Give Up The Ghost : « We’re Down Til We’re Underground »

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26 juillet 2012 par Vincent

  Saluts les gosses !
Ce soir ce bon vieux Vincent sort sa pipe et son plus confortable fauteuil, et vous raconte une histoire du temps jadis. Il va en effet cette fois être question d’un disque sorti en 2003, soit à l’aube des temps, plus ou moins. Ce disque, c’est le grandiose « We’re Down Til We’re Underground« , du groupe Give Up The Ghost.
Mais bon, ça vous le saviez déjà puisque c’est le titre de ce texte.

   Pourquoi parler d’un disque qui va bientôt avoir dix ans ? D’une part, pour faire mon vétéran de la scène et dire haut et fort que j’ai ce disque depuis sa sortie. Bim, + 10 points d’expérience ! Ensuite, parce que je me suis aperçu récemment que depuis tout ce temps, cet album n’avait jamais quitté mes discmans et lecteurs mp3 successifs. Je n’irais pas jusqu’à dire que je l’écoute tous les jours depuis cette époque, ni même toutes les semaines, mais allez, tous les mois, clairement, ouais. Et plusieurs fois à la suite, généralement.
Par exemple, en ce moment, bah je l’écoute tous les jours en rentrant du taf. D’où texte à ce sujet ici. Lien de cause à effet, mon gars.

   On a tous des disques comme ça, j’imagine. Je veux dire, quand on me demande quels sont mes groupes favoris (ou, plus souvent, quand je me le demande à moi-même), jamais le nom de Give Up The Ghost ne me vient en tête. Et pourtant, je l’ai dit, cet album fait partie de mes classiques du quotidien, de ma bande-son personnelle pour affronter la vie. Mais il faut croire que dans mon esprit, il s’agit justement de ça : d’un album. Pas de la partie d’un tout formé par l’ensemble de la carrière de Give Up The Ghost, carrière qui, outre ce disque, m’en touche une sans faire bouger l’autre, comme aime à le dire la sagesse populaire.
Ouais, voilà, c’est un album isolé, un disque qui, à lui seul, me suffit. Je n’ai besoin pour l’aimer ni de connaître le nom des musiciens, ni de savoir ce qu’ils sont devenus, ni d’être capable de citer le nom du studio d’enregistrement ou celui de la mère du chanteur.
D’une certaine façon, ça doit probablement vouloir dire que c’est un putain d’énorme disque, non ?

   Même si je ne suis pas un expert les concernant, je peux quand même faire mon instructeur de la jeunesse et vous dire que Give Up The Ghost était un groupe de hardcore originaire de Boston, qu’ils ont sorti un premier album (« Background Music« ) et quelques splits et EP avant ce disque, et que le légendaire groupe Converge les a comptés parmi ses protégés.
Ah, je peux aussi vous dire que le groupe, avant de porter ce nom un peu trop long, s’appelait plus efficacement American Nightmare. Ils ont dû changer entre leurs deux albums, pour d’obscures raisons (je crois qu’un autre groupe portait déjà ce délicieux patronyme), mais lors de récents concerts de reformations, ils se sont à nouveau produits sous leur nom originel. Probablement que l’autre groupe était mort entre temps.
« Concerts de reformations », ouais. Parce qu’en 2004, après le disque qui nous intéresse aujourd’hui, le groupe s’est séparé sans vraiment donner de raisons, et ses membres ont tous disparu à droite à gauche dans la scène punk-rock américaine.
Ce n’est qu’à l’automne dernier qu’ils sont revenus sur scène, pour deux concerts, sold-out en quelques minutes. Parce que depuis leur split, Give Up The Ghost a eu le temps de devenir un groupe culte pour quiconque s’intéresse un peu au punk hardcore moderne.
D’ailleurs, leur statut mythique a été jusqu’à attirer l’acteur Ryan Gosling à leur concert de reformation. Troublante preuve par l’image :

   Bon, ouais, ça ressemble à un fake, mais ça ne l’est pas, à en croire les différents témoins qui se sont exprimés sur l’internet. Il semblerait même que Ryan Gosling aurait slammé à plusieurs reprises, mais là, les versions de l’évènement divergent un peu.
Ce qui ne va pas m’empêcher de mettre « Ryan Gosling » dans les tags de cet article, histoire de ramener de la meuf sur ce blog.

