Wearing Memories : The New Trust

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6 juillet 2012 par Vincent

   Encore une fois, et d’une manière dont je suis le premier à être surpris, ce ne sera pas d’un t-shirt noir dont il sera question, mais d’un t-shirt gris foncé. Ce sont deux choses très différentes, comme je vais tâcher de l’expliquer.
Allez, en piste, on discute du fantastique groupe The New Trust.
Ah, et, oui, je sais : on voit mon linge qui sèche à l’arrière-plan de la photo. CA VA.


   En plus la photo ne montre pas grand-chose du t-shirt, ça aussi je sais. Mais elle a été prise par moi-même, comme le prouve la pose assez sexy de mon bras gauche, et je vous emmerde.
Les conditions d’achat dudit t-shirt sont sans grand intérêt, puisqu’il s’est agi, si mes souvenirs sont bons, d’un cadeau offert avec la version vinyle de leur album et monument « Dark is the path which lies before us« . J’y reviens dans quelques phrases ; mais là, par fidélité à l’esprit de sérieux qui anime en général ce site, je finis d’abord avec le t-shirt lui-même.
Parce qu’il faut savoir que ce t-shirt est probablement le plus « t-shirt de bogoss » que je possède. Plusieurs raisons à cela :

1) Je l’ai dit, il est gris foncé, et pas noir. Snobisme absolu.
2) Y’a tout un tas de fleurs et d’arabesques et de trucs qui sont imprimés dessus, mais vous les voyez pas sur la photo parce qu’ils sont imprimés en gris foncé. AH ! Snobisme absolu x2.
3) Au-dessus du nom du groupe y’a un aigle à deux têtes qui tient un genre de banderolle disant « Betrothed – Betrayed« . On ne sait pas trop trop ce que ça veut dire, mais ça pose un homme, ça je peux vous le garantir.

   En vrai je fais mon petit malin mais c’est seulement parce qu’hier encore j’avais la grippe et que je suis content de ne plus l’avoir. J’aime bien ce t-shirt, et j’aime encore plus le groupe auquel il renvoie.
Y’a quelques temps je m’étais rapidement amusé de la consanguinité compliquée des groupes du label Chez Kito Kat Records. Je pourrais en faire autant avec celle des groupes entourant de près ou de loin The New Trust.
Mené par le bassiste/chanteur Josh Staples, ce groupe, toujours actif, vient de Santa Rosa, en Californie. De fait, il appartient à ce qu’il on a coutume d’appeler la « Bay Area« , c’est à dire, pour faire simple, San Francisco et sa lointaine banlieue. La région dégueule d’une telle quantité de groupes de rock qu’il serait grotesque de vouloir parler de « la scène de la Bay Area », mais The New Trust renvoie à un pan bien particulier de cette faune musicale, un pan peut-être un peu plus facile à définir.

   Ca commence avec le label Slowdance Records, au début des années 2000. J’ai déjà raconté ça ici, quand je parlais de mon t-shirt Kissing Tigers, je vais pas tout répéter, allez lire. The New Trust sortent sur ce label un premier EP, qui s’appelle « We are fast-moving motherfuckers. We are women and men of action.« , qui fait un petit quart d’heure, et qui est pressé sur un cd transparent imprimé à l’envers. C’est difficile à expliquer, mais l’objet est classe. Et la musique excellentissime. A ce moment-là, je ne sais rien du groupe en dehors de ce que contient ce cd, je découvre, la vie comme la musique.
Ce n’est que plus tard, par un jeu de ricochets entre listes de remerciements d’albums, liens sur les sites internets et heures perdues dans les catalogues de labels, que je découvre que le suscité Josh Staples, leader de The New Trust, avait quelques années auparavant officié dans les rangs d’un autre groupe, nommé The Wunder Years.

   Je vous la fais courte, mais en même temps, je n’ai pas de t-shirt The Wunder Years, alors je vais quand même dire ce qui doit être dit : leur album « Pitstops on the road less travelled« , datant de 99, est une tuerie sans nom, l’un de mes dix disques favoris, et un sommet du punk-rock mélodique des années 90. Tiens, leur reprise d’un titre de The Cars. Comme ça tu goûtes, mais tu te gâches pas complètement le plaisir de la découverte de ce disque (… en fait c’est parce que j’ai pas trouvé la chanson que je voulais sur Youtube).
Malheureusement, The Wunder Years fait partie de ces centaines de groupes géniaux oubliés par le succès. Ils ont sorti un album, un split avec les plus anecdotiques Sorry About The Fire, et un EP final gigantesque, « Function over fashion« , qui a d’ailleurs été réédité en vinyle il y a peu par le très bon label Side With Us Records. Depuis, Josh Staples, alors bassiste, a fondé The New Trust et a rejoint en parallèle les rangs du groupe-phare de cette galaxie bien spécifique de la Bay Area : The Velvet Teen. Mais ne nous égarons pas sur cette voix, ça deviendrait vraiment dur à suivre.
De son côté, Brian Moss, génial leader de The Wunder Years, a eu un autre groupe, plus tendu, qui s’appelait The Ghost, et qui déchirait aussi. Ensuite, le temps de deux disques, il a eu un projet plus ou moins solo, Hanalei (notons la chanson « Josh and Sarah’s Belated Wedding Present« , adressée à Josh Staples et à sa femme Sarah, qui se trouve être la guitariste de The New Trust ; de mon côté, je ne peux que transmettre le clin d’oeil intime que je vois dans ce titre à quelqu’un qui se reconnaîtra). Enfin, ces temps-ci, Brian Moss joue dans un groupe qui s’appelle Olehole, et qui n’est pas aussi excitant que je m’y attendais vu son passif. Il a aussi sorti, à l’époque des Wunder, un EP unique sous le nom de Trust Foundation, qui en plus d’être une tuerie, méritait d’être cité ici vu son titre.

