Wearing Memories : 36 Crazyfists

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6 juillet 2012 par Vincent

  Whooo ! Je sais, désolé, j’ai vraiment beaucoup posté, ces derniers temps, et j’espère que ça a pas submergé votre flux RSS et tout ça. C’est juste que j’étais bien inspiré, quoi.
Mais bon, je vais me calmer, et reprendre le cours normal de ce blog. En continuant ma déjà immortelle série « Wearing Memories ». Et cette fois, c’est vraiment back in times, parce que j’ai ressorti du placard un sweat qui était mon vêtement favori lors de mes premières années de fac. C’est à dire y’a presque dix ans. Ugh.

   Ce sweat est rouge. Ce sweat est trop chaud pour être porté en ce moment. Ce sweat est désormais boulocheux façon « lèpre textile ». Ce sweat est celui d’un groupe qui s’appelle 36 Crazyfists, et que j’ai aimé d’amour pendant de longues et heureuses années. C’était quand j’écoutais du neo-metal.
36 Crazyfists est un groupe qui vient de l’Alaska, ce qui les rend d’emblée assez cool. Et ce qui les a rendus encore plus cool à mes oreilles d’alors, ça a été une chanson, « Turns to ashes« , que j’ai découverte à l’époque grâce à un sampler du magazine Rock Sound.
Je dois énormement à ces putain de samplers, d’ailleurs. Ils sont encore quelque part, chez mes parents.
Pour la jeunesse qui n’a pas connu Rock Sound, c’était un magazine de… bah de rock, qui filait avec chaque numéro un cd compilant une quinzaine de titres issus d’albums sortant ce mois-là. Ca tapait à mort dans le neo-metal et dans d’autres trucs plus très avouables aujourd’hui, mais à l’époque, pour mes potes et moi, ça faisait office d’oeuvre religieuse. Faut dire qu’à l’époque internet carburait encore au 56k, et que télécharger un mp3 tenait du doux rêve.

   Dans la foulée de cette première chanson, j’ai acheté l’album du groupe, « Bitterness the star« , et j’ai attendu quelques semaines avant de me décider à en faire l’un de mes groupes favoris. Aux côtés de KoRn, Deftones, Otep ou Papa Roach, pour vous donner une idée de là d’où je viens.
36 Crazyfists se caractérisait alors par un son assez dépouillé, plus abrasif que la moyenne du genre, et par un chanteur à la voix vraiment particulière, entre hurlements de douleur et tremblements cristalins. J’étais complètement amoureux de lui.
Quelques temps plus tard, alors que je venais de quitter le lycée, je les ai finalement vus en concert, avec d’autres groupes de l’écurie Roadrunner Records de l’époque. Killswitch Engage et Five Pointe O, pour les amateurs de détails. C’est lors de cette soirée que j’ai fait l’acquisition du suscité sweat rouge.
J’ai porté ce truc au moins deux jours par semaine pendant plusieurs années. Il est devenu mon uniforme, et j’imagine que si j’avais pas eu des dreadlocks à l’époque, on m’aurait appelé « le mec au sweat rouge« , et pas « le mec aux dreadlocks« .
Avec le recul, j’aurais préféré. J’aimerais qu’on ne reparle pas de mes dreads.

   C’est paradoxal, mais j’ai trop vécu avec ce sweat pour vraiment avoir des souvenirs qui lui sont liés. Je veux dire, j’ai tout fait avec ce truc sur le dos, et les histoires que j’ai vécues en sa compagnie se noient dans mon quotidien de l’époque. Je me vois avec dans un bus, en train d’aller à l’université, en train d’en revenir, en train d’errer dans les couloirs ou d’écouter des disques dans ma chambre. Je me vois attendre dans la file du self de la fac de St-Quentin-en-Yvelines en compagnie de mes potes, ou assis sur l’herbe du campus, le regard rivé vers la fille de l’amphi du vendredi que je n’ai jamais eu le courage de draguer. Je me revois en soirée dans le pavillon d’un pote. Je me revois ivre, vomissant devant ce même pavillon.
C’était une époque bizarre. Je venais juste de quitter le lycée, et il me manquait déjà. Pendant encore un an ou deux, j’ai continué à voir mes potes d’avant, et on a continué à faire les mêmes soirées dans les mêmes endroits.
Et puis au bout d’un moment on a arrêté, peut-être parce qu’on avait tous changé de t-shirts et de sweats.
Quelques mois après l’achat de ce t-shirt, j’ai commencé à vraiment découvrir le punk, le DIY, tout ce qui allait avec. Quelques années de plus, et les samplers Rock Sound n’avaient plus beaucoup de sens à mes yeux.
Il a fallu attendre dix ans de plus pour qu’ils en retrouvent.

   Bizarrement, j’ai toujours ce truc chez moi, et il m’arrive même d’encore le mettre, lorsque tout le reste est crade. Il ne me viendrait plus à l’idée de mettre mes t-shirts KoRn ou Slipknot de l’époque, mais celui-ci, j’en frissonne pas. Je m’y sens bien.

Aujourd’hui 36 Crazyfists existe toujours, mais ils font du metalcore assez dégueulasse, sans plus le moindre intérêt. Je continue cependant à écouter leurs disques, par acquis de conscience. Ou par respect pour mon armure rouge, j’en sais rien.

– « Turns to ashes« , le titre qui m’a fait les découvrir.
Une chanson de l’album suivant, « A snow capped romance« , qui reste un disque assez excellent, et leur meilleur album.
Un exemple de ce qu’ils font aujourd’hui.

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3 réflexions sur “Wearing Memories : 36 Crazyfists

  1. Muzo dit :

    Ce sweat me rappelle plein de souvenir de cette période post-bac parfois bizarre, parfois malheureusement trop lointaine et souvent beaucoup plus belle et nheureuse qu’on pouvait parfois le penser

  2. Muzo dit :

    La semaine dernière, j’ai d’ailleurs ressorti l’album Bitterness the Star. Cela faisait des années qu’il prenait la poussière mais j’ai éprouvé un grand plaisir nostalgique mais pas autant qu’à la lecture de cet article

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