   Bon, maintenant que l’historique est fait, passons aux choses sérieuses : « We’re Down Til We’re Underground« .
Cet album est un méchant coup de tête dans la face. 13 titres, 31 minutes de son, et une rage qui ne débande pas un instant. Même lors de l’intro et de l’outro, toutes deux instrumentales et quasi-acoustiques, le malaise est là, tendu de bout en bout, menaçant de se transformer à tout moment en éruption de coups et de fureur sans but ni cause.
Ce n’est pas le disque le plus violent que j’ai écouté, mais c’est peut-être le plus agressif, si vous saisissez la nuance.
Ca éructe, ça serre les paupières et les phalanges, c’est prêt à frapper. C’est un disque de combat, qui met les émotions sur un ring et les fait s’entretuer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une. La colère ou l’espoir, à vous de choisir.
On dit que la musique adoucit les moeurs. Pas celle-ci. Ce disque, au contraire, vient fouiller tout au fond de votre cerveau, là où vous essayez d’enfouir vos haines, vos rancoeurs, vos frustrations et vos jalousies. Il prend tout ça entre ses griffes, vous les arrache, et vous les rejette au visage, puissance 10.

   Ca joue à fond, tant au niveau volume que rapidité. Ca hurle tout le temps, parce que chanter, c’est toujours faire semblant. Les paroles, parlent d’amour, de relations merdiques, de mensonges et de la merde cachée derrière le rideau du quotidien. C’est bizarrement très bien écrit (à noter d’ailleurs que le chanteur de Fall Out Boy se serait plus qu’inspiré de ces paroles pour certaines de ses chansons…). On n’en comprend bien sûr pas un mot la première fois, mais on s’habitue, et au fil des écoutes répétées, l’auditeur anglophile commence à reconnaître certains mots. Et à les aimer et les chérir, comme le masochiste que nous sommes tous un peu.
L’artwork est au diapason, entre vieilles photos brûlées et souvenirs reniés. Le passé nous échappe, l’espoir avec, et à la fin il ne reste plus que la colère et le désespoir.

   Bon, je me rends compte que ma description de ce chef-d’oeuvre inexplicable (comment sont-ils passés d’un premier album énergique mais scolaire à ce brûlot émotionnel ? Aucune idée) doit faire penser aux innocents qu’il s’agit d’un album de bourrins qui frôle le black-metal. Absolument pas.
Bizarrement, croyez-moi ou non, mais ce disque se danse. Le rythme est bondissant, l’énergie complètement physique, et votre corps va probablement avoir du mal à contenir son envie de réaction. Alors, comme moi, vous allez devoir vous limitez à taper du pied dans le métro et à hocher la tête dans la rue, vos écouteurs dans les oreilles.
« We’re Down Til We’re Underground » est un appel aux armes, une décharge de 220 dans celles de vos émotions qui ont le plus souffert. C’est un disque qui parle d’amour et d’espoir, mais qui le fait en crachant du sang. C’est exactement ça qu’il me faut pour survivre, actuellement.
C’est exactement ça qu’il me faut pour survivre, depuis presque dix ans.

   Ce disque est un chef-d’oeuvre, voilà. Ca arrive.
Je vous laisse en vous en donnant une preuve, avec ce live de la chanson « Love American« . Bon, forcément, avec le son de merde, vous allez encore moins comprendre ce qui vous arrive qu’avec la version studio. Mais chialez pas, cette dernière est dispo aussi… En attendant, regardez déjà ça, putain. C’est grand :

Bonus plagiat : à noter que si Fall Out Boy a piqué des paroles au groupe, Alkaline Trio ont quant à eux récemment piqué la pochette du disque pour l’un de leurs derniers albums en date

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