   Bon, ça va, je vous ai bien perdus dans tout ce name-bombing ? Alors il est temps de revenir à The New Trust, parce que jusqu’ici je n’ai encore parlé que de leur premier disque…
Ensuite est venu en 2007 ce qui reste pour moi leur chef-d’oeuvre absolu, et un autre de mes dix disques favoris : « Dark is the path which lies before us« . Ouais, ils aiment les titres longs.
Quatorze titres d’un pop-rock dépressif et fragile, porté par une voix en cristal, des guitares en lames de rasoir, des arrangements qui parviennent à ne jamais faire les putes malgré leur minutie, et des paroles… Bon dieu, ces paroles. Allez, rien à foutre, ça va être un article bien long sa mère, mais je vous mets une chanson, lisez-la si vous le voulez. Elle s’appelle « You’ve got to be fucking shitting me« .

Sugar telephones at twelve o’clock
Says she’s pulling up around my block
And would I like to drive to the coast
Through hiccuped sighs

I asked her once why she has to climb
Behind the wheel when she starts to cry
Said it’s the only thing that calms her down
And I let it slide

She pulls over without warning
For a six pack at one o clock in the morning
We’ve only been out an hour, girl
You’ve got to be fucking shitting me

We go speeding through a sleeping town
Bottles up and the windows down
Sugar, please put your seat belt on
And she laughs at me

« If I liked being told what to do,
I’d have brought my dad along instead of you »
I put my seat back and drifted off
As Kate Bush sang

And dreamed as the dawn set in
We drove straight through armageddon
And when we finally reached the ocean, there was nothing left

We cooed at the howling darkness
As white lights showered down upon us
Spaceships all around now
You’ve got to be fucking shitting me

I awoke as we approched the coast
The rising sun chased away the ghosts
I really should have stayed awake
Cuz now I feel like shit

Sugar weaves the car along the cliffs
And jerks the wheel for the fun of it
« Would you please put your seatbelt on »
And she laughs, but listen here…

I’ll be the one laughing
Shockwaves shooting through the mountains
The coastline’s in the shadow of a giant wave

Cruise liners capsizing
As planes crash along the horizon
And I’m the one buckled in
Girl, you’ve got to be fucking shitting me

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Tout le disque est de cette qualité. A noter que la version vinyle, en plus de contenir une chanson en plus (chanson qui s’avère être l’une des meilleures du disque, mêlant les voix des musiciens et ne s’appuyant pour ainsi dire que sur du piano et du violoncelle, pour chanter d’une voix calme et envoûtante les derniers gestes et pensées d’un mec en train de se suicider), est un objet magnifique, à savoir un coffret de quatre 7″ dans des pochettes séparées, représentant chacun des membres du groupe sur une face et son « clan » sur l’autre. Bon, je raconte ça, mais j’imagine que l’objet est introuvable depuis des années, désormais.
En tout cas procurez-vous les chansons qu’il contient. Lisez-en les paroles. Encore. Si vous êtes un vague habitué de ce blog, je crois que vous ne le regretterez pas.

   Depuis, The New Trust a sorti un autre album, le très bon « Get Vulnerable« , ainsi que, plus récemment, un disque chelou, réunissant versions acoustiques d’anciens titres, inédits, et reprises d’eux par leurs potes. « Battle to the death« , ça s’appelle, et ça contient un texte super bien écrit sur la vie des membres du groupe.
Ils existent toujours, mais comme ils l’ont toujours fait, ils sont discrets. Leur site est rarement mis à jour, leur page Facebook à peine plus, et se procurer leurs disques est tellement compliqué que j’ai dû les contacter directement pour y parvenir. Mais ils existent toujours. Et ça m’aide à me dire que le monde n’est pas complètement merdique.

   Bon, vas-y, en fait j’ai pas trop parlé du t-shirt, cette fois, et même pas du tout des souvenirs qu’il m’évoque. Plutôt de la musique qu’il contient. Mais la musique c’est des souvenirs aussi, alors ça va. Je me souviens très nettement de ma toute première écoute de « Dark is the path… », en marchant dans les champs autour de chez mes parents, me dirigeant vers l’arrêt de bus pour aller à la fac. Putain. J’ai adoré cette période de découverte musicale permanente.
Allez. Je vous ai laissé plein de noms à explorer à votre tour. Amusez-vous. Et si vous n’arrivez pas à trouver votre bonheur sur l’internet, envoyez-moi un message, on s’arrangera. A plus.

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