l’époque, notre ingénieur du son, Dan Kelly, et ses potes Alyssa et Brian. Dans mon équipe, il y a nos amis et compagnons de route Kristof (qui nous a malheureusement quittés) et Anna, Jerry Ilkenhons (nommé dans la chanson), Josh de Pandacide Records, Ezra de Slowdance, et mon pote Jef. Avec Sara il y a un ami journaliste, Marc Hawthorne, notre responsable du merch, Jenn, notre grand pot Gabe Meline, l’artiste Jared Powell (nommé dans la chanson en tant que J.P.), and les potes John Navarro et Carmen Dehlinger. Matthew est entouré de Jake Powell, de notre guitariste originel Michael Richardson, de sa copine-désormais-devenue-sa-femme Kerri Valentine (nommée dans la chanson) et de ses potes Liz et Casey. Dans chacun des portraits, le membre du groupe tient une machette et porte un bandana blanc. Sara a pris les photos dans la grande demeure historique McDonald, à Santa Rosa.

7) A l’époque, deux choses m’ont frappé en recevant votre album. La première étant le genre de votre son : je ne suis pas capable d’identifier vos influences directes. Je peux balancer quelques hypothèses (la première me venant à l’esprit étant, étrangement, Archers of Loaf, alors que vous ne sonnez pas comme eux), mais aucune ne me paraît pertinente. Tu peux m’aider ?

   On a déjà été comparés à des groupes comme Archers of Loaf ou Superchunk, ce qui est génial, mais en vérité on n’a commencé à les écouter qu’après avoir fondé le groupe. Sara et moi avons grandi dans les années 80, en écoutant des groupes de goth anglais, genre Siouxsie, Bauhaus et The Cure, et on est aussi très influencés par des groupes de punk intelligents et anguleux du type Nomeansno ou Shellac, tout comme par des classiques de l’indie, type Karate et The Promise Ring. Jules, elle, a une grande connaissance et un goût réel pour tous les types de musique, avec une préférence pour le punk, l’indie, le screamo et le hardcore. Mes années passées à bosser dans des magasins de disques et à écouter des groupes de tous genres ont également influencé le groupe, et finalement, musicalement, ont fait de nous un groupe pop.

8) Le deuxième truc qui m’a fait tomber amoureux de vous c’est tes paroles. Tu as un style assez rare, et tu ne vas jamais vers des paroles vagues et générales. Tes chansons donnent toujours des noms, des endroits, donnent le temps qu’il fait et l’heure qu’il est… Elles parlent de gens et de lieux précis et n’essaient pas de le cacher. Ce n’est pas toujours facile à saisir pour qui n’est pas dans l’histoire concernée, mais c’est là quand même. Est-ce que c’est quelque chose de conscient, ou est-ce que tu te contentes de laisser les mots venir ? Sérieux, certaines des chansons de « Dark is the path… » contiennent certaines de mes paroles favorites. Juste, ces lignes du morceau d’ouverture DOIVENT être citées : « Dark is the path which lies before us / The stoic older folk adore us / For we brave the odds with something special / A certain « notgivingafuckness » »… Putain, c’est grand.

   Merci ! J’essaie d’écrire exactement ce que j’ai à l’esprit, et pas de consciemment élargir et généraliser le sens des mots de façon à attirer plus de gens. C’est même l’opposé, en fait. J’écris sur des gens précis, et je partage beaucoup de détails, afin de remercier directement les gens qui, dans ma vie, m’influencent. Ceci étant dit, j’espère que ces paroles peuvent parler à beaucoup de gens, parce que chacun d’entre nous doit ressentir de la grandeur épique et avoir les larmes aux yeux juste grâce aux gens, aux détails et aux expériences de nos vies quotidiennes. Et puis, bon, y’a aussi dans mes paroles des petites vannes et des énigmes, ici et là, que, j’espère, certains comprendront et s’amuseront à résoudre.

9) Une autre question à ce sujet ! La répétition dans le disque de certaines phrases et de certains thèmes laissent à penser que tu as essayé de dépeindre une image d’ensemble, derrière cette collection de chansons. J’ai raison, ou c’était juste des jeux ponctuels avec les mots et la musique ?

   Les chansons ont été écrites sur une période de plusieurs années, il n’y a donc pas de grand concept qui les lie ensemble, mais il y a bien une idée récurrente. Notamment la phrase « Dark is the path which lies before us. Songs of the siren sing the chorus.« , qui apparaît dans la première chanson, dans l’une du milieu, et dans la dernière (du moins si tu as la version vinyle). C’est le sujet de l’album : les temps qui nous attendent seront chargés de tentations dangereuses.

10) Après ce chef-d’oeuvre, vous avez très rapidement sorti un deuxième album, « Get Vulnerable ». Excellent titre : alors que « Dark is the path… » était un album compliqué, avec un tas de secrets et de trucs auxquels il fallait s’habituer, « Get Vulnerable » est plus court, plus simple, plus nu… Et plus sombre, au moins à mes yeux. La chanson d’ouverture, « The suffering of fools », a un son presque macabre. Est-ce qu’il y avait un état d’esprit particulier derrière ça, et derrière le fait que ce disque soit sorti si vite après le précédent ?

   Hé bien, Matthew a quitté le groupe après la tournée US pour « Dark Is The Path » (peut-être qu’il est difficile de rester avec nous ?), et nous avons décidé de ne pas le remplacer et de continuer en trio. C’était effrayant pour nous tous, et le résultat a été une musique plus simple et plus sombre. Matthew et Michael avaient un style très similaire qui, bien que très chouette, pourrait être qualifié de « tricotage ». Lorsqu’on a commencé à rejouer nos anciens titres avec une guitare en moins, j’ai commencé à apprécier la place que ça laissait pour les voix. On s’est inspirés de nos trios favoris : Shellac, Nomeansno, Helms, etc. Et, dans le plus pur style TNT, on est restés incestueux, et on a demandé à Matthew d’enregistrer « Get Vulnerable« . Nous ne voulions pas attendre trop longtemps entre les albums, et la plupart des paroles sont très directes et franches dans leur poésie. Il y a des chansons sur la jalousie, sur la musique, sur l’infidélité, sur le fait d’abandonner et voler à ses amis. Sérieux, le titre de l’album dit tout ce qu’il y a à savoir.

11) Ok, maintenant, on est presque de retour au présent ! L’année dernière, vous avez sorti « Battle to the death », qui est plus ou moins votre troisième album… Est-ce que tu peux expliquer toi-même pourquoi je dis « plus ou moins », en nous parlant de ce disque et des gens qui jouent dessus ?

   « The New Trust & Friends: Battle To The Death« , notre dernière sortie, est plus une note de bas de page, ou une mixtape, qu’un vrai album. Il est composé de cinq anciennes chansons et de cinq nouvelles, toutes jouées en acoustiques et enregistrées par nous-mêmes. Et il inclut aussi huit reprises de TNT jouées et enregistrées par des amis, comme Brian Moss, Judah de The Velvet Teen, Mattew Izen et d’autres. On a discrètement sorti ça nous-mêmes, et c’est un peu un truc seulement pour les fans et la famille. Ma mère et ma soeur l’adorent.

12) Dans le passé, vous étiez chez Slowdance Records. Désormais, vous bossez avec Side With Us Records. Deux labels que j’adore. On laissera le passé en paix au sujet de Slowdance (ils ont fermé boutique il y a quelques années), mais est-ce que tu peux nous parler un peu de Side With Us ? Es-tu potes avec les autres groupes du label ?

   Nous sommes amis avec la plupart des groupes de Side With Us, ainsi qu’avec Leslie, la femme qui s’occupe du label. On adore bosser avec elle, elle a de super idées. Clairement, elle fait ce qu’elle fait pour les bonnes raisons : l’amour de la musique et sa fabrication, c’est tout. Mais bon, Slowdance nous manque quand même. On aurait enregistré des disques pour Ezra jusqu’à la fin des temps.

13) Ok, l’interview est presque terminée, alors, maintenant, quelques questions sans liens entre elles ! Tout d’abord, dans plusieurs de tes chansons tu sembles être défiant, voire agressif, envers les religions. Tu peux développer ton point de vue sur le sujet ?

   Je suis un athée convaincu, et j’ai le sentiment que l’athéisme est sous-représenté dans la musique. Beaucoup de gens sont des athées honteux, et n’osent pas s’exprimer de peur d’offenser les croyances de certains. Alors que la vaste majorité des gens (au moins aux USA) se foutent de piétiner les sentiments des non-croyants. Plus les gens expriment leurs idées, mieux ça me semble. Savoir qu’il y a des gens qui pensent comme toi aide, en général.

14) Sara, la guitariste du groupe, est ta femme. Est-ce que ça rend le fait de jouer dans le même groupe plus facile ? Encore une fois, je pense principalement aux paroles… C’est pas difficile d’écrire quelque chose de sombre, ou de dépressif, en sachant que ta femme sera l’une des premières personnes à l’entendre ?

   On se connaît depuis presque vingt ans, alors il n’y a rien que je puisse chanter qu’elle ne saurait déjà à mon propos. En fait, elle déborde de compliments quand elle entend mes paroles, parce qu’elle est toujours surprise que je sois assez intelligent pour écrire ! Je suis du genre à tout oublier, à être dans la lune, et à me comporter comme un connard bougonnant, dans la vie, alors je crois qu’être dans le même groupe nous aide, en fait. Et puis on peut faire voiture commune pour aller aux répètes et jouer ensemble à la maison, ce qui est cool aussi.

15) Vous m’avez toujours semblé être un groupe très discret. Vous ne faites pas beaucoup de pub, et on dirait que vous vous foutez du succès commercial, même à petite échelle. Tu peux nous parler des ambitions de The New Trust ?

   On a fait pas mal de gros concerts et de grosses tournées… Qui ont toujours semblé ne pas nous faire avancer d’un pouce. Alors on se contente de ce qu’on a. Notre but ces temps-ci est juste de faire ce qu’on fait pour un petit public qui peut s’y intéresser. Faire n’importe quoi de plus ambitieux, comme essayer d’attirer un public plus large, pourrait seulement faire du mal à ce qu’on a construit pendant presque dix ans. On tournera aux Etats-Unis en octobre, et on enregistra notre nouvel album à Chicago, avec Steve Albini (quelque chose qu’on a toujours voulu faire, donc on a économisé !), et probablement qu’on sortira tranquillement l’album l’année prochaine. On amènera nos chiens avec nous en tournée, on passera du temps, au fil de la route, avec des potes, et peut-être qu’on arrivera à améliorer nos nouveaux titres en les jouant tous les soirs pendant trois semaines, comme ça on les enregistrera rapidement, et on rentrera à la maison pour reprendre nos vies. Julia gère un café à San Francisco, Sara est photographe pro, et moi je suis graphiste et je bosse à mi-temps dans un magasin de disques. Tout ça est autant ce que nous sommes que The New Trust.

16) Avant d’écrire cette question je n’ai cessé de me répéter : « c’est une interview pour The New Trust… », mais je dois quand même la poser ! Est-ce qu’il y a du nouveau sous le soleil pour The Velvet Teen, ton autre groupe ?

   Oui ! The Velvet Teen enregistre un nouvel album en septembre, et tournera sans doute beaucoup l’année prochaine.

17) Avant qu’on se sépare, peux-tu nous dire le dernier disque, le dernier livre et le dernier film que tu as kiffés ?

   Le dernier film que j’ai vraiment apprécié c’était 1Q84, d’Haruki Murakami. J’ai lu tous ses livres, mais celui-ci est le meilleur, je crois. Le dernier disque qui m’a plu est le nouvel album de Starskate, un groupe de Santa Rosa / Oakland (comme nous). Ca s’appelle « Goodnight Nobody« . Et puis j’ai regardé le film « Dogtooth » la nuit dernière et ça m’a explosé la tête. Super intense, tu devrais le mater !

18) Merci beaucoup pour ton temps. C’était beaucoup de question, désolé ! Si tu as encore quelque chose à ajouter, vas-y ! Cette dernière est à toi. Merci encore, Josh.

   Merci beaucoup pour ton intérêt, Vincent. J’espère que ces questions seront faciles à traduire. Peut-être qu’on se verra l’année prochaine…